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CR Imperium : la Maison Ptolémée (24)

Publié le par Nébal

Nofrera Set-en-isi

Nofrera Set-en-isi

Vingt-quatrième séance de ma chronique d’Imperium.

 

Vous trouverez les éléments concernant la Maison Ptolémée ici, et le compte rendu de la première séance . La séance précédente se trouve ici.

 

Tous les joueurs étaient présents, qui incarnaient donc Ipuwer, le jeune siridar-baron de la Maison Ptolémée, sa sœur aînée et principale conseillère Németh, l’assassin (maître sous couverture de troubadour) Bermyl, et le Docteur Suk, Vat Aills (toutefois, le joueur incarnant ce dernier a dû s’absenter assez tôt, et n'a du coup que très peu joué).

 

I : RÉGLER LA QUESTION

 

[La séance s’est ouverte sur une vision augurale de Németh – mais pas en direct : j’en avais fourni le texte à la joueuse seulement, et quelques minutes à peine avant le début de la séance, délibérément. Je reproduis ce texte ici – sachant donc que seule Németh était alors au courant ; toutefois, elle a plus tard, dans cette séance et la suivante, expliqué sa vision à d’autres personnages, PJ et PNJ.]

 

Où que tu te trouves, tu as une absence – mais pour te rendre dans un endroit que tu connais bien.

 

C’est Memnon, la ville des scientifiques, des artistes, des intellectuels. La ville aux si nombreux monuments – et des monuments de bon goût, aux antipodes de la pompe fastueuse de Cair-el-Muluk. Elle resplendit sous tes yeux. Le ciel est beau, la lumière parfaite, la température est agréable, rien des chaleurs oppressantes habituelles à Gebnout IV : le temps idéal pour faire un peu de tourisme.

 

Et c’est ce que tu fais – mais d’une manière dont tu perçois l’étrangeté sans pouvoir rien y faire… Tes cinq sens réagissent bel et bien à ta situation, mais le spectacle évoque plutôt un film qu’une véritable présence sur place : si l’image est aussi belle, c’est parce qu’elle est d’une certaine manière mise en scène – et tu passes d’un monument à l’autre comme le ferait le spectateur d’un film, un documentaire bien léché mais qui n’en est pas moins promotionnel, destiné à l’édification du touriste potentiel : il faut lui donner envie de venir, et de dépenser.

 

Tu es cette spectatrice, sinon cette touriste. La sensation n’est d’ailleurs pas désagréable – les complots qui t’obsèdent tant ces derniers jours semblent bien lointains…

 

Puis tu vois Ipuwer. Il se tient debout près d’une colonnade : un modèle attendant d’être photographié par quelqu’un qui n’est pas venu ici que pour les vieilles pierres. Impossible de lui parler, et lui-même ne dit pas un mot. Il a l'air plus renfermé que jamais.

 

La nuit tombe, insidieusement – tu n’es pas en mesure d’appréhender le passage du temps.

 

Puis tu avances, mais toujours avec cette impression d’être dans un film – c’est comme si tu suivais une caméra en vue subjective, maintenant. C’est toujours Memnon – tu le supposes – mais pas la Memnon des monuments. Plutôt une sorte de riche quartier résidentiel – oui, tu crois t’en souvenir, tes fonctions t’ont amené à y rendre visite à quelques artistes fortunés ou scientifiques généreusement rémunérés par des entreprises florissantes.

 

Impossible, cela dit, de reconnaître un itinéraire précis – d’autant que le mouvement s’accélère, au point de ne même plus entretenir cette illusion d’humanité : vue subjective ou pas, tu sais que ce n’est pas toi qui progresse, mais que tu assistes à un film. Toujours plus vite...

 

Et le mouvement s’interrompt d’un seul coup, brusquement. Tu es dans un bâtiment, impossible à identifier. Il fait noir. Tu reviens à l’illusion de participer à la scène, et tu allumes la lumière, d’un geste instinctif.

 

À tes pieds, le cadavre égorgé et éventré de Linneke Wikkheiser, baignant dans son propre sang.

