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CR 6 Voyages en Extrême-Orient : Lame, l'arme, larmes (03)

Publié le par Nébal

CR 6 Voyages en Extrême-Orient : Lame, l'arme, larmes (03)

Troisième séance du scénario de Fabien Fernandez « Lame, l’arme, larmes », tiré de 6 Voyages en Extrême-Orient. Vous trouverez les éléments préliminaires ici, et la précédente séance .

 

Je maîtrisais. Le joueur incarnant Sekine Senzô, l’onmyôji, était absent – il ne reprendra a priori pas, le personnage est donc géré en PNJ. Les PJ présents étaient donc Goto Yasumori, la voleuse, Hira Ayano, la montreuse de marionnettes, Kuzuri Hideto, l’apothicaire, et Masasugi Takemura, l’ancien soldat.

 

I : DANS LE DOUTE, À HIZOTACHI

 

[I-1 : Ayano, Hideto, Yasumori, Takemura : Takeshi ; « le Messager », Bentei] Les personnages s’entretiennent avec Takeshi, chef du village de Hizotachi, sur la suite des événements. Il leur a mentionné la forteresse d’Ashiga Tomo (assez loin d’ici, à environ deux semaines de marche), où il pense qu’ils pourront trouver des éléments concernant l’histoire du sabre – ils ne savent par contre pas rien des périples du « Messager » avant son passage éclair à Hizotachi, ou il n’a guère vu que le forgeron, Bentei. Mais Takeshi, qui a développé avec l’âge certaines connaissances ésotériques, n’a pas manqué d’évoquer la « mauvaise étoile » de l’étranger… mais tout autant celle des personnages ; il a compris à demi-mots leur situation, en dépit des précautions de Ayano et Hideto notamment, évoquant un voyage jusqu’aux environs de Fukuoka, et une halte dans un hameau à quelque distance de Hizotachi (pour expliquer pourquoi ils ne s’attardaient pas sur place). La question du mariage annulé de Yôko, la fille de Takeshi, pour cause de disparition du fiancé Ito, n’a guère été évoquée – le vieil homme semblant considérer que cette affaire, si elle l’affecte énormément, n’a pas de vrai lien avec les préoccupations des personnages.

 

[I-2 : Yasumori, Takemura : Takeshi ; Kuchi] Yasumori se demande ce que Takeshi pourrait savoir de Kuchi la Vieille, la grand-mère intrigante du chef du village de Kengo – ses connaissances ont l’air vastes… Peut-être même sait-il quelque chose concernant leurs ancêtres et les liens les unissant, les liant aussi au sabre – ainsi que Kuchi, justement, avait laissé entendre ? Takeshi revient sur l’idée que le sabre est lié aux guerres avec la Corée dans une époque très reculée – mais ne sait rien de plus précis ; c’est bien pour cela qu’il avait mentionné la forteresse d’Ashiga Tomo. La généalogie maudite peut remonter à quinze siècles… ce qui explique assez que cinq personnes aussi différentes en soient aujourd’hui affectées ; à vrai dire, qu’ils aient tous conservé un lien avec Kengo, plus ou moins, est en soi étrange, pour le coup, et évocateur d’une forme de fatalité. Concernant Kuchi, quand Yasumori lui demande s’ils auraient pu se connaître enfants, Takeshi hésite un instant, puis confesse qu’il ne l’a jamais connue petite fille – quand lui-même était un petit garçon, elle était déjà vieille… Yasumori le remercie humblement pour ses réponses. Takemura reste en retrait, mais hoche la tête à la réponse concernant Kuchi – il partageait à son égard le même sentiment que Yasumori.

 

[I-3 : Ayano, Hideto : Ito, Yôko, Akane, Takeshi] Ayano est intriguée par la disparition d’Ito, et aimerait s’en entretenir avec Yôko, ou peut-être d’abord Akane, l’épouse de Takeshi, « entre femmes ». Ni Yôko ni Akane ne sont dans la pièce où ils discutent avec Takeshi, mais Ayano, qui est déjà venue à Hizotachi, suppose qu’elle pourra sans trop de difficultés trouver Akane dans la maison commune pour évoquer la question. Elle dit à Takeshi qu’elle souhaiterait parler à son épouse, il n’y voit pas d’inconvénient – il n’indique pas de direction, mais laisse visiblement à Ayano la possibilité de déambuler dans la demeure. Hideto se joint à elle.

 

[I-4 : Yasumori : Takeshi] Yasumori rassure Takeshi : ils ne lui causeront aucun ennui, et partiront après déjeuner – peuvent-ils d’ici-là refaire leurs provisions dans le village ? Takeshi acquiesce. Il y a une sorte de magasin général où ils trouveront sans doute de quoi faire. Takeshi se montre courtois – il leur faudra partir le soir au plus tard, il le laisse entendre sans le dire frontalement, mais d’ici-là, et en dépit de tout, ils sont les bienvenus.

 

[I-5 : Yasumori, Ayano, Hideto, Takemura : Takeshi, Sekine Senzô, Bentei, Akane, Noboru, Sanzo] La conversation avec Takeshi achevée, tous se retirent – à l’exception de Senzô, qui souhaite poursuivre la conversation avec le chef du village : certes arrogant et hautain de nature, il a pourtant compris que Takeshi disposait de véritables connaissances ésotériques… Les autres ont chacun affaire de leur côté, mais Yasumori leur propose de se retrouver après le déjeuner à la forge de Bentei. Tandis qu’Ayano et Hideto partent à la recherche d’Akane, Yasumori, qui prend donc sur elle de s’occuper de l’intendance, fait signe à Takemura, pour échanger quelques mots en privé. Quelle que soit la destination qu’ils emprunteront, il leur faudra être parés à toute éventualité : la rixe au relais de Noboru avec Sanzo n’était guère qu’un amuse-bouche… Takemura saisit l’occasion : encore qu’il proteste du contraire, il en veut toujours à la jeune fille pour l’avoir dissuadé de dégainer son sabre face au rônin ivre – le combat était trop inégal, dans ces conditions… et l’issue aurait très bien pu être fatale ! Yasumori lui présente platement ses excuses. Quoi qu’il en soit, en cas de nouveaux affrontements, Ayano et Hideto ne seront sans doute guère utiles – seul Takemura sait se battre, si Yasumori elle-même se débrouille avec un arc…

