Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

"The Boys", t. 1 à 5, de Garth Ennis & Darick Robertson

Publié le par Nébal

The-Boys-1.jpg

 

The-Boys-2.jpg

 

The-Boys-3.jpg

 

The-Boys-4.jpg

 

The-Boys-5.jpg

 

ENNIS (Garth) & ROBERTSON (Darick), The Boys, t. 1. La Règle du jeu, [The Boys. The Name Of The Game / Cherry], préface de Simon Pegg, traduit de l’anglais par Alex Nikolavitch, Saint-Laurent-du-Var, Panini Comics / DC / Wildstorm / Dynamite, 2008, [n.p.]

 

ENNIS (Garth) & ROBERTSON (Darick), The Boys, t. 2. Prends ça, [The Boys. Get Some], traduit de l’anglais par Alex Nikolavitch, Saint-Laurent-du-Var, Panini Comics / Dynamite, [2008] 2009, [n.p.]

 

ENNIS (Garth) & ROBERTSON (Darick), The Boys, t. 3. Le Glorieux Plan Quinquennal, [The Boys. Glorious Five Year Plan], traduit de l’anglais par Alex Nikolavitch, Saint-Laurent-du-Var, Panini Comics / Dynamite, [2008] 2009, [n.p.]

 

ENNIS (Garth) & ROBERTSON (Darick), The Boys, t. 4. Des bleus à l’âme, [The Boys. Good For The Soul], traduit de l’anglais par Alex Nikolavitch, Saint-Laurent-du-Var, Panini Comics / Dynamite, [2008] 2009, [n.p.]

 

ENNIS (Garth) & ROBERTSON (Darick), The Boys, t. 5. Je vais pas te mentir, soldat…, [The Boys. I Tell You No Lie, G.I.], traduit de l’anglais par Alex Nikolavitch, Saint-Laurent-du-Var, Panini Comics / Dynamite, [2008] 2010, [n.p.]

 

Le joli duo que voilà ! D’un côté, au scénario, nous avons Garth Ennis, dont je n’ai cessé de vous vanter les mérites pour sa géniale série Preacher ; de l’autre, au dessin, nous avons Darick Robertson, dont je n’ai cessé de vous vanter les mérites pour sa géniale série Transmetropolitan. Autant dire qu’avec The Boys, les grands esprits se rencontrent. Et, qui mieux est, les deux s’y montrent au sommet de leur forme… Le résultat est rien de moins qu’une jolie petite bombe politiquement très incorrecte (youpi !), un joyeux délire de comic book indéniablement post-Watchmen qui tape très fort là où ça fait très mal avec une jubilation perverse, et on en redemande.

 

The Boys, ou, en French dans ze texte, les P’tits Gars, c’est un département plus ou moins officieux de la CIA auquel on fait appel quand les super déconnent. Super-héros, super-vilains, peu importe : les super-slips, quoi. À leur tête, on trouve le British Billy Butcher, toujours accompagné de son bouledogue (très bien dressé) Terreur, et il a une sale dent contre les gugusses à super-pouvoirs. À ses côtés, il y a la Crème, colossal Black qui pense à tout, et deux authentiques psychopathes, le Français et la Fille. Et puis, dans le tome 1, on le voit recruter un nouveau, un Écossais, P’tit Hughie (inspiré pour le dessin par un Simon Pegg alors quasi inconnu, puisque c’était avant Shaun Of The Dead) ; un pauvre type dont la copine vient de crever dans une rixe entre super-slips. Butcher comprend ce qu’il ressent ; et il entend bien exploiter ce ressenti, le canaliser pour une juste cause.

 

Parce qu’il y a des choses à faire. Le monde n’est pas entièrement démuni face aux super. Eh ! Il y a les P’tits Gars… « Who watches the watchmen ? » C’te question ! La surveillance, ça fait partie du boulot. Mais, des fois, faut leur faire comprendre quand ils ont dépassé les bornes : alors on peut la jouer subtil, recourir au chantage par exemple… ou faire dans le moins subtil et leur coller des baffes. Leurs super-pouvoirs ? D’où tu crois qu’ils les tirent ? D’un accident dans un laboratoire ? Mon cul, ouais ! Il y a un certain produit, et les P’tits Gars en ont un p’tit stock…

 

