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CR 6 Voyages en Extrême-Orient : Lame, l'arme, larmes (04)

Publié le par Nébal

CR 6 Voyages en Extrême-Orient : Lame, l'arme, larmes (04)

Quatrième séance du scénario de Fabien Fernandez « Lame, l’arme, larmes », tiré de 6 Voyages en Extrême-Orient. Vous trouverez les éléments préliminaires ici, et la précédente séance .

 

Je maîtrisais. Tous les joueurs étaient présents, qui incarnaient Goto Yasumori, la voleuse, Hira Ayano, la montreuse de marionnettes, Kuzuri Hideto, l’apothicaire, et Masasugi Takemura, l’ancien soldat.

 

I : BREF RETOUR EN ARRIÈRE

 

[Je n’étais pas très satisfait par la conclusion de la précédente séance – le discours de Yasumori devant Iruma Asayi ne me paraissait pas crédible… Une jeune fille noble, qui se serait fait passer pour une prostituée pour pénétrer dans le camp, mais aurait aussitôt abandonné cette couverture dans la tente du commandement – où on l’avait justement fait entrer en raison de ses « talents » ?]

 

[C’était en fin de partie, donc, nous étions sans doute un peu fatigués, et par ailleurs Yasumori avait obtenu une incroyable réussite à ses jets de dés ; je ne comptais donc pas sanctionner le joueur pour ses explications un peu embrouillées, et j’ai préféré, exceptionnellement, revenir brièvement en arrière.]

 

[Nouvelle histoire, donc : Yasumori, en pénétrant dans le camp, avait bien dans l’idée de se faire passer pour une prostituée, etc. Mais bien consciente de l’impression qu’elle faisait sur les gardes, elle a décidé d’elle-même, sans consulter les autres, de changer inopinément de prétexte : jouant son va-tout, elle a donc prétendu être cette jeune fille noble venue pour affaires à Ashiga Tomo – le bluff s’est avéré payant, et a eu pour conséquence notable de l’introduire aussitôt auprès du commandement : pas question de laisser cette jeune fille élégante et raffinée au milieu de la soldatesque plus ou moins racaille ! Ça n’a certes pas manqué de surprendre ses camarades, toutefois – Ayano notamment, d’où sa vague bouderie : elle comptait s’en tenir au plan ! Mais le fait est que cette initiative a payé…]

 

[Les PJ se voient offrir une tente adéquate, à la lisière du commandement et de l’intendance, à l’écart de la troupe de base – le genre d’endroit où les combattants les plus titrés, relativement, se réunissent entre eux et passent le temps. Ils font démonstration de leur hospitalité – tout en s’excusant pour les conditions déplorables de leur accueil…]

 

II : DANS L’ATTENTE (DANS LA TENTE)

 

[II-1 : Ayano, Yasumori, Hideto : Iruma Asayi, Takeshi] Les personnages se réunissent dans leur tente, et font le point – ils ne sont pas bien sûrs de l’attitude à adopter… Quel camp aider, le cas échéant ? Et la malédiction les affecte toujours – s’ils restent quelque temps à un endroit, quel qu’il soit, il y aura des morts, et peut-être une certaine suspicion… Ayano suppose néanmoins qu’ils bénéficieront d’une certaine marge avant d’être suspectés : les soldats d’Iruma Asayi ne sont pas comme Takeshi, le chef du village de Hizotachi – eux n’ont à la base pas la moindre idée de leur malédiction… Peut-être serait-ce même un atout ? Yasumori rappelle leur idée d’empoisonner la troupe assaillante, grâce aux décoctions de Hideto… Mais il faudra se montrer très discret !

 

[II-2 : Yasumori : Iruma Asayi] Mais Yasumori fait aussi la remarque que, s’ils affaiblissent ainsi les assaillants, en imaginant que les assiégés fassent une sortie, ils n’auraient pas la moindre idée de leur rôle dans cette affaire – comment, dès lors, afficher leurs sympathies, pour éviter tout sort fâcheux, emprisonnement ou mort ? Yasumori suggère de faire passer un message aux assiégés – à l’aide d’une flèche, par exemple : sans forcément s’identifier clairement, ils pourraient néanmoins faire part aux assiégés de ce qu’ils ont des alliés dans le camp d’Iruma Asayi – et peut-être même pourraient-ils suggérer le moment de faire une sortie ?

