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CR Imperium : la Maison Ptolémée (02)

Publié le par Nébal

(Illustration de Khelren.)

(Illustration de Khelren.)

Deuxième séance de la chronique d’Imperium.

 

Vous trouverez les éléments concernant la Maison Ptolémée ici, et le compte rendu de la première séance .

 

Le joueur incarnant le Docteur Suk Vat Aills était absent.

 

Les quatre PJ présents – le jeune siridar-baron Ipuwer, sa sœur aînée Németh, le conseiller Mentat Hanibast et l’assassin Bermyl – tiennent une réunion consacrée aux différents problèmes auxquels doit faire face la Maison Ptolémée. Ipuwer – et il est appuyé par sa sœur Németh – est favorable à un déploiement de forces visible afin de calmer toute dissension ; il aimerait par ailleurs mettre la main sur des « listes » de dissidents, auprès de la police, des services de renseignement, du grand prêtre du Culte Épiphanique du Loa-Osiris Suphis Mer-sen-aki…

 

Bermyl entend se rendre lui-même à Memnon pour enquêter personnellement – il entend découvrir à l’Université quelles étaient les relations du sacrilège Ra-men-tau-neb, mais aussi voir s’il existe un lien avec les fauteurs de troubles de la Maison mineure Arat. Nadja Mortensen l’accompagnera dans son ornithoptère (mais ils se sépareront sur place, la jeune femme ayant un profil d’espion impérial…).

 

Il doit par ailleurs disposer de ses propres troupes, mais le même problème que pour les effectifs militaires se pose : il est impossible d’en déployer partout où il pourrait y avoir un souci… Si Kibuz doit toujours lui faire des rapports réguliers – notamment à propos de cette rumeur sur des morts qui seraient revenus à la vie –, Bermyl ne peut cependant assurer la surveillance au plus près des quatre grandes villes de Gebnout IV – sans même parler de la lune de Khepri, où Németh renforcerait bien également la surveillance…

 

Le conseiller Mentat Hanibast Set dit qu’il vaut mieux suivre des pistes que se fonder sur des intuitions. Memnon et Cair-el-Muluk semblent dès lors prioritaires ; dans cette dernière, il suggère d’utiliser un « écran de fumée » pour dissimuler les tensions, par exemple en avançant une des fêtes colossales dont Gebnout IV est si friande, et dont le budget aurait déjà été déterminé ; Ipuwer approuve cette méthode, et suggère d’avancer la célébration du brassin (il est en effet préférable, au cas où, que la fête en question n’ait pas de caractère religieux…).

 

Il pourrait être intéressant cependant d’infiltrer la Maison mineure Arat – évoquée notamment par Suphis Mer-sen-aki –, ou du moins de glaner des renseignements préalables à son sujet – peut-être, dans un premier temps, via un unique agent à la compétence certaine : Bermyl suggère d’employer le jeune Taho, un bon élément, à cet effet. Il comptait tout d’abord faire le voyage avec lui jusqu’à Memnon, mais Hanibast lui suggère de ne pas « mettre tous les œufs dans le même panier », et l’agent de sécurité partira donc dans un autre ornithoptère. La jeune dirigeante de la Maison mineure, Bahiti, est en tout cas au centre des préoccupations, et une question importante se pose (Németh en particulier l’exprime) : faut-il prendre les devants et la convoquer à Cair-el-Muluk, ou attendre qu’elle réclame une audience – probablement dans le dessin d’exercer cette « police religieuse » qui fait fantasmer ces « zélotes » depuis si longtemps ? Hanibast n’est pas favorable à une invitation/convocation, il craint que cela revienne à « marcher sur la queue du tigre », et en même temps que cela passe pour un aveu de faiblesse…

 

Hanibast Set reste à Cair-el-Muluk. Outre ses diverses tâches administratives – et notamment l’organisation de la fête du brassin –, il doit faire avec les invités Ophelion, dont la présence pourrait rendre ses services nécessaires ; il entend cependant étudier l’édition abrégée et annotée du Livre des Morts retrouvée sur le cadavre de Ra-men-tau-neb – il n’en retire pas forcément grand-chose, mais n’y décèle en tout cas pas de lien avec la Maison mineure Arat, et est en mesure de repérer les inflexions de ce même discours chez quelqu’un d’autre.