 

II : PRÉDISPOSITIONS FAMILIALES

 

[II-1 : Németh, Ipuwer : Ludwig Curtius ; Labaris Set-en-isi, Bermyl] Nous sommes le lendemain matin, par rapport à la conclusion de la précédente séance. Németh souhaite s’entretenir avec Ipuwer – qui a certes livré de frénétiques parties de chéops avec Labaris Sen-en-isi la veille au soir, mais il fait en sorte d’avoir un emploi du temps un peu plus responsable depuis son retour à Cair-el-Muluk. Il ressent néanmoins une certaine fatigue : à son entraînement d’escrime quotidien, où Németh le rejoint, Ipuwer se montre des plus médiocre, et son maître d’armes Ludwig Curtius ne cache pas son mécontentement (et peut-être même une certaine inquiétude ?) ; Ipuwer lui-même n’était de toute façon pas satisfait de sa performance… « Un jour sans ; ça arrive. ». Németh n’est guère plus à l’aise : elle a l’impression qu’il fait étonnamment chaud dans ce palais pourtant conçu pour protéger ses occupants du climat agressif de Gebnout IVIpuwer, quand il voit sa sœur entrer dans la pièce, dit à Curtius, en riant, que c’est là la raison de sa fatigue : des réunions de travail en permanence ! Le maître d’armes ne rit pas, lui – mais n’ose rien dire, se contentant de frémir de la moustache ; il adresse même un regard à Németh, en rien hostile, mais qui évoque une forme de connivence à Ipuwer… Et il réagit à sa manière habituelle : « J’ai raté un épisode entre vous deux, ou quoi ? » Toujours en riant. Curtius, un peu gêné, s’empresse de ranger le matériel… Németh, dans un soupir, lâche à Ipuwer qu’elle n’a pas le temps pour ces enfantillages – elle a l’air un peu énervée et mal à l’aise, et se plaint notamment de cette horrible chaleur… qu'Ipuwer ne ressent pas le moins du monde, mais il n'en fait pas état. Németh insiste : ils ont à discuter. Et à l’ombre ! Ipuwer acquiesce, et invite Németh à le suivre dans ses propres quartiers – en usant des protocoles mis en place par Bermyl pour se protéger des oreilles indiscrètes.

 

[II-2 : Németh, Ipuwer : Taestra Katarina Angelion, Bermyl, Dame Loredana] Németh veut faire le point. Elle dit à Ipuwer qu’elle compte s’entretenir de nouveau avec la Révérende-Mère Taestra Katarina Angelion – pour évoquer notamment avec elle la question des « ressuscités » à la lumière des dernières informations de Bermyl, et savoir ce qu’il en est au juste de l’activité de la Missionaria Protectiva sur Gebnout IV. Ipuwer l’approuve – revenant sur la suggestion de leur mère, Dame Loredana, de « compter leurs alliés ». Ipuwer suppose que les Atonistes pourraient en faire partie. Mais il n’est pas au fait de tous les rapports – qui s’accumulent dans son bureau… Il va préparer son séjour à Memnon, et repenser le rôle de la police sur Gebnout IV ; par ailleurs, il compte optimiser les forces armées de la Maison Ptolémée pour faire face à toute éventualité – il est bien plus à l’aise dans ce domaine « martial » que dans tout autre, Németh le sait, et ça lui convient très bien.

 

[II-3 : Németh, Ipuwer : Linneke Wikkheiser, Dame Loredana] Mais la question du voyage à Memnon intéresse tout particulièrement une Németh quelque peu agitée – et qui, depuis un certain temps déjà, est proprement obnubilée par la présence sur place de Linneke Wikkheiser, après l’incident diplomatique les ayant impliquées toutes deux… et une de ses premières visions depuis que son potentiel de Presciente s’est révélé – celle de la matinée n’ayant fait qu’appuyer encore un peu plus sur cette obsession. Németh hésite… puis décide de se confier : Ipuwer n’est pas un imbécile, sans doute sait-il qu’elle s’est mise à consommer de l’épice ? D’où ce qu’elle qualifiait alors de « rêves », en fait des « visions », et pour le moins troublantes. Ipuwer est passablement stupéfait, mais laisse Németh poursuivre sans lui couper la parole. Cette réaction n’échappe bien sûr pas à Németh : Ipuwer la prendrait-il pour une folle ? Non, non… Il est surpris, c’est tout – mais, à la réflexion, il suppose que cela n’est pas si étonnant : leur mère, la relation ambiguë de Németh au Bene Gesserit… Même si pour Németh il n’y a pas d’ambiguïté : elle n’a jamais voulu avoir de lien avec le Bene Gesserit, elle n’a pas voulu du conditionnement, et elle se méfie de longue date de l’ordre, dont elle n’a jamais suivi les consignes, explicites ou implicites. Németh concède à regret qu’elle avait peut-être des prédispositions, mais n’en démord pas : elle n’a rien à voir avec les sœurs, et ne veut rien avoir à faire avec elles... même s'il lui faut donc revoir Taestra Katarina Angelion ; ça tombe mal... Mais elle n'a fait que suivre les conseils de Dame Loredana ! Et elle peut ainsi aider la Maison Ptolémée ! Ipuwer est sceptique : aider la Maison Ptolémée ? Deux légions de plus, voilà ce qui serait vraiment utile…

 