 

[I-6 : Takemura : Takeshi] Mais Takemura avait gardé pour lui quelque chose qui le tracassait… Il retourne brièvement voir Takeshi, qui n’en est guère surpris. Outre la malédiction à proprement parler, le sabre a-t-il d’autres facultés sortant de l’ordinaire, à ce qu’il en sait ? Mais il n’en sait rien… Takemura sait qu’il s’agit d’une très bonne arme. [Concrètement, elle lui donne, à lui qui sait se servir d’une telle arme, un bonus de Compétence ainsi que de Dégâts.] Takemura est obnubilé par l’arme, mais n’en apprendra rien de plus de la sorte… Frustré, il se retire à nouveau. Supposant qu’il a mieux à faire, il décide de parcourir les environs, en faisant une sorte de repérage – notamment pour un endroit où passer la nuit, et éventuellement trouver des passages « dangereux » ou présentant d’autres particularités utiles… Il chasserait bien, mais n’a pour arme que le katana, qui n’y est guère approprié… Il espère reprendre ses esprits en arpentant ainsi la forêt.

 

[I-7 : Ayano, Hideto : Akane ; Ito, Yôko] Ayano et Hideto se rendent auprès d’Akane pour la saluer ; Hideto, évoquant la situation de Yôko sans autres préambules, propose ses services d’apothicaire itinérant – avec succès, il sait se vendre et mettre en avant son petit commerce : les servantes d’Akane sont intéressées elles aussi. Akane est usuellement d’un naturel conciliant, ils le savent pour être déjà maintes fois passés par Hizotachi. Ayano perçoit cependant, sous sa dignité de vieille bonne femme maîtresse du village, une tristesse marquée – probablement en lien avec le mariage annulé ; elle essaye de le masquer, mais n’y parvient pas très bien… Cependant, le bagout commerçant de Hideto la dégrise peut-être un peu. Ayano lui fait part de sa compassion. Hideto lui demande où se trouve Yôko. Akane explique que sa fille est très triste, et erre ces temps-ci de par le village, ou dans la forêt parfois… Ayano, théâtrale et démonstrative, tout en faisant preuve du minimum de retenue, s’approche de la vieille femme ; Takeshi leur a appris la disparition d’Ito, mais ils n’en savent pas davantage. Peut-être peuvent-ils faire quelque chose ? Un malheur l’accable ainsi que ses camarades de route, peut-être y a-t-il un lien entre ces affaires ? L’évocation à demi-mots du drame du mariage replonge Akane dans sa morosité – elle ne cesse de ruminer ; elle aimerait s’en libérer, mais sa position de mère et d’épouse du chef du village le lui interdit… Ayano dit comprendre son malheur ; si elle en a l’occasion, elle parlera avec Yôko, dont elle garde un bon souvenir… Akane approuve, mais retourne bien vite à ses tractations avec Hideto – habile à vendre ses produits. C’est pour elle le meilleur moyen de remiser de côté ses ruminations…

 

[I-8 : Ayano : Akane] Ayano comprend qu’il pourrait être efficace, pour changer les idées d’Akane, de mettre en scène un petit spectacle – mais il lui manque son matériel habituel, ses marionnettes notamment ; et, elle a beau chercher, elle ne trouve pas de vrai spectacle de substitution – ses marionnettes lui manquent, et faire autre chose, contrainte et forcée, l’ennuie profondément : elle pourrait se contenter de faire la conteuse, mais, au fond, cela la frustre plus qu’autre chose, et, peu inspirée, elle préfère donc faire l’impasse. La ville lui manque, par ailleurs… Elle songe à Fukuoka, qui n’est pas forcément sur leur route – mais doit faire face à ce pénible souci : même si elle se procurait de nouvelles marionnettes, la malédiction lui interdirait de les transporter, comme avant, à dos de mule…

 

[I-9 : Yasumori : Ito, Bentei] Yasumori se rend au magasin, opérant une commande de divers achats – elle repense à tout ce qui leur a manqué jusqu’alors, d’autant qu’ils sont partis précipitamment de Kengo : des provisions (viande séchée, riz, un peu de saké…), davantage de corde, de quoi faire du feu, de l’huile, deux lanternes, un manteau de paille, des linges, du fil… Il faudra répartir le poids entre tous. Elle discute un peu avec le marchand, le flattant – ce qu’elle fait toujours ; le marchand joue le jeu, mais ne se fait pas d’illusions sur la qualité de ses produits… A-t-il vu le monde ? Non, il n’a guère quitté ce village, ayant hérité ce magasin… Yasumori évoque alors la disparition d’Ito – apprenant qu’il était le fils du chef d’un village voisin ; le mariage était bien sûr arrangé ; la population se réjouissait d’avance des festivités, et a du coup été frustrée dans ses attentes. Le marchand trouve certes cette disparition étrange – comme tout le monde : on ne conçoit pas qu’Ito soit parti tout seul sans raison, il a dû lui arriver quelque chose… Les environs du village sont-elles dangereuses ? Pas forcément – en cette ère de décadence, il y a bien des bandits ou autres, mais pas plus qu’ailleurs… Et le marchand n’a pas de noms à proposer. Yasumori le quitte le temps qu’il prépare sa commande – disant qu’elle a rendez-vous à la forge de Bentei ; un très bon artisan ? Oui, oui, bien sûr…

 

[I-10 : Yasumori : Sekine Senzô, Takeshi] Yasumori retourne à la maison commune. Senzô monopolise toujours la conversation de Takeshi – ils parlent à voix basse. Yasumori, l’air de rien, veut épier leurs paroles, mais tant le volume sonore de leur conversation que leur emploi de notions éventuellement pointues l’empêchent de saisir quoi que ce soit ; elle n’est pas suspecte pour autant.