 

Németh reste également – notamment du fait des Ophelion. Elle se demande s’il serait possible d’organiser quelque chose en leur honneur, et Ipuwer a une solution toute trouvée : une grande partie de chasse ! Mais cela pourrait impliquer de ponctionner encore un peu plus sur les effectifs de sécurité de Bermyl, et Hanibast n’y est guère favorable. Ipuwer, persuadé que l’on trouvera vite les responsables et que « dans une semaine le peuple n’y pensera plus », accepte de différer temporairement cette sortie (une semaine plus tard, donc).

 

Mais que penser des Ophelion ? Le comportement vulgaire de Cassiano Drescii est tout de même très étonnant. Peut-être est-ce bel et bien qu’il ne supporte pas son rôle présent de sous-fifre, sa femme Laetitia étant la véritable émissaire, comme Hanibast et Németh l’avaient supposé ? Cela pourrait expliquer en partie son aigreur, sa vulgarité et son manque d’à-propos… Bermyl avait suggéré, au cas où la Maison Kenric serait bel et bien impliquée, de recourir à son contact Gilf Tehuti pour en apprendre davantage, mais rien ne se décide pour le moment.

 

Németh va en tout cas prendre des nouvelles de ses invités, et notamment des époux Drescii ; c’est une simple visite de courtoisie, où elle est accompagnée d’une unique servante – au physique quelconque, à tout hasard… Cassiano se montre plus désagréable que jamais, et sa femme toujours aussi soumise et gênée en sa présence – il se comporte avec elle comme si elle était un vulgaire bagage, et ne permet pas à Németh de lui adresser la parole. Mais il retourne à ses lectures, après quelques remarques extrêmement désagréables, à la limite de l’insulte – Németh commençait à s’en offusquer… Elle parvient toutefois à convier Laetitia pour un thé dans son boudoir, en compagnie uniquement féminine – tandis qu’Ipuwer se décide pour une pêche au requin impromptue, sur vingt-quatre heures, avec de la « chair fraîche » à bord de son luxueux bateau : il y convie les deux hommes Ophelion, qui acceptent.

 

Németh reçoit donc Laetitia dans son boudoir, où elle se trouve avec quelques servantes, qu’elle congédie d’un geste discret le moment venu. Elle évoque Cassiano et leur passé commun ; Laetitia, qui est bien au courant, considère qu’elles sont toutes deux des victimes – elle n’entend pas en parler plus que de raison (interrompant Németh qui s’attardait un peu trop sur ce sujet à son goût). Laetitia admet enfin qu’elle est bel et bien venue sur Gebnout IV afin de mener des tractations matrimoniales, visant à trouver une épouse au jeune siridar-baron, afin qu’il ait bien vite un héritier : il est à sa manière un parti de choix, et, à vrai dire, sa faiblesse relative (Laetitia dit à Németh qu’elle la considère comme la vraie dirigeante de la Maison Ptolémée, personne n’en doute) rend l’idée d’un « renforcement » de sa position, par ce biais riche de possibilités, encore plus séduisante pour certains… Quoi qu’il en soit, Laetitia a bien été déléguée à cette tâche par la Maison Ophelion, mais pas forcément pour trouver une épouse en son sein (le souvenir guère agréable du mariage de Németh reste très présent) ; les Ophelion, à vrai dire, chercheraient plutôt une épouse dans les rangs de la Maison Kenric (d’où est issue Laetitia, qui a gardé des liens très forts avec sa Maison d’origine), afin de garantir la paix entre les deux Maisons (traditionnellement plutôt ennemies), et de procurer des avantages commerciaux à tous, y compris à elle-même dans son rôle d’entremetteuse. Laetitia ne peut donner de noms pour le moment, il s’agit pour lors de voir si la Maison Ptolémée serait ouverte quant à ces bases de discussion. Németh se montre réceptive – et toute prête à manipuler le cas échéant son frère le siridar-baron. Laetitia, enfin, s’interroge sur les troubles religieux dont elle a été témoin et se dit curieuse de la manière dont la Maison Ptolémée va gérer cette situation délicate – faisant la démonstration ou pas de sa force comme de sa stabilité.