 

[II-3 : Yasumori, Ayano, Hideto, Takemura] Quel rôle attribuer à chacun ? Yasumori est normalement en mesure de faire preuve de discrétion… mais elle a attiré tous les regards en pénétrant dans le camp. Ayano, par contre, pourrait en bénéficier – on a d’autant moins fait attention à elle ; de même, peut-être, pour Hideto et Takemura, dans un sens. En tout cas, elle pourrait probablement trouver à s’infiltrer dans l’intendance et à empoisonner les vivres, à l’aide d’une potion de Hideto : ses dons d’actrice, et son talent pour se déguiser, lui faciliteraient la tâche. Hideto, relativement discret et archer assez compétent, pourrait peut-être trouver quant à lui à s’éloigner un peu du siège pour faire passer le message aux occupants d’Ashiga Tomo ? Yasumori lui avait d’ailleurs confié son arc. Takemura, enfin, n’est certes guère porté à l’infiltration – mais le vieux soldat dispose de compétences indéniables au regard de la chose militaire, y compris de la poliorcétique, le cas échéant…

 

[II-4 : Takemura, Yasumori] Takemura, cependant, est un peu sur la réserve. Cette histoire de coups fourbes, dans le dos de l’ennemi, si c'est bien un ennemi, ce dont il doute à bon droit, tant c'est affaire de circonstances, ne lui inspire rien de bon… Yasumori s’en doute, mais lui démontre qu’ils n’ont guère le choix. Et Takemura est bien obligé d’admettre que la malédiction qui les affecte justifie assurément son lot d’entorses au code d’honneur…

 

III : UNE VIPÈRE DANS LES CUISINES

 

[III-1 : Hideto, Ayano] Hideto prépare une potion, qu’il donne à Ayano. Il a agi un peu à la va-vite, le poison ne sera sans doute pas très puissant – bien assez cependant pour perturber les estomacs des soldats : il ne s’agit pas de tuer, seulement d’affaiblir… Ayano écoute ses instructions, et se prépare à sa tâche.

 

[III-2 : Ayano : Masasugi Takemura] Ayano fait usage de son déguisement de paysanne – afin de passer inaperçue, une servante de plus, un peu candide, qui a affaire à l’intendance. N’ayant pas suscité l’attention jusqu’à présent, elle passe parfaitement inaperçue. Elle se rend aux cuisines – comme une simple servante devant préparer une soupe pour sa maîtresse. Les trouver ne lui pose aucun souci – d’autant qu’elles ne sont pas plus gardées que cela : Takemura avait déjà noté un certain relâchement parmi les soldats… Ayano repère les vivres entreposés – beaucoup de riz, du poisson, de la viande séchée… L’activité est normale, suppose-t-elle ; elle n’a guère d’expérience des camps militaires… Une section un peu à part semble bénéficier d’aliments de meilleure qualité et de réserves spéciales – de saké ou de thé, par exemple ; sans doute les mets destinés au commandement. Mais Ayano préfère éviter de s’en prendre aux gradés, pour le moment du moins – la suspicion d’un empoisonnement ciblé serait sans doute plus grande… Elle préfère donc s’en prendre à la troupe, à titre d’essai.

 

[III-3 : Ayano] Ayano guette les conversations des servantes. Mais elles se contentent peu ou prou de râler : elles ne sont pas assez nombreuses, et fatiguées par leurs tâches… L’hiver n’arrange rien, par ailleurs. Rien d’intéressant, globalement… Ayano accoste une de ces femmes, un peu au hasard – sa maîtresse réclame une soupe, pourrait-elle trouver des ingrédients appropriés quelques part ? Aucun problème : la femme lui indique où se rendre, sans engager plus avant la conversation.

 

[III-4 : Ayano : Kuzuri Hideto] Ayano se rend à l’endroit indiqué, où elle trouve le nécessaire pour sa soupe. Elle se rend ensuite aux chaudrons, et fait sa cuisine – en tendant l’oreille tandis qu’elle s’occupe de préparer les légumes. Elle attend patiemment le meilleur moment pour agir – quand elle a une fenêtre, elle use de la potion de Hideto pour empoisonner plusieurs marmites : très habile et discrète, elle s’y prend au mieux, et ne suscite pas la moindre attention de la part des cuisinières exténuées. Problème : pour Hideto cela allait de soi, aussi n’en a-t-il pas fait mention, mais Ayano n’est pas bien sûre de la quantité de poison à verser dans chaque récipient… Elle n’est certes pas une spécialiste de ce genre de décoctions, mais a tout de même son idée des doses à employer – que ce ne soit, ni trop dilué pour avoir le moindre effet significatif, ni trop fort au point d’être fatal. Elle n’en a pas plus que cela, par ailleurs : le camp n’en sera bien sûr pas totalement affecté… Par contre, elle peut déterminer qu’il serait fort improbable que l’on puisse remonter la piste de l’empoisonnement jusqu’à un chaudron bien précis.