 

[I-11 : Hideto : Yôko] Hideto, ses affaires terminées, décide d’aller faire un tour dans la forêt – dans le vague espoir d’y croiser Yôko… mais ce n’est pas le cas. Il trouve cependant des plantes et racines utiles pour préparer de futures potions.

 

[I-12 : Takemura : Yasumori] Takemura était parti repérer les environs. Il cherche un endroit abrité du vent, prêt d’une source d’eau, et relativement discret ; ayant en tête l’histoire du fiancé disparu, même si elle le préoccupe moins que le sabre, il garde les yeux ouverts. La région est assez idyllique, la forêt est giboyeuse (peut-être Yasumori pourrait-elle faire la démonstration de ses talents avec un arc…) autant que belle – mais il est trop oppressé pour en retirer véritablement du plaisir. Il ne croise personne ; il trouve des endroits où ils pourraient s’installer, pas très loin du village – son entrainement de soldat a laissé son empreinte. Par contre, il ne trouve rien qui sorte de l’ordinaire, et pas davantage en ce qui concerne des lieux propices à des embuscades ou ce genre de choses. Pragmatique, il en prend acte et retourne au village.

 

[I-13 : Ayano, Yasumori, Takemura : Sekine Senzô, Fuji Motohiro ; Ito, Yôko] Ayano est restée dans la maison commune – ainsi que Senzô ; Yasumori puis Takemura y reviennent également, tandis que Hideto parcourt encore les bois. Il y a un autre visiteur : un moine au biwa du nom de Fuji Motohiro, aveugle (a priori…), conteur voyageant d’un village à l’autre pour réciter devant son public Le Dit des Heiké, qu’Ayano avait déjà eu l’occasion de croiser ; elle le sait sympathique, mais un peu filou sur les bords – faisant partie du métier, elle n’a toutefois rien à craindre de sa part. Elle discute aimablement avec lui – il est arrivé le lendemain de la disparition d’Ito, soit cinq jours plus tôt ; son séjour n’est guère enthousiasmant – il ne va pas s’attarder beaucoup plus, et semble un peu las de conter toujours les mêmes histoires pour un public qui ne s’en lasse pas après des siècles de récitation… L’ambiance ici ne lui pèse pas ? Un peu, forcément… mais c’est un sujet de ragots au village ; ça tiendra ce que ça tiendra – et les villageois ont besoin de se changer les idées, alors… Ayano lui demande s’il n’a pas vu Yôko – il la reprend avec un sourire : il ne voit personne… On parlait d’elle, mais c’est son problème avec les jolies jeunes femmes : il ne peut pas en profiter comme tout le monde… Pas la moindre idée d’où elle pourrait se trouver ? Non… Ça aussi, c’est moins facile pour un aveugle… Ayano dit qu’elle sera ravie de l’assister s’il donne une récitation dans l’après-midi : c’est effectivement le cas, et il accepte volontiers.

 

[I-14 : Takemura, Hideto : Bentei ; « le Messager »] Après avoir déjeuné à la maison commune, les personnages se retrouvent à la forge de Bentei – qu’Ayano et Hideto avaient déjà croisé. Il y a une cassure assez franche entre son rôle et l’image qu’on lui accole d’une part, et son comportement d’autre part : c’est un colosse, mais étrangement timide – ça va plus loin qu’une simple déférence. À voir tout ce monde débarquer dans sa forge, il a presque un mouvement de recul – mais, commerçant, il doit faire avec… Takemura s’approche, lui tendant le sabre (dans son propre fourreau, ils avaient opéré une substitution : le fourreau du sabre maudit, et le vieux sabre de Takemura dedans, sont dans le sac de Hideto), avec un rien de grandiloquence ; il en sort dix centimètres du fourreau, et dit au forgeron qu’ils auraient des conseils à lui demander à propos de cette arme sortant de l’ordinaire. Passé un sursaut de surprise, Bentei s’approche, et reconnaît visiblement le sabre ; il s’étonne : où est le fourreau ? Takemura explique la substitution, et offre de lui montrer le fourreau, s’il veut le revoir – pas forcément, c’est simplement qu’il avait travaillé dessus… Takemura avait repéré des marques de réparation récente, mais ça lui était sorti de la tête. Le forgeron a-t-il remarqué quoi que ce soit durant son travail ? L’excellente finition du sabre, bien sûr – avec ces gouttes de rosée… Le fourreau était d’ailleurs une belle pièce aussi, simplement un peu abîmé : son client lui avait dit qu’il allait bientôt « transmettre » le sabre, et qu’il fallait que tout soit « parfait » – c’est pourquoi il lui a confié ce travail portant sur des anneaux du fourreau. Takemura demande si c’était bien à eux qu’il devait le remettre ? Bentei n’en sait rien… Simplement l’étranger parlait d’une « libération » toute proche, il ne cessait de marmonner ce mot, et que tout devait être « bien », et même « parfait ». Cet homme avait-il l’air malade, ou oppressé ? Non… Il était distant, par contre, et même désagréable… C’est tout. Sa mise n’était guère adéquate, certes – comme le plus pouilleux des paysans, mais jamais un paysan ne se serait promené avec une antiquité pareille… D’ailleurs, Bentei note qu’il l’a payé rubis sur l’ongle, et même assez cher ! Enfin, au niveau de son travail, mais… Il n’a pas rechigné, en tout cas. Ne sont-ils pas satisfaits de son travail ? Si… Mais à cause de ce sabre ils ont dû quitter leur village, et ne savent même pas pourquoi on le leur a remis… Cet homme, avait-il dit d’où il venait ? Non, rien – pas davantage où il se rendait, d’ailleurs. Il était pressé, a demandé à ce que ce travail soit exécuté au plus tôt, et est parti sitôt fait… A-t-il vu d’autres villageois ? Takeshi, forcément… C’est tout, probablement. Il était vraiment pressé : il a payé Bentei pour qu’il laisse tomber ce sur quoi il travaillait et se mette aussitôt à la réparation du fourreau ! Il s’est appliqué autant que possible – un travail pareil en moins d’une journée, ça n’avait rien d’évident… Mais le forgeron s’est attelé à la tâche, a fait vite sans bâcler pour autant, l’étranger a apprécié son travail, l’a payé, et est parti sans dire un mot… A-t-il eu besoin d’un matériau particulier pour cette réparation ? Le métal était-il commun ? Mais Takemura sait très bien qu’il s’agissait d’or… Bentei n’en disposait pas, mais l’étranger, si – pile la quantité nécessaire, aucune idée d’où il l’avait trouvé.