 

Après quoi Németh va s’entretenir avec Hanibast de cette discussion. Les Ptolémée souhaitent-ils s’allier ainsi aux Kenric, leurs vieux adversaires ? Est-ce que cela ne les amènerait pas à se fermer des portes auprès d’autres Maisons a priori moins exigeantes ou plus ouvertes ? Les Kenric se placent ici en position de supériorité, comme s’ils faisaient « l’honneur » d’inclure les Ptolémée dans leur sphère d’influence… Or ce mariage serait sans doute un prétexte, impliquant presque forcément une cousine éloignée ou quelque chose du genre. Il ne faut donc rien précipiter, et ne surtout pas donner une image de faiblesse ; mieux vaut se renseigner pour le moment sur d’autres pistes : Hanibast fait une analyse projective pour seconder Németh dans ses recherches matrimoniales, centrées essentiellement sur les autres grandes Maisons avec lesquelles les Ptolémée entretiennent des liens, quand bien même ténus pour le moment, à savoir les Delambre et les Wikkheiser (et rien n’interdit de continuer de fouiller malgré tout du côté des Ophelion – qui pourraient cependant voir d’un mauvais œil ces enquêtes, notamment celles concernant leurs rivaux Delambre). Németh et Hanibast s’accordent déjà sur un point : il ne faut rien dire de tout ceci à Ipuwer…

 

Bermyl essaye de cuisiner quelque peu Nadja Mortensen à bord de l’ornithoptère qu’ils partagent, mais ça n’aboutit pas à grand-chose – du moins parvient-il à dissimuler ses intentions véritables. Arrivé à Memnon, il contacte les diverses autorités pour obtenir des noms des professeurs à l’Université, plus particulièrement en biologie, et surtout ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont placés sous surveillance. Un nom domine ici nettement les autres : celui d’Ai Anku, une planétologue de renom, la principale figure du courant techno-progressiste du Sentier de l’Eau (elle en rejette tout caractère religieux, même si techniquement le Sentier de l’Eau est bien une branche de l’Évangile des Cataractes, mais on ne peut plus hostile à l’autre branche majeure qu’est l’Évangile Antique) ; sa surveillance se justifie notamment parce que ses cours et conférences s’en prennent de plus en plus ouvertement aux interdits hérités du Jihad Butlérien. Après avoir fait chou blanc en surveillant un peu au hasard des étudiants (notamment en biologie), Bermyl entame une filature de la planétologue, qui ne donne rien. Il se retourne à nouveau sur les étudiants, en s’intéressant à un petit groupe qui paraît extrêmement enthousiaste devant les discours d’Ai Anku. S’il commence par suivre une jeune fille seule, il constate bientôt qu’elle se rend à un cours (des sortes de travaux dirigés) avec plusieurs des camarades qu’il avait déjà identifiés comme suspects. Il parvient à se dissimuler dans la salle avant que le professeur n’arrive, et peut assister ainsi au cours – mais c’est de la biologie de haut niveau et il n’y comprend rien... Il s’intéresse néanmoins à la jeune enseignante, et apprend son identité en la suivant jusque chez elle : il s’agit d’une certaine Ahura Mendes. En se renseignant auprès de l’Université, il apprend qu’elle est tout juste diplômée, et surtout qu’elle est d’origine noble ; auprès de ses agents à Cair-el-Muluk, il en apprend davantage à ce sujet : Ahura Mendes est en fait liée aux Ptolémée, mais c’est une cousine très éloignée d’un rameau presque éteint de la Maison, et qui n’a peu ou prou plus rien de noble ; cela n’avait pas empêché la jeune Ahura d’entamer une éducation aristocratique classique pour une femme – mêlant éducation courtoise et formation auprès du Bene Gesserit –, mais elle a d’elle-même bien vite abandonné cette dernière voie pour une éducation scientifique.