 

[III-5 : Ayano] Ayano, sa tâche accomplie, achève de préparer sa soupe, et retourne à la tente – ni vue, ni connue…

 

IV : POLIORCÉTIQUE APPLIQUÉE

 

[IV-1 : Takemura : Iruma Asayi] Takemura, de son côté, parcourt le camp d’Iruma Asayi pour juger de son organisation, et y déceler des failles éventuelles. Il avait pu constater que la troupe était quelque peu relâchée – encore que le terme ne soit pas forcément le bon : c’est surtout que ces soldats ne sont visiblement guère aguerris, et sans doute encore moins pour ce qui est de mener un siège… Il repère des engins de siège, qui ont été préparés, mais ne semblent pas devoir être employés de sitôt. À l’orée orientale du camp, les troupes d’un vassal lui paraissent un peu plus compétentes que le gros de la troupe.

 

[IV-2 : Takemura] Par ailleurs, en faisant le tour, il est en mesure de confirmer une autre intuition : la forteresse d’Ashiga Tomo a beau être accolée à un lac sur trois de ses côtés, il ne semble pas y avoir véritablement de dispositif de siège naval – peut-être quelques bateaux qui patrouillent çà et là, mais rien de bien intimidant ; il avait pu, par ailleurs, déterminer que la citadelle disposait de ses propres quais au nord – mais personne ne semble en faire grand cas.

 

[IV-3 : Takemura] Takemura a désormais un meilleur aperçu du siège et des accès à la forteresse. Des patrouilles d’infanterie parcourent les côtes, à l’ouest et à l’est ; à l’ouest se trouve un sentier longeant le lac, pas assez large pour y faire passer de gros véhicules cependant, qui doivent pour leur part emprunter la grande entrée côte terre, au sud – et c’est donc là que se concentre le siège. Mais il y a bien une entrée, de dimensions plus réduites, à l’ouest. Il ne semble pas y avoir d’autre accès terrestre que ces deux entrées, à l’ouest et au sud. Le lac entoure donc Ashiga Tomo à l’ouest, au nord et à l’est ; sur terre, bien vite, la forêt est omniprésente, et dense – elle n’en est pas moins régulièrement patrouillée elle aussi. Les villages de pêcheurs les plus proches ont été abandonnés – et il semble difficile de pouvoir s’y rendre pour y trouver des barques, par exemple ; plus loin, c’est sans doute bien davantage envisageable, même s’il faut donc compter avec les patrouilles.

 

V : BIEN CORDIALEMENT

 

[V-1 : Hideto, Yasumori, Ayano, Takemura : Razan Masayuki, Iruma Asayi] Hideto, secondé par Yasumori (puis Ayano et Takemura quand ils reviennent), réfléchit à la manière de rédiger le message qu’ils doivent ensuite faire passer aux assiégés. Yasumori préfèrerait ne pas le signer de quelque manière que ce soit. Il s’agit bien de faire part de ce que la maladie va affaiblir le camp, mais Yasumori redoute de tomber sur un Razan Masayuki trop à cheval sur les principes, qui détesterait l’idée de faire usage du poison pour abattre son ennemi… Mais, s’ils ne signent pas, comment et pourquoi les assiégés les reconnaîtraient-ils le moment venu ? À vrai dire, ainsi que Hideto le fait remarquer, les troupes de Razan Masayuki n’auraient aucune raison de croire que ce message anonyme provient bel et bien d’amis – ce pourrait être une ruse d’Iruma Asayi

 

[V-2 : Yasumori, Takemura, Hideto : Sanzo] Mais l’esprit de Yasumori vadrouille – qui pense aux signes de ralliement employés sur les champs de bataille. Elle a surtout vu les symboles des assiégeants, mais des fanions des assiégés sont visibles çà et là – et elle fait maintenant attention à l’un d’entre eux, arborant une sorte de griffure noire… Elle se souvient de la mention par le rônin agressif Sanzo de « la Griffe », quand il avait vu de plus près le sabre maudit, dans les mains de TakemuraYasumori en fait part aux autres ; Hideto suppose qu’ils pourraient employer ce symbole pour « signer sans vraiment signer »… Takemura l’approuve – tout en supposant que cela ne sera pas suffisant : c’est peut-être une porte d’entrée, mais il faut y ajouter quelque chose. Takemura envisage même de signer du nom de Sanzo, qui semblait respecter « la Griffe » ? Mais, à tout prendre, le rônin en avait surtout peur… Yasumori songe aux villages croisés sur la route, mais ça ne lui rappelle rien d’utile en l’espèce. Elle suppose qu’il pourrait être approprié de dire que « la Griffe est là », ce genre de choses ; Takemura le croit – en précisant bien qu’il n’est guère porté aux subtilités et aux mensonges… Mais il sait au moins une chose : lui-même ne tiendrait aucun compte d’un message dénué de signature dans un contexte pareil.