 

[I-15 : Takemura, Yasumori : Bentei] Takemura se retourne vers ses camarades, voir s’ils ont autre chose à demander. Yasumori s’avance, et lui rappelle son hypothèse d’une lame peut-être « reforgée », éventuellement avec un acier d’importation – est-ce le travail de Bentei ? Non, non ! C’était un travail le dépassant, seul un maître forgeron a pu s’en occuper… Travaillant sur le fourreau, il n’a de toute façon qu’à peine observé la lame… Oui, c’est peut-être une arme « reforgée » ; mais dire par qui, où et avec quel matériau, cela dépasse ses capacités.

[I-16 : Hideto : Bentei] Hideto essaye une autre approche : que peut-il dire de la symbolique abondante du fourreau et de la lame ? Pour ce qui est de la lame, Bentei parle bien sûr des gouttes de rosée – une fausse imperfection, d’un à-propos remarquable, d’une esthétique par ailleurs étonnamment moderne. Mais autrement, et concernant le fourreau (arborant des caractères et autres dessins), il n’a rien à dire (d’ailleurs, il ne sait probablement pas lire).

 

[I-17 : Yasumori : Bentei] Yasumori, pendant ce temps, scrute la boutique, voir si quelque chose vaudrait d’y être volé… Mais ce sont pour l’essentiel de simples outils de paysans. Elle soupèse quand même quelques dagues, d’assez bonne qualité. S’enquérant de la formation de Bentei, elle apprend qu’il a été formé ici-même, auprès de son oncle, le précédent forgeron de Hizotachi

 

[I-18 : Ayano : Bentei ; Ito, Yôko, Takeshi] Ayano s’avance alors : Bentei sait-il si cette arme, d’une manière ou d’une autre, a été présentée à Ito ou Yôko, avant la disparition du premier ? Bentei n’en sait rien… Après avoir rendu la visite nécessaire à Takeshi, l’étranger s’est directement rendu à sa forge pour lui confier son travail ; certes, il s’est absenté pendant que Bentei s’exécutait – quelques heures, revenant quand le fourreau était réparé. Il n’a pas passé de nuit au village ? Non : il est arrivé dans la matinée, et reparti dans la soirée.

 

[I-19 : Ayano, Takemura, Yasumori : Sekine Senzô ; Fuji Motohiro, Takeshi] Ayano retourne à la maison commune, où Motohiro ne va sans doute pas tarder à entamer sa récitation. Takemura confirme à Yasumori avoir trouvé un endroit où passer la nuit. D’ici-là, ils pourraient peut-être faire un tour du village… Sekine Senzô a-t-il appris quelque chose auprès de Takeshi ? Pas grand-chose, répond-il – en tout cas rien en rapport avec leur tâche. Le bonhomme est plus compétent et érudit que ce que Senzô supposait, et il était pleinement conscient de ce qu’une malédiction pesait sur eux. Ils se sont entretenus de semblables malédictions, de yôkai, de kami ou autres manifestations du surnaturel… Rien de vraiment pertinent quant à leur affaire. Il revenait par contre toujours à cette aura néfaste les accompagnant… Yasumori se montre sarcastique – elle espérait que cette longue discussion déboucherait sur un remède ! Senzô l’ignore complètement – il n’a par ailleurs aucune envie d’arpenter le village, et se moque totalement des problèmes de cœur de Yôko : s’ils veulent perdre leur temps avec ça, grand bien leur fasse, mais lui s’en passera très bien ! Aller de soi-même dans une porcherie, allons bon…

 

[I-20 : Ayano : Fuji Motohiro, Yôko] Ayano se renseigne auprès de Motohiro sur le programme de sa récitation : celle-ci ne sera pas suivie, mais consistera en enchainements sur le thème essentiel de l’inconstance du monde ; Ayano, connaissant l’œuvre, voit très bien où il veut en venir : l’optique est celle d’un monde qui s’est poursuivi quand le dit annonçait originellement la fin du monde… Il s’accompagne lui-même au biwa, mais Ayano peut l’accompagner sur un autre instrument, et intervenir dans la narration le cas échéant. Compétente, la montreuse de marionnettes s’adapte très bien à la récitation de Motohiro, négociant au mieux ses bifurcations – il lui facilite la tâche : c’est un bon conteur, et ils livrent ensemble un bon spectacle. Ayano scrute la salle, guettant les arrivées, les réactions de l’audience… Rien que de très normal ; Yôko est cependant venue, avec un petit peu de retard, et y a assisté dans son coin. Dès la fin de la représentation, Ayano envisage d’aller la voir – mais le spectacle est long, elle ne pourra guère s’attarder longtemps après : il leur faudra bientôt quitter le village…