 

À Cair-el-Muluk, pendant ce temps, Ipuwer, qui est rentré de sa partie de pêche (entre autres…), cherche à s’impliquer un peu plus dans la gestion de la crise religieuse ; il suggère ainsi à Németh de contacter, soit le commandant de la police, Apries Auletes, notoirement corrompu, soit la Maison Nahab, qui, en tant que maîtresse de la pègre de Gebnout IV, pourrait apporter des renseignements intéressants. Németh se décide pour le premier, avec Hanibast à ses côtés ; ayant appris ce que Bermyl avait trouvé à Memnon, ils s’interrogent ainsi sur Ahura Mendes, et découvrent notamment qu’elle a publié au cours de ses études d’assez nombreux articles dans des revues non scientifiques, traitant de la conciliation entre science et religion. Ils cherchent également à obtenir des renseignements concernant Heliopolis plus particulièrement, notamment en rapport avec l’arrivée de Thema Tena et de ses fidèles atonistes de la Terre Pure ; il y a bien quelques troubles religieux : au sein du Culte officiel, nombreux sont ceux qui critiquent « l’hérésie » atoniste ; certains vont plus loin, en maniant volontiers l’amalgame (ils disent par exemple que le dévoiement de la notion de résurrection dont avait fait preuve Ra-men-tau-neb dans le Sanctuaire d’Osiris découlait en droite ligne des conceptions atonistes – la résurrection serait leur retour au monde des vivants après avoir traversé les zones interdites de la terre des dieux et des morts durant leur Pèlerinage Perpétuel) ; et la tension a failli dégénérer en violences physiques, notamment du fait de « zélotes » de la Maison mineure Arat ; or les rapports de Taho évoquent, outre la présence de « résurrectionnistes », des mouvements similaires dans la ville sainte de Nar-el-Abid… Pour Hanibast, il faut agir, et éventuellement « purger » la Maison mineure. Tant qu’à envisager les questions religieuses, Hanibast suggère par ailleurs à Németh de poursuivre le mouvement entamé avec le programme d’aménagement des deltas, et de tendre la main à Ai Anku et au Sentier de l’Eau… ce qui permettrait de contrôler plus aisément leur « déviance » éventuelle, et d’éviter tout scandale aux conséquences potentiellement dangereuses.

 

Bermyl hésite quant à la manière de traiter le cas d’Ahura Mendes, et se décide finalement pour une approche « en douceur », de son seul fait. Il l’aborde donc dans la rue sous un faux prétexte – en jouant le baladin –, et ses capacités lui permettent d’engager la conversation et de la manœuvrer assez habilement. Très enthousiaste, la jeune biologiste s’oublie et évoque bien des sujets sans prendre garde aux conséquences (dans un premier temps tout du moins, elle se rend compte qu’elle a peut-être commis une erreur sur le tard, et se ferme un peu plus dès lors). Elle évoque longuement son combat visant à concilier la science et la foi – celle du Culte Épiphanique du Loa-Osiris, en l’occurrence. Pour elle, l’erreur essentielle des fondamentalistes consiste à rejeter toute technologie qui n’existait pas du temps de la rédaction des ouvrages sacrés ; cette attitude conservatrice voire réactionnaire est pourtant totalement illogique, et susceptible de provoquer bien des dégâts. La science ne doit pas être l’ennemie de la foi, elles peuvent marcher toutes deux main dans la main et s’enrichir mutuellement, à l’en croire. Elle tient par ailleurs des discours assez similaires à ceux d’Ai Anku en ce qui concerne l’héritage du Jihad Butlérien (c’est à ce sujet surtout qu’elle se rend compte un peu tard qu’elle en a peut-être trop dit…). Sur un plan plus concret, elle évoque, poussée par Bermyl, sa relation avec Ra-men-tau-neb, qui était un de ses étudiants, et en qui elle refuse de voir un agitateur – et, bien loin de s’offusquer de son supposé blasphème, c’est bien le comportement homicide de la foule fanatisée qui lui paraît inacceptable.

 

Plus tard, Bermyl – qui ne sait pas encore comment gérer le cas d’Ahura Mendes à terme – reçoit un nouveau rapport de Kibuz (qui en a aussi informé Németh directement) : les rumeurs se poursuivent, un peu partout, qui prétendent que des morts seraient revenus pour partager leur sagesse avec les vivants ; le fait nouveau, c’est qu’une rumeur plus récente, à Cair-el-Muluk même, nomme enfin un de ces morts ressuscités : le précédent siridar-baron Namerta, père d’Ipuwer et Németh…

 

À suivre…

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