 

[V-3 : Ayano, Hideto, Takemura : Iruma Asayi, Razan Masayuki] Ayano, de retour, fait remarquer que le message doit en outre être un peu plus précis, sans doute, que ce à quoi Hideto avait tout d’abord songé. Dire que « les conditions de l’assaut seront idéales à l’aube » est trop flou – outre qu’au fond ils n’en ont pas vraiment de garantie … Pour elle, il faut au moins signaler que c’est l’affaiblissement des troupes d’Iruma Asayi qui facilitera la sortie des hommes de Razan Masayuki : il faut parler de l’empoisonnement – ou au moins, de manière plus sibylline peut-être, inciter les assiégés à surveiller de près l’état physique des assaillants. Takemura l’approuve – d’autant que c’est moins « forcer la main » des assiégés. Tous se mettent enfin d’accord sur le message suivant :

 

La Griffe est là. Surveillez l’affaiblissement des troupes, et attaquez au moment propice.

 

[V-4 : Ayano, Takemura, Yasumori, Hideto : Razan Masayuki] Reste la question de la signature… C’est alors que Takemura et Yasumori se souviennent de ce que le sabre maudit a une autre particularité qui pourrait peut-être être transmise via le message, sous la forme d’un dessin cryptique : les gouttes de rosée qui décorent la lame, très caractéristiques – en forme d’ « imperfections délibérées » témoignant d’un grand art et d’un goût très sûr… Sans doute peut-on y voir une sorte de schéma, en tant que telle reproductible. Mais Yasumori reste toujours sur sa crainte d’un Razan Masayuki trop à cheval sur les principes… Et l’idée de mentionner trop précisément le sabre maudit ne l’enchante guère – quelle pourrait bien être la réaction du seigneur d’Ashiga Tomo ? Impossible de le déterminer à l'avance... Elle préfère se passer du dessin des gouttes de rosée. Takemura est d’un avis totalement opposé : c’est une question d’authenticité ! Sans signature d’une manière ou d’une autre, le message sera nul et non avenu. Mais Yasumori n’en démord pas : ça revient à les « accuser »… Et, dans l’hypothèse où leur plan ne fonctionnerait pas, ils ne seraient pas suspects de la moindre entourloupe s'ils s'abstenaient de signer… Hideto aurait plutôt tendance à rejoindre Takemura… Mais, ne parvenant pas à se mettre tous d’accord, ils décident en fin de compte de s’en tenir au seul symbole de la griffure noire.

 

[V-5 : Ayano, Hideto] Ayano, plus apte à l’écriture que les autres, rédige le message – mais ce n’est pas exactement une merveille de calligraphie, et le dessin de la griffure noire est un peu hasardeux… Mais le message est prêt : Hideto est chargé de le faire parvenir aux assiégés.

 

VI : LA VIPÈRE FRAPPE ENCORE

 

[VI-1 : Hideto, Ayano] D’ici-là, cependant, Hideto doit s’entendre avec Ayano sur la meilleure manière d’empoisonner le camp. Il prépare ses potions – de quoi affaiblir un contingent qui commence à devenir significatif, et qui sera accablé de fièvre et de diarrhées. Ayano, cette fois, prend bien soin de déterminer avec Hideto le dosage approprié pour que le poison agisse au mieux.

 

[VI-2 : Hideto, Ayano] Qui cibler ? Si c’est possible… En fait, on ne peut guère se montrer très précis en l’espèce – sinon en ce qui concerne le commandement. Hideto s’en prendrait bien aux sentinelles, mais c’est trop aléatoire, impossible à cibler précisément. On peut peut-être, par contre, s’en prendre à telle ou telle aile de l’armée… Yasumori n’est pas contre l’idée de s’en prendre au commandement, outre la troupe – Ayano suppose qu’elle devrait pouvoir le faire, au regard de la configuration du campement. L’eau est une fausse piste, par contre : sans doute y a-t-il des réserves, mais le lac en fournit l’essentiel…

 

[VI-3 : Ayano : Kuzuri Hideto] Ayano retourne donc aux cuisines, au crépuscule ; elle s’en prend tant à la troupe qu’au commandement – avec une grande prudence. Elle suit les instructions de Hideto, et suppose que le poison devrait donc avoir un effet significatif le lendemain.