 

[I-21 : Yasumori, Hideto, Takemura : Takeshi, Fuji Motohiro, Hira Ayano] Yasumori et Hideto discutent du fonctionnement exact de la malédiction – sur les animaux, sur les hommes, à quelle vitesse… Yasumori supposait que cela pouvait être une méthode de chasse enthousiasmante ! Elle supposait par ailleurs que c’était le passage de la nuit qui provoquait le décès… Hideto pense plutôt que c’est le passage du temps (une douzaine d’heures ?) en compagnie de quelqu’un – sans seuil automatique tenant à la tombée de la nuit ou quoi que ce soit de « fixe ». Hideto n’a d’ailleurs aucune envie de s’attarder à Hizotachi… Et Takeshi leur a adressé de plus en plus de regards appuyés à mesure que le temps passait. Takemura souhaite tout de même visiter un peu les lieux – au moins le temps que la représentation de Motohiro et Ayano s’achève ; Yasumori l’approuve, et Hideto, un peu contraint et forcé, les suit.

 

[I-22 : Yasumori, Takemura, Hideto : Bentei, Kino, Hira Ayano, Sekine Senzô, Fuji Motohiro] C’est un petit village, même si un peu plus gros que Kengo. Peu de bâtiments, hors la maison commune au centre, sortent de l’ordinaire : la forge de Bentei, où ils se sont déjà rendus, le magasin où Yasumori a fait ses emplettes, et, plus à l’est, un entrepôt plus ou moins communal et en face la porcherie de Kino – assez grande, en comparaison des établissements semblables dans d’autres villages, et le bruit des porcs attire l’attention. La majorité des habitants se sont rendus à la récitation, mais d’autres continuent de travailler, les plus pauvres surtout – éventuellement des employés de paysans plus riches. Les rizières se trouvent essentiellement au sud de Hizotachi, non loin. À simplement se promener ainsi, ils ne remarquent rien de particulier – Yasumori concède qu’il vaut mieux pour eux récupérer leurs achats, plutôt qu’errer ainsi en se fiant à une chance qui ne leur a guère souri jusqu’alors, puis quitter le village dès qu’Ayano sera libre. Ils vont chercher les fournitures et se les répartissent (Sekine Senzô aussi aura à porter des affaires, ça lui fera du bien, suggère Yasumori !) : Takemura prend la deuxième corde (Yasumori garde la première), Hideto une lanterne et l’huile, ils confient à Ayano l’autre lanterne… Ils vont ensuite assister à la fin de la représentation de Motohiro et Ayano.

 

[I-23 : Ayano, Takemura : Fuji Motohiro, Yôko ; Akane, Ito, « le Messager »] Ayano, se repérant dans les méandres du dit, devine la fin prochaine de la représentation ; après avoir salué l’assistance comme il est d’usage et remercié Motohiro, elle attend l’occasion d’approcher Yôko – laquelle est seule dans son coin. Le moment venu, elle se rend auprès d’elle. Yôko s’en étonne – elle avait assisté dignement à la séance, et comptait retourner dans sa chambre. Ayano exprime son soulagement de la revoir, et se rappelle à son bon souvenir – sauf que visiblement la jeune fille ne la remet pas, et Ayano le comprend. Elle veut bien lui accorder quelques minutes, Ayano ayant fait part de sa conversation antérieure avec Akane. Elle s’étonne cependant quand Ayano suggère qu’elles s’entretiennent à l’écart, mais elle s’exécute. Ayano dit que ses camarades et elle-même sont dans une situation délicate, et qu’elle suppose qu’il pourrait y avoir un lien avec le drame affectant la fiancée délaissée – ce à quoi Yôko répond en faisant de gros yeux. Quand Ayano évoque directement le sort d’Ito, Yôko baisse la tête – Ayano sent que c’est à la fois par timidité voire honte, et peut-être aussi par désir de ne pas en révéler davantage. Ayano adopte un comportement assez maternel, lui priant d’en parler, ce qui pourrait être profitable pour beaucoup de monde ; n’y a-t-il pas un lien avec « l’étranger » arrivé la veille au village ? Yôko se referme de plus en plus – mais c’est comme si elle n’avait pas le moins du monde envisagé quoi que ce soit de la sorte ; elle n’a vraiment pas envie de parler… à une inconnue qui plus est. Ayano doit partir dans l’heure, mais elle conjure Yôko : si jamais elle changeait d’avis, qu’elle n’hésite pas à venir lui en parler… Yôko, agitée de soubresauts d’épaules, attend visiblement qu’elle s’en aille. Ayano prend congé poliment. Elle rejoint ses compagnons, et ils quittent le village.

 

II : SUR LA ROUTE D’ASHIGA TOMO

 

[II-1 : Takemura, Hideto, Ayano, Yasumori : « le Messager », Ito, Takeshi] Les personnages se rendent à l’endroit choisi par Takemura, au nord-est de Hizotachi, près du torrent. Là, il leur faut définir leur destination… Takemura est clairement désireux de prendre la route de la forteresse d’Ashiga Tomo ; Hideto l’appuie – peut-être par ailleurs, en passant de village en village, apprendront-ils quelque chose ? Ayano confirme que c’est leur seule piste sérieuse. Yasumori est d’accord, un peu embêtée par ailleurs de n’avoir pas la moindre idée d’où pouvait venir « le Messager » ; mais elle suppose qu’il y a bien un lien entre ce dernier et Ito – deux événements aussi rapprochés ne peuvent pas être indépendants. Peut-être, sans s’attarder au village, peuvent-ils passer un peu de temps dans les environs – questionner les paysans travaillant dans les rizières, ou les forestiers, etc. ? En même temps, ce n’est pas leur affaire… Ils peuvent partir dès le lendemain. Mais elle serait donc plutôt favorable à rester un jour de plus dans les environs – l’idée étant qu’un de ces pauvres auxquels on ne prête jamais attention pourrait avoir vu « le Messager » et Ito ensemble. Takemura suppose que c’est possible… En même temps, leur présence aux environs, si elle parvient aux oreilles de Takeshi, pourrait leur attirer des problèmes ; il semble redouter, lui le combattant, que les villageois recrutent des rônins pour se débarrasser d’eux… Quant à la « route » pour Ashiga Tomo, elle emprunte des régions de basse montagne et de forêt, relativement accessibles, mais sans vrai chemin délimité. Entendu : ils partiront le lendemain matin – même s’attarder dans les rizières serait vain : rechercher ainsi la piste du « Messager » reviendrait à traquer une aiguille dans une botte de foin…