Tome 1, La Règle du jeu. On assiste d’abord, traditionnellement, au recrutement de l’équipe par Butcher. Puis ils se mettent au boulot. Il s’agit de lancer un avertissement, de dire aux super-slips, et notamment aux plus balaises d’entre eux, les Sept, que les P’tits Gars sont de retour en ville (car il y avait bien une ancienne équipe, on sait au moins cela…). Pour ça, Butcher décide de biaiser en s’en prenant aux Jeunes Teignes, un groupe de minets qui se la pètent. On surveille et on fait chanter. Y’a de quoi faire…

 

Tome 2, Prends ça. Une sombre affaire de mœurs qui dégénère, avec pour protagonistes le super Tek-Paladin, qui se met depuis quelque temps à niquer tout ce qui a un trou, et son ancien coéquipier (partenaire juvénile, s’entend) Swingwing, qui pourrait bien être un meurtrier. Les P’tits Gars enquêtent…

 

Tome 3, Le Glorieux Plan Quinquennal. Les P’tits Gars vont se peler les couilles à Moscou, où la société Vought-American, derrière les Sept, collabore avec la mafia russe pour monter un coup d’État. Heureusement, nos héros veillent, et ils ont à leur côté un ancien super communiste reconverti, le truculent Boudin d’Amour… Jouissif.

 

Tome 4, Des bleus à l’âme. Un TPB un tout petit peu moins marquant que les autres, où chaque membre des P’tits Gars officie dans son coin : le Français et la Fille ont à faire avec la mafia, la Crème va retrouver sa mère, Butcher va, euh, « retrouver » aussi Rayner, le chef de la CIA, et P’tit Hughie… va, euh, « retrouver » quelqu’un également, mais c’est vraiment pas d’bol. Le plus intéressant reste encore le destin de Stella, oie blanche et super-copine de P’tit Hughie (qui n’est au courant de rien, of course), dernière recrue désenchantée des Sept…

 

Tome 5, Je vais pas te mentir, soldat… Là, le niveau remonte sacrément. Parce que la Légende, à qui P’tit Hughie a fait une faveur, lui raconte tout. Tout, absolument tout. Par le biais des comics. Tout ce qui s’est passé à cause de Vought-American depuis la Deuxième Guerre mondiale. Jusqu’au fiasco ultime du 11 septembre 2001, quand un avion détourné par des terroristes s’est écrasé sur le pont de Brooklyn… à l’endroit précis où Butcher a donné rendez-vous aux Sept. Le pire, c’est qu’il n’est même pas besoin de faire dans la théorie du complot…

 

Je ne vais pas vous faire un dessin : The Boys est une franche réussite. Les deux auteurs sont bien au sommet de leur forme. Garth Ennis s’y montre aussi trash et politiquement incorrect que dans les meilleurs Preacher (c’est dire le niveau), mitonnant des dialogues aux petits oignons saupoudrant des scènes tantôt révoltantes, tantôt – le plus souvent – à mourir de rire. Quant au dessin de Darick Robertson, s’il se montre plus sage que dans Transmetropolitan, il est d’une finesse et d’une précision tout à fait remarquables, et souvent très drôle également (mentions spéciales pour Terreur et pour les victimes de passages à tabac).

 

 Le résultat est une BD inventive et drôle, couillue et salée, à la fois profondément débile et très humaine, et finalement intelligente. Probablement la meilleure chose que j’ai lue en comic super-héroïque (mais un peu déviant, certes) depuis les premiers Ex Machina et les Ultimates de Mark Millar. Ce qui n’est pas rien, tout de même. Me reste plus qu’à lire la suite, en salivant d’impatience.

Commenter cet article

C

J'VEUMONHAMMSTAIIIR!!!
Dès là sixème planche du tome 1, c'est signé Garth avec ses tripes, quelle marque de fabrique.
Et il faut noter un des passages les plus émouvants de l'histoire de la BD, que même Scott McCloud n'aurait pu envisager : la sortie de Jamie du super-slip!


Répondre
L

J'aime bien regarder l'avancée de ta PAL et ce sur quoi tu es en retard ;)

Je vais essayer d'emprunter cette BD. Vive les médiathèques !


Répondre
C

Meilleur que Transmetropolitan?

Celui-là, je le zieute depuis que Vance en a parlé, mais je dois dire par contre qu'à chaque fois, quand je l'ai en main, ce sont les dessins qui me freinent un peu... (je tiens à préciser que je
n'ai pas encore eu Transmetropolitan en main, je l'ai juste vu dans une vitrine, donc je ne l'ai pas feuilleté).


Répondre
N


Non, quand même pas.


(Faut pas déconner, non plus...)