 

VII : COURRIER RECOMMANDÉ

 

[VII-1 : Takemura, Hideto] Takemura avait prévenu Hideto, sur le point de partir pour faire passer le message aux assiégés, que la partie du camp au sud-est abritait les troupes les plus compétentes, et qu’il valait donc mieux éviter de passer par-là ; le sentier à l’ouest, longeant le lac, est sans doute parcouru par des patrouilles, mais pourrait être un meilleur choix – à condition de ne pas se montrer trop suspect…

 

[VII-2 : Hideto] Passé minuit, Hideto fait un détour, en partant d’abord dans la forêt au sud, pour rejoindre enfin le sentier à l’ouest et le lac, en contournant barricades et patrouilles. C’est le début de l’hiver : il ne compte certainement pas faire trempette… et doit de toute façon livrer un message rédigé sur une feuille de papier.

 

[VII-3 : Hideto] Pas de barques aux alentours, cependant – pour en trouver une, il faudra sans doute longer la côte pour atteindre un des villages de pêcheurs qui n’ont pas été évacués en raison du siège ; là-bas, trouver une barque sera sans doute tout à fait plausible. Mais c’est une longue marche – de deux ou trois heures. Cependant, arrivé sur place, il trouve bien des barques, et peut en subtiliser une sans attirer l’attention des villageois.

 

[VII-4 : Hideto] Hideto doit maintenant ramer jusqu’aux abords de la forteresse… ce qui prend à nouveau beaucoup de temps, et l’épuise. L’aube ne s’est pas encore levée, cependant, quand il arrive aux abords d’Ashiga Tomo. Par chance, cela se vérifie : il n’y a pas vraiment de dispositif naval mis en place par les assiégeants – rien du moins qui lui nuise dans l’immédiat, d’autant que la nuit le dissimule encore.

 

[VII-5 : Hideto] Hideto approche sa barque des quais – il va maintenant lui falloir tirer à l’arc, une flèche enrobée du message… depuis une barque plus ou moins stable, et de nuit. Et il n’a pas droit à l’erreur ! Il s’applique autant que possible, faisant appel à toutes ses ressources, malgré sa fatigue. C’est une réussite – il le sait, s’il n’a pu suivre la descente de la flèche : tout indique qu’elle a bien atterri dans la forteresse.

 

[VII-6 : Hideto : Iruma Asayi] Hideto doit maintenant s’éloigner… et, déjà fatigué, ramener la barque ou l’abandonner à distance suffisante de la forteresse lui prendra nécessairement du temps, plus encore – le soleil sera levé depuis longtemps quand il aura enfin l’occasion d’abandonner la barque loin des yeux des hommes d’Iruma AsayiHideto décide de ramer vers l’est. Il laisse enfin la barque dans un endroit éloigné de tout, et essaye de la camoufler avec des branches – sans grande réussite tant la fatigue l’accable. Épuisé, Hideto est aussi isolé – loin de ses camarades, dont il ignore le sort… Il cherche un abri ; non loin se trouve une hutte de pêcheur abandonnée, à la lisière d’un hameau délaissé par ses habitants à cause de la guerre – l’endroit devrait être relativement sûr… Il décide de rester là quelques heures – et cède bientôt au sommeil.

VIII : SOLEIL LEVANT

 

[VIII-1 : Takemura, Yasumori, Ayano : Kuzuri Hideto] Takemura, lui, n’arrive pas à dormir ; il attend le retour de Hideto… bien trop longtemps ; l’apothicaire ne revient décidément pas, ce qui inquiète le vieux soldat – la fatigue le gagne, mais la nervosité la compense. Yasumori et Ayano, elles, se sont reposées. Mais Yasumori se réveille avant l’aube. Elle s’interroge – notant par ailleurs l’absence de Hideto, qui l’incite à réveiller Ayano : peut-être a-t-il été fait prisonnier… Faut-il filer avant que le soleil ne se lèvre ? La malédiction du sabre a sans doute tué quelque soldat… Et peut-être vaudrait-il mieux qu’ils soient à bonne distance du camp, si les assiégés doivent tenter une sortie. Mais le départ très matinal de cette jeune noble qui avait attiré tous les regards ne passerait certainement pas inaperçu ! Ayano en fait la remarque… Peut-être d’ailleurs Yasumori devrait-elle se rendre à la tente du commandement pour signaler son départ ? Elle le suggère d’elle-même ; mais c’est assez paradoxal… Takemura est dubitatif – surtout si l’on doit envisager la possibilité que Hideto ait été capturé. Ayano suppose qu’ils n’ont guère le choix, du fait de la malédiction, et doivent s’en remettre au destin – dans l’espoir que Hideto soit libre. Yasumori se résigne. Ils restent sur place pour le moment – et feront ultérieurement leurs adieux en bonne et due forme.