 

[II-2 : Takemura, Hideto, Ayano, Yasumori : Sekine Senzô] Il faut environ deux semaines pour rejoindre Ashiga Tomo depuis Hizotachi. Takemura se montre prudent, scrutant toujours les environs – mais rien de spécial n’attire son attention. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas fait d’aussi longue marche… Hideto et Ayano y sont habitués par la force des choses, mais Yasumori et Senzô peinent sur leurs jambes fragiles en fin de journée… Et l’hiver débute – ce sont les premières neiges, assez abondantes dans la région ; il y en a de plus en plus au fur et à mesure qu’ils approchent de leur destination, ce qui les ralentit un peu.

 

[II-3 : Yasumori, Takemura : Razan Masayuki, Iruma Asayi] Yasumori se rend compte que quelque chose la chiffonne à mesure qu’ils avancent : les gens dans les hameaux croisés sur la route restent souvent cloitrés chez eux – et ça n’implique pas que les chutes de neige : elle comprend, Takemura également du fait de son expérience, que c’est là une campagne affligée par la guerre… Ils n’ont pas croisé de troupes, mais cette attitude de la part des paysans est très révélatrice – et ils n’ont guère envie de parler à quiconque, de craintes de répercussions… Les personnages tentent parfois de se ravitailler dans les fermes, ce qui confirme cette hypothèse ; ils sont mal accueillis… Il y a bien une guerre dans les environs – et, en fait, à Ashiga Tomo même ! Le seigneur de la forteresse, Razan Masayuki, est en guerre avec son voisin, Iruma Asayi ; en fait, la forteresse est assiégée, apprennent-ils en approchant. La forteresse est très grande, et les effectifs engagés relativement importants – pour des petits féodaux de ce genre ; disons au moins un bon millier d’hommes de part et d’autre.

III : LE SIÈGE – ET COMMENT L’ABORDER

 

[III-1 : Takemura, Hideto, Yasumori, Ayano] Ils arrivent à proximité de la forteresse, et s’arrêtent un peu avant pour déterminer leur approche. Takemura veut rester très prudent – et craint que la vision ou la simple mention du sabre n’arrange pas leurs affaires. Hideto propose d’infiltrer la ville – mais, en fait de ville, il n’a guère le choix : la forteresse lui est inaccessible, étant assiégée… Par contre, il peut tenter de se rendre dans le campement des assaillants. Yasumori pense que c’est une bonne idée : il faut sans doute aller à la pêche aux renseignements, et garder leur histoire pour eux – les soldats, face au sabre antique, pourraient être autant de brigands… Leur sexe, à Ayano et elle, ne leur donne par ailleurs guère d’opportunités dans ce camp militaire… En même temps, peut-être Hideto pourrait-il jouer au maquereau, accompagné de son garde du corps Takemura, et Ayano et Yasumori étant ses employées ? À moins qu’elles ne puissent être engagées pour l’intendance – la cuisine, ce genre de choses… Yasumori relève que rentrer s’annonce difficile, mais ressortir peut-être plus encore.

 

[III-2 : Yasumori, Takemura, Ayano] À moins d’attendre que le siège s’achève ? C’est ce que suggère Yasumori. Mais leur malédiction se prolongera d’autant… Le siège, combien de temps durera-t-il ? Difficile à déterminer – d’autant que le coup de sang a sans doute sa part dans la décision militaire, déjouant toute entreprise de stratégie… ce que laisse déjà entendre ce siège entamé au début de l’hiver ! Takemura suppose qu’ils pourraient être amenés à prendre parti – trouver à se montrer utiles dans le camp des assaillants, pour, le moment venu, accéder à la forteresse… et à ses archives – en espérant que la bataille ne les réduise pas en cendres ! Sont-ils prêts, toutefois, à de telles exactions – qui plus est sans en savoir davantage sur les raisons du conflit et les torts de chacun ? C’est un cas de force majeure, aux yeux du vieux soldat – lui se déclare prêt à agir ainsi. Ayano lui fait cependant remarquer qu’il est le seul homme ici doté d’une expérience martiale… Comment les autres pourraient-ils justifier leur présence ? Takemura suppose en tout cas que les soldats engagés dans cette affaire n’ont peut-être pas son expérience, justement – s’il pouvait se rendre utile…

 

[III-3 : Yasumori] Yasumori fait part de ce qu’ils ont une arme dotée de capacités uniques… D’une certaine manière, dit-elle, leur malédiction pourrait faire des ravages utiles… Quelques nuits dans le camp ou à ses abords pourraient peut-être diminuer drastiquement le nombre des assaillants – les assiégés apprécieraient ? Mais ils risquent trop de se faire repérer et soupçonner après les premiers décès…

 

[III-4 : Yasumori, Hideto, Takemura, Ayano : Razan Masayuki, Iruma Asayi] Une autre piste – fourbe également, et là encore suggérée par Yasumori : si Hideto s’infiltre, peut-être pourrait-il empoisonner les réserves d’eau ? Yasumori préfèrerait se rallier au camp de Razan Masayuki plutôt qu’à celui d’Iruma Asayi – et peu importe qui a raison dans l’affaire : si l’assaillant prend la forteresse, les risques de destruction ou de pillage des archives seraient en effet plus élevés… Yasumori quête l’approbation de Takemura, qui ne peut qu’acquiescer : oui, aider les assiégés serait plus raisonnable. Mais l’eau n’est sans doute pas une cible appropriée : après tout, la forteresse est adossée à un lac, seul un de ses quatre côtés donne sur la terre ferme – et c’est donc là que se concentre le siège… Mais peut-être y aurait-il d’autres pistes : Ayano suppose que le poison n’aurait pas à tuer les soldats, simplement à les affaiblir pour leur faire abandonner le siège… Déjà affectée par une malédiction, Ayano n’a aucune envie de s’attirer encore davantage le courroux des dieux en commettant un massacre aussi fourbe !