[II-4 : Németh, Ipuwer : Linneke Wikkheiser, Labaris Set-en-isi, Ludwig Curtius, Bermyl, Elihot Kibuz] Qu’importe : Németh l’affirme, Linneke Wikkheiser à Memnon est un souci de taille, et il est très important qu’Ipuwer s’y rende pour « régler la question ». Ipuwer va préparer tout cela au plus tôt. Il espère faire mieux que ce matin à l’épée… Et Németh, chose rare, se montre alors taquine : peut-être ses dons d’escrimeur cèdent-ils la place à des talents… intellectuels ? « Au sens diplomatique », la reprend Ipuwer avec un sourire. Il sait n’être pas plus doué pour l’hypocrisie que pour les bons mots… Il partira – accompagné par Labaris Set-en-isi (Németh fronce un peu les sourcils, sans rien dire…) et Ludwig Curtius, en guise de garde rapprochée en laquelle il aurait pleinement confiance : Bermyl a bien trop de travail, ses services sont vérolés, et Elihot Kibuz n’est certainement pas fiable…

 

[II-5 : Ipuwer, Németh : Linneke Wikkheiser, Bermyl, Ai Anku] Mais Ipuwer demande alors à Németh de confirmer que ce sont bien ses « visions » qui l’enjoignent à agir ainsi, concernant Linneke Wikkheiser ; c’est bien le cas… Il y a cependant autre chose : les rapports fournis par les services de Bermyl à Memnon, dont Németh ne se satisfait pas – au point à vrai dire où la colère et l’impatience percent sous sa dignité et sa contenance habituelles. Ces rapports demeurent en effet évasifs, trop à son goût : Linneke Wikkheiser est donc à Memnon – dans un quartier résidentiel plus ou moins bohême, en fait avant tout luxueux ; les artistes y sont nombreux, en quête de mécènes, et les scientifiques aussi – mais ceux qui travaillent, contre forte rémunération, pour des entreprises de pointe, pas exactement les académiciens typiques de l’Université engagés dans la recherche fondamentale. Linneke Wikkheiser a rencontré beaucoup de monde depuis son arrivée sur place – artistes et scientifiques, donc (dont aussi des chercheurs de l’Université, cette fois, parmi lesquels Ai Anku, seul nom qui évoque véritablement quelque chose à Németh et Ipuwer) ; elle n’a cependant pas un rôle particulièrement actif autrement – mais ces entretiens semblent d’une certaine manière « professionnels » plutôt que « mondains ». Cependant, on n’en connait pas le contenu exact… On ne lui connait pas d’autres occupations, et elle ne sort guère de sa résidence, où elle reçoit à longueur de journées.

 

[II-6 : Németh, Ipuwer : Linneke Wikkheiser] Németh insiste : rien dans leurs faits et gestes ne doit trahir les « hostiles desseins » qu’ils ont envisagés à l’encontre de Linneke Wikkheiser – qui a cependant de toute évidence prévenu Wikkheim de ce qui s’était passé à Cair-el-Muluk. À vrai dire, si Németh ne s’étend pas sur la question, l’idée rapidement évoquée quelque temps plus tôt d’un poison qui rendrait folle l’arrogante courtisane lui plait énormément…

III : OÙ SONT LES MOUCHARDS ?!

 

[Cette séance était un peu particulière, dans la mesure où il nous est apparu préférable d’aménager une ellipse permettant à la chronique d’avancer plus radicalement – les précédentes séances ayant plus ou moins été au jour le jour. Dans cette optique, j’ai demandé aux PJ, le cas échéant, de m’expliquer quelles « actions longues » ils entreprenaient sur la durée d’une semaine environ ; c’est le cas dans ce chapitre focalisé sur Bermyl.]

 

[III-1 : Bermyl : Elihot Kibuz, Namerta, Ipuwer, Németh] Bermyl est obsédé par l’idée d’être suivi. Plusieurs alertes, ces derniers jours, l’en ont convaincu – et ça angoisse profondément le maître assassin, qui a l’impression d’être battu sur son propre terrain ! L’idée que ses propres services étaient compromis, via Elihot Kibuz probablement, était déjà en soi inquiétante… Mais, pour Bermyl, la surveillance exercée par les « ressuscités », et Namerta parmi eux, est encore un cran au-dessus : ils semblent toujours savoir, avec un temps d’avance, ce qu’il fait et où il va ! Aussi, au fil de ces journées particulièrement incertaines, Bermyl entreprend avec méticulosité de repérer des mouchards qu’on aurait pu lui coller, sur les objets qu’il emploie au quotidien, notamment – balisette incluse. Il y passe beaucoup de temps… Mais non, rien. Ce qui ne le rassure pas : ses ennemis ont alors un réseau, dans tout Cair-el-Muluk, peut-être au-delà ! Des informateurs derrière chaque fenêtre ! Et Bermyl adresse un rapport dans ce sens à ses supérieurs, Ipuwer et Németh.