 

[VIII-2 : Yasumori] Ils attendent donc, jusqu’à neuf heures environ – une heure acceptable pour quitter le campement. Yasumori s’adresse à un officier de liaison pour qu’il en informe le commandement : la situation à Ashiga Tomo étant ce qu'elle est, elle empêche Yasumori et « son père » de consulter les archives de la forteresse ; ils reviendront quand l’affaire se sera décantée.

 

[VIII-3 : Takemura, Yasumori, Ayano : Iruma Asayi, Kuzuri Hideto] Mais il y a une ambiance… pas tout à fait normale, dans le camp ; un peu trop calme, peut-être ? Ils ne parviennent pas vraiment à mettre le doigt dessus – même Takemura, qui a veillé, mais que la fatigue n’a pas rendu très vigilant. On les regarde peut-être d’un œil méfiant… Yasumori s’en rend bien compte. Mais que faire ? Tout autre comportement serait suspect : ils doivent se rendre à la tente d’Iruma Asayi, comme prévu. En route, Ayano constate, à quelques signes éloquents, que le poison a sans doute fait son effet. La troupe ne se montre pas hostile – mais Ayano perçoit bien, cette fois, qu’on les remarque tous, et non plus uniquement Yasumori ; par ailleurs, on remarque aussi sans doute l’absence de HidetoAyano fait part de ce constat et de ses craintes : l’attention s’est soudain portée sur eux ! Yasumori espère que la malédiction n’a pas tué un officier – voire Iruma Asayi lui-même !

 

[VIII-4 : Yasumori : Iruma Asayi, Iruma Katsumasa] Ils parviennent devant la tente du commandement – et le comportement des gardes laisse entendre qu’ils étaient en fait attendus… Les gardes ne semblent pas malades. Mais, à l’intérieur, des toux et gémissements se font entendre… Ils entrent dans la tente. Les officiers sont rassemblés ; certains, parmi eux, sont visiblement malades – dont Iruma Asayi lui-même, très pâle, mais pas son fils Katsumasa, qui fixe clairement les « invités ». Mais, surtout, sur une table dressée au centre, destinée en temps normal à accueillir les cartes militaires, se trouve un cadavre – qui présente les stigmates constatés chez toutes les victimes de la malédiction : l’homme vêtu de noir s’est noyé dans son sang tandis que ses veines ont éclaté de part en part… L’assistance fixe les intrus – sans rien dire : les officiers attendent visiblement que Yasumori et sa suite fassent le premier pas.

 

[VIII-5 : Yasumori : Iruma Asayi, Iruma Katsumasa] Yasumori affiche un air apeuré et choqué à ce spectacle – comme si elle n’avait jamais vu de cadavre. Elle n’est pas très convaincante, sa réaction avait quelque chose de brusqué, et elle s’en rend compte un peu tard… Asayi s’est levé pour s’avancer, mais a aussitôt chancelé ; son fils Katsumasa, d’une main sur son épaule, l’incite à s’asseoir, et s’avance à sa place vers Yasumori – son regard est clairement hostile. Yasumori bredouille ce qu’elle comptait dire au commandement, et donc son intention de s’en aller ; ses remerciements quant à l’hospitalité des soldats font froncer les sourcils de Katsumasa… Qui ne dit toujours rien, mais incite Yasumori, d’un geste de la tête, à poursuivre. Il s’avance encore, la main sur le sabre…

 

IX : LA SORTIE

 

[IX-1 : Yasumori, Takemura, Ayano : Iruma Katsumasa] C’est alors que retentit, à l’extérieur, un grand hurlement, suivi bien vite de nombreux autres ! Katsumasa, l’air stupéfait, regarde de gauche et de droite en tendant l’oreille, ignorant ce qui se passe. Mais tous devinent rapidement la raison de ce chambard : les instructions braillées par les soldats révèlent bien vite que les hommes de Razan Masayuki font une sortie ! Yasumori, dès lors, n’a plus qu’une envie en tête : fuir ! Takemura fait signe à ses compagnons de se rassembler dans un coin de la tente, autour de lui – qu’ils se fassent discrets, et saisissent une opportunité de quitter les lieux quand on ne leur prêtera pas attention. Ayano obéit au vieux soldat, Yasumori ne l'attend pas.