 

[III-5 : Ayano, Yasumori, Takemura, Hideto] Ayano se demande aussi s’il ne serait pas possible d’infiltrer quelqu’un à l’intérieur de la forteresse ; Yasumori l’approuve ; mais Takemura suppose que seule Yasumori pourrait éventuellement faire preuve des dons d’escalade suffisants tout en restant discrète… Et ce n’est même pas sûr ! Ainsi impliquée, Yasumori revient aussitôt à la base : d’abord s’informer dans le camp des assaillants… D’autant qu’ils ne pourraient pas s’attarder dans la forteresse, il faudrait y faire un passage très rapide ! Mais introduire à l’intérieur de la forteresse l’un d’entre eux, pour signifier aux assiégés qu’ils ont des alliés à l’extérieur, pourrait être utile, c’est vrai. Yasumori préfère ne pas « griller » le déguisement de Hideto simplement pour récolter les ragots habituels – mieux vaut réserver son intervention pour l’empoisonnement, le cas échéant. Peut-être Yasumori pourrait-elle s’y rendre elle, pour trouver une faille ? Et peut-être déterminer un passage pour l’intérieur qui serait passé au-dessus des considérants stratégiques… Le lac pourrait être la meilleure solution, d’ailleurs. Des diversions sont enfin envisageables : mettre le feu au camp, ce genre de choses… Yasumori propose cette fois ses services – et apprécierait au passage de mettre la main sur un de ces fusils que les barbares ont introduit au Japon

 

[III-6 : Ayano, Yasumori, Takemura, Hideto : Sekine Senzô] En faisant le point, Ayano suppose que Yasumori et Takemura pourraient se livrer à ces actions en principe discrètes, et éventuellement infiltrer la forteresse, là où Ayano et Hideto pourraient intégrer le camp des assaillants, sous quelque prétexte que ce soit – des journaliers en quête de travail (Ayano a de quoi se grimer en paysanne)… Et Maître Senzô ? À l’évidence, il ne se sent pas d’escalader une muraille… Mais commencer par introduire l’un ou plusieurs des leurs dans le camp – pas lui ! – serait sans doute un préalable utile. Reste ensuite à se rassembler…

 

[III-7 : Yasumori : Razan Masayuki, Iruma Asayi] D’ailleurs, Yasumori aimerait en savoir plus sur les chefs des camps opposés – ce qui pourrait permettre de déterminer qui serait le plus ouvert, ou manipulable, des deux. Mais des paysans des environs ont pu indirectement les renseigner : ils n’ont pas les détails, mais il semblerait que le problème soit d’ordre matrimonial : le fils de Razan Masayuki devait épouser la fille d’Iruma Asayi, mais, pour une raison ou une autre, ça n’a pas eu lieu – du jour au lendemain, les bons voisins d’avant se sont mis à se détester unilatéralement. Tout laisse à supposer que l’offensé, dans cette histoire, est Iruma Asayi, puisqu’il a lancé le siège. Mais sont-ils des hommes d’honneur, ou des fourbes, des tyrans, etc. ? Les gens de la région (sa région…) apprécient plutôt Masayuki – comme un homme assez digne ; ce qui ne signifie pas qu’Asayi n’est pas lui aussi un homme digne ; par ailleurs, les paysans ne connaissent pas les raisons exactes de la rupture de fiançailles.

 

[III-8 : Hideto, Yasumori, Ayano] Hideto suppose qu’il pourrait se présenter dans le camp en tant qu’apothicaire, ce qu’il est bel et bien – mais Yasumori lui rétorque que cela ferait de lui quelqu’un de particulièrement suspect : si des rumeurs d’empoisonnement se mettent à courir, il sera un coupable tout désigné ! Mais, pour tous, l’exfiltration serait de toute façon un problème : Ayano, notamment, en fait la remarque.

 

[III-9 : Ayano, Yasumori, Hideto, Takemura] Finalement, la suggestion initiale du maquereau et de ses filles est à nouveau envisagée – même si Ayano et Yasumori sont rétives, et ne le cachent pas : aucune envie de passer à la casserole… encore que la seconde ait bien des ambitions de mère maquerelle – mais à la condition que cela lui rapporte ! Mais il faut y aller – pas le choix, ils ne peuvent pas se permettre d’attendre trop longtemps ; au pire, Yasumori est prête à se sacrifier seule si Ayano refuse – mais cette dernière est impliquée elle aussi, et suppose que c’est la seule solution ; qui a en outre l’avantage de ne pas les séparer, et de jouer par ailleurs sur plusieurs tableaux. Hideto jouera le maquereau, et Takemura le « chien de garde ». Le cas échéant, Hideto pourra se livrer à l’empoisonnement sur place…

 

IV : DANS LE CAMP DES ASSAILLANTS

 