 

[IX-2 : Takemura : Iruma Asayi, Iruma Katsumasa] Iruma Asayi redresse la tête, et commence à donner des instructions : il a repris le commandement, aussi faible soit-il. Katsumasa n’en est peut-être que plus furieux, et dégaine son sabre en hurlant : « Traîtres ! » Il s’avance vers Takemura – le combattant de la petite bande, à l’évidence… Mais les gardes, eux, semblent plutôt vouloir rejoindre la bataille, et ne prêtent finalement guère d’attention aux personnages.

 

[IX-3 : Ayano, Takemura, Yasumori : Iruma Katsumasa] Ayano adresse un regard paniqué à Takemura, puis s’empresse de suivre Yasumori dehors. Takemura fait face à Katsumasa, mais n’est pas désireux de se battre avec le noble devant ses officiers… Ayano et Yasumori ayant quitté la tente, il recule à son tour, désireux de couvrir leur fuite. Mais la fatigue l’accable – et il sait que Katsumasa arrivera sur lui avant qu’il ait eu l’occasion de quitter la tente… Takemura dégaine le sabre maudit.

 

[IX-4 : Yasumori, Takemura : Razan Masayuki] Yasumori a quitté la tente, mais garde un œil sur Takemura à l’intérieur. Yasumori recule encore et tente de se mettre à couvert – mais rien de très utile à cet effet à portée… Sous le coup de la panique, elle ne parvient pas à trouver à s’abriter. Le brouhaha permanent révèle cependant un autre aspect de la situation : une bruyante cavalcade – la sortie de Razan Masayuki se fait à dos de cheval. Mais la sortie de la tente est orientée vers le sud, l’assaut a lieu au nord : impossible de voir les attaquants pour l'heure.

 

[IX-5 : Ayano] Ayano tente d’accroître la panique par de fausses informations et des hurlements intempestifs, sans succès : c’est déjà le chaos, on ne lui prête pas la moindre attention.

 

[IX-6 : Yasumori] Yasumori, ne trouvant pas où se cacher, décide d’user d’une autre technique : à l’aide de ses dagues, elle entreprend de rompre les cordes soutenant la tente du commandement ; mais elles sont solides, cela prendra du temps… Elle trouve cependant un endroit peut-être un peu plus faible, et se concentre dessus.

 

[IX-7 : Takemura : Iruma Katsumasa, Iruma Asayi] Katsumasa, furieux, se jette sur Takemura – et mise tout sur l’attaque, sans faire le moindre cas de sa défense. Takemura adopte la posture exactement inverse : il s’en tient pour l’heure à la défense, aussi esquive-t-il sans problème l’assaut de Katsumasa – qui n’est pas incompétent, mais que la colère aveugle… Takemura se montre assuré, sa mise et ses gestes témoignent de son expérience. La bataille se poursuit, mais impossible pour l’heure de déterminer son cours. Le fils d’Iruma Asayi, obnubilé par la haine, multiplie encore les assauts imprécis mais violents ; Takemura s’en tient toujours à sa posture défensive : le jeune noble n’est pas une menace. Takemura lui dit de se calmer – et de regarder son arme…

 

[IX-8 : Ayano : Iruma Katsumasa] Ayano tente de ramasser de la neige pour la projeter dans les yeux de Katsumasa – qui est cependant toujours en mouvement… Elle n’arrive à rien.

 

[IX-9 : Yasumori] Yasumori est par contre dans une mauvaise posture [échec critique]. Alors qu’elle s’acharne sur l’armature de la tente, elle ne remarque pas un soldat jaillissant dans son dos, qui l’attrape par les épaules et la projette à terre – le samouraï plein de haine a trouvé une victime toute désignée de sa colère, et ne la lâchera pas de sitôt… Arme dégainée, il s’apprête à la planter comme un insecte !

 

[IX-10 : Ayano, Yasumori] Ayano seule n’est pas engagée dans un combat ; mais elle dégaine son tanto, et se jette sur le soldat s’en prenant à Yasumori, sans vraiment prendre garde à assurer sa défense : elle veut compter sur la surprise et la rapidité pour vaincre l’homme, tandis que la jeune fille, elle, se concentre sur sa protection, dans cette situation très menaçante… Ayano n’est pas vraiment une guerrière ; son assaut porte, mais le samouraï n’en est pas le moins du monde affecté, sa lame glisse sur l'armure de sa cible… Cependant, le soldat, surpris par l’assaut d’Ayano autant que par les réflexes défensifs de Yasumori, ne fait pas lui non plus de dégâts. Yasumori joue cependant à la faible femme en détresse…

 

[IX-11 : Takemura : Iruma Katsumasa] Takemura continue de ne faire que se défendre face à un Katsumasa toujours aussi brutal… et toujours aussi imprécis : que Takemura refuse le combat ne fait qu’accroitre sa colère – c’est une insulte ! Pourtant, le vieux soldat affermit sa posture défensive – laissant croire à son adversaire qu’il ne l’attaquera toujours pas. Katsumasa est cependant trop aveuglé par sa colère pour s’en préoccuper outre mesure – déjà convaincu que son opposant se moque de lui…

 

[IX-12 : Ayano : Iruma Asayi, Razan Masayuki] Ayano, très vive, attend le meilleur moment pour agir ; elle comprend, par ailleurs, et sans être une spécialiste des champs de bataille, que l’assaut tourne à la faveur des assiégés : les hommes d’Iruma Asayi, malades pour certains d’entre eux, et surpris par la sortie inopinée des troupes de Razan Masayuki, commencent à perdre du terrain – la panique aggravant de minute en minute leur position.

 

[IX-13 : Takemura : Iruma Katsumasa] Katsumasa multiplie les assauts furieux et vains contre un Takemura qui se tourne enfin vers l’offensive – usant de l’élan de son adversaire, il tente de lui infliger une botte incapacitante ; il ne parvient pas à lui faire tant de dégâts que cela, mais Katsumasa est tout de même blessé au bras gauche – et il en est très surpris.

 

[IX-14 : Yasumori, Ayano] Yasumori évite la plupart des coups que le samouraï lui porte – mais sa comédie ne l’affecte en rien. Il parvient enfin à percer sa défense, et blesse la jeune fille. Mais Ayano profite de ce que le guerrier est concentré sur Yasumori pour passer derrière lui, et tente de lui griffer les yeux – sans succès.

 

[IX-15 : Iruma Asayi, Razan Masayuki] Il n’y a plus maintenant le moindre doute sur la tournure de la bataille : des fuyards d’Iruma Asayi dépassent les personnages, se ruant vers la forêt au sud, tandis que les cavaliers de Razan Masayuki les poursuivent à l’aide de leurs montures. Du coup, les personnages sont maintenant au cœur de la bataille.

 

[IX-16 : Yasumori, Takemura : Katsumasa] Yasumori, toujours à terre, change de stratégie, et essaye de jeter son tanto dans le visage de son assaillant – elle le blesse un peu plus : son aptitude au combat en est affectée, ses coups ne portent pas, du sang lui coule dans les yeux. De son côté, Katsumasa, emporté par son élan, trébuche et tombe aux pieds de Takemura

 

[IX-17 : Ayano, Takemura : Iruma Katsumasa] Ayano, quant à elle, redoutant l’arrivée de la bataille, cherche à se planquer dans un endroit où elle ne risquera pas de passer entre les pattes des chevaux. Très alerte, elle y parvient – mais, de toute façon, la bataille est gagnée... Elle remarque autre chose – un samouraï dont l’armure est tout particulièrement rutilante, qu’elle suppose être le chef des cavaliers. Il s’est arrêté, laissant ses hommes poursuivre les fuyards, et a pris le temps d’observer les combats devant la tente de commandement. Maintenant que l’issue en est largement décidée, il avance, sur le dos de son cheval, d’un pas lent, en direction de Takemura – qui tranche alors la main droite de Katsumasa… Le jeune homme hurle de douleur ; il ne fait plus guère de doute qu’il ne se remettra pas de ses blessures…

 

[IX-18 : Takemura, Ayano : Iruma Asayi, Razan Masayuki] D’autres samouraïs ont rejoint le commandant, et s’approchent eux aussi de Takemura. Ayano, la plus à même d’observer la scène, comprend qu’ils sont peut-être intrigués avant tout par le katana maudit… Le commandant, de deux gestes de la main, fait signe à deux de ses officiers de pénétrer dans la tente – ce qu’ils font aussitôt ; ils en ressortent bientôt avec Iruma Asayi, malade et stupéfait, qu’ils jettent à terre devant le cheval de celui que l’on suppose bien être Razan Masayuki

 

À suivre…

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