[IV-1 : Takemura, Yasumori] Le camp est forcément surveillé, mais Takemura constate un semblant de relâchement chez les assaillants – sans doute parce que ce sont des troupes de petits féodaux, guère habituées aux opérations de ce genre ; et, si la forteresse d’Ashiga Tomo est grande et vieille, ses troupes ne sont probablement guère plus solides – et pas plus nombreuses : environ un millier d’hommes dans chaque camp. Le lac est relativement délaissé – le siège n’a pas vraiment de dimension navale. Côté terre, des béliers et des échelles ont été préparés, mais impossible de dire pour le moment s’il y a un projet d’assaut. Yasumori apprend avec plaisir que, oui, les troupes sont armées de ces fusils qui l’intriguent tant…

 

[IV-2 : Takemura, Ayano] Le relâchement des gardes est tout de même bien sensible : ils les arrêtent un temps, forcément, à l’orée du camp, mais gobent sans suspicion l’histoire du maquereau et de ses employés – ils libèrent le passage contre un banal pot de vin. Takemura, en lui-même, s’en étonne… Excès de confiance ? Ou incompétence ? Il tend plutôt vers la deuxième solution… mais suppose que les soldats seraient tout de même en mesure d’emporter la bataille, en péchant moins dans la seule dimension martiale. Ils ne sont toutefois pas laissés sans surveillance à l’intérieur du camp – et ne passent pas inaperçus. Ayano s’intéresse à l’état d’esprit des troupes, mais n’en retire rien de bien utile : les troufions râlent à propos des corvées, pour le principe, mais rien d’inhabituel. L’intendance, en matière de provisions notamment, est bien gérée par l’armée assaillante, qui ne s’en remet pas à la seule activité des locaux – même si un espace du camp est plus ou moins réservé aux auxiliaires de ce genre.

 

[IV-3 : Yasumori, Ayano] [Yasumori détermine son approche et fait un jet de Charme ; j’avais adapté les règles sur les réussites critiques, ainsi que je l’expliquais dans le prologue du scénario, mais, même ainsi, elle a enchaîné un très bon jet de dés initial, et trois relances du dé libre explosif ! Sa réussite étant extraordinaire, à ce stade, la tâche des joueurs a été considérablement facilitée…] Yasumori attire l’attention, et son charme juvénile fait des miracles – le camp est littéralement à ses pieds, et lui fait instinctivement confiance ! C’en est au point où les soldats n’osent même pas la siffler ou faire des remarques graveleuses : elle les charme tant qu’elle les intimide, et ils lui mangent dans la main… À ce stade, Ayano est même un peu vexée… Et, en dépit de ses efforts, elle se montre beaucoup moins avenante que la petite peste. [En fait, elle passe juste à côté de l’échec critique selon mes règles retravaillées – et aurait bel et bien fait un échec critique selon les règles normales du D6 Light…] Mais le magnétisme de Yasumori est tel qu’elle se sent autorisée à demander où se trouve la tente du commandement, pour y donner un « spectacle ». On l’y conduit avec plaisir, ainsi que ses « camarades ».

 

[IV-4 : Yasumori, Ayano, Takemura, Hideto : Iruma Asayi, Iruma Katsumasa, Sekine Senzô] Yasumori propose donc ses services dans la tente des officiers – dont les documents ne sont toutefois pas à la vue de tout le monde… mais ça pourrait s’arranger. En tout cas, le seigneur lui-même s’y trouve, Iruma Asayi, ainsi que son fils Katsumasa (mais pas sa fille offensée). Ce sont des samouraïs de rang intermédiaire. Asayi dévore des yeux Yasumori dès qu’elle arrive dans la tente – et elle sait qu’elle lui inspire confiance… et qu’on la considère d’une classe largement supérieure, par rapport à la prostituée de base qu’elle pensait incarner en pénétrant le camp. Ayano entre également, mais Takemura (armé… Yasumori a par ailleurs laissé son arc de côté, à la garde de Hideto – elle a toutefois gardé deux dagues dans ses longues manches…) et Hideto doivent patienter dehors. Consciente de cette situation particulière, Yasumori décide donc de jouer l’aristocrate – et dit tout de go qu’elle a des recherches généalogiques à faire dans les archives d’Ashiga Tomo ; et ce fut un long voyage, pour y parvenir… Le siège est à cet égard une surprise un peu fâcheuse. La requête surprend les officiers – qui écarquillent un peu les yeux à sa remarque portant sur le siège ; mais c’était un malentendu, elle ne déplore rien… Quant aux recherches, elle doit s’y livrer avec son père, qui a un peu de retard (Yasumori envisage d’en confier le rôle à Sekine Senzô le cas échéant). Asayi explique avoir été contraint à ce siège pour une question d’honneur, mais il ne doute pas d’emporter bientôt la forteresse – c’est avec plaisir que, le moment venu, il autorisera Yasumori et son père à travailler dans les archives. Il s’étonne cependant de l’objet exact de leurs recherches… Yasumori évoque des ancêtres dans la région – en rapport avec les guerres de Corée du temps jadis : la forteresse, lui a toujours dit son père, renferme des trésors de documentation – c’est un homme de livres… Elle s’y intéresse beaucoup moins pour elle-même, mais la piété filiale… Asayi confirme la réputation d’Ashiga Tomo à cet égard. Yasumori, s’abritant derrière son éventail, dit craindre la guerre et son cortège de morts, elle faible femme… Les officiers, dès lors, se montrent un peu condescendants, même s’ils sont avant tout charmés… Asayi, toutefois, même s’il en fait la remarque avec tout la courtoisie nécessaire, se demande ce qu’il en est de ce « spectacle » dont parlait Yasumori à ses hommes – même si elle joue désormais à l’aristocrate. Yasumori préfèrerait exprimer ses talents sur un sol dur, plutôt que sur de la boue… Asayi comprend bien l’allusion – et Yasumori aime les hommes valeureux ! De son côté, Ayano, qui n’a guère l’habitude de jouer le faire-valoir, est boudeuse…

 

À suivre…

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