 

[III-2 : Bermyl] Mais les investigations de Bermyl ne s’arrêtent pas là – quand bien même il doit composer avec la loyauté douteuse de ses services. Il entreprend autant que possible de les reprendre en main, et d’en optimiser les capacités… mais sans vraie certitude que cela soit très efficace.

 

IV : DES CARTES ET LA MÉTHODE

 

[Actions longues là aussi, pour une ellipse d’une semaine.]

 

[IV-1 : Vat Aills : Armin Modarai ; Hanibast Set, Elihot Kibuz, Thema Tena] Le Docteur Suk Vat Aills a décidé de se rendre sur le Continent Interdit, dans la région du Mausolée, pour déterminer si l’intuition du Conseiller Mentat Hanibast Set se vérifierait – la présence sur place permettrait de mieux comprendre les cartes autrement très cryptiques des Atonistes de la Terre Pure. Il compte se rendre là-bas accompagné de son garde du corps Armin Modarai – qu’il avait un temps confié à Elihot Kibuz pour « faire sa formation » (en fait l’espionner…), mais, ces derniers temps, il avait supposé que l’adjoindre au Pèlerinage Perpétuel de Thema Tena pourrait être plus utile… Le Docteur Suk prépare son voyage avec attention, durant les deux jours qui suivent, puis embarque pour le Mausolée.

 

[IV-2 : Vat Aills : Sabah] Arrivé sur place, Vat Aills se met aussitôt au travail, et étudie méticuleusement les cartes de Sabah – cet ensemble complexe où bien des méthodes de cartographie se mêlent, indiscernables quand on n’a pas la clef, mais qui ont forcément une logique, un sens, qu’il s’agit de déterminer. Cela fonctionne un peu comme une grammaire, d’une certaine manière… C’est un travail harassant, impliquant une concentration de tous les instants ; mais les connaissances du Docteur Suk en planétologie et son sens de l'observation lui sont d’un précieux secours… et son travail avance en fait plus rapidement qu’il ne le pensait ! Effectivement : être sur place change la donne – le système n’est pas encore percé à jour, mais il commence à faire sens, au point de devenir concrètement utilisable.

 

V : FEMMES DE POUVOIR

 

[V-1 : Németh : Taestra Katarina Angelion ; Dame Loredana] Németh convoque dans ses jardins la Révérende-Mère Taestra Katarina Angelion – qui est toujours au Palais, et ne s’en est que rarement absentée depuis son arrivée ; elle ne s’est jamais signalée à Németh, mais est disposée à lui parler – ou plus exactement à lui répondre, car elle laisse l’initiative à la sœur du siridar-baron. Németh lui parle de ses entretiens avec Dame Loredana, et ne doute pas que la Révérende-Mère aura bien des choses à lui apprendre. La vieille femme n’en doute pas non plus, et, sans autre préalable, engage Németh à lui parler de ses visions. Németh baisse la tête, mais elle savait très bien qu’elle ne pouvait rien lui cacher à cet égard… Elle se dit étonnée de cette évolution soudaine, et des mécanismes en jeu, qu’elle ne comprend pas très bien. Bien sûr, Taestra Katarina Angelion insiste sur le fait que ce potentiel était en elle, qu’elle l’accepte ou non : l’épice n’a pas provoqué la Prescience, elle lui a seulement permis de s’exprimer. Le don était là – et puissant, suppose-t-elle. Németh suppose quant à elle que cela pourrait expliquer l’intérêt du Bene Gesserit pour sa lignée…

 

[V-2 : Németh : Taestra Katarina Angelion] La tâche n’est guère aisée pour Németh, qui ne sait pas comment narrer ses visions. Peut-être la Révérende-Mère en sait-elle déjà quelque chose ? Non : elle ne sait rien du contenu des visions de Németh, et veut les apprendre de sa bouche. Németh essaye, à reculons : elle a vu l’avenir de la Maison Ptolémée – suppose-t-elle ; son rôle central, aussi, et elle ne nie pas que cela la flatte, elle qui n’a jamais voulu se conformer à l’étiquette de son sexe et de son rang, et a toujours eu davantage d’ambitions. La Révérende-Mère lui adresse un sourire terriblement carnassier (mais pas menaçant)... Németh sait aussi que la question dépasse la seule Maison Ptolémée, comme la Révérende-Mère le lui avait dit… et elle est convaincue qu’elle y jouera sa part – que c’est inévitable et nécessaire. Et Taestra Katarina Angelion, dont le sourire, de manière très improbable, est devenu plus carnassier encore, intervient, cette fois : « Le talent… L’ambition… Une morale passablement pragmatique… Vous auriez fait une excellente Révérende-Mère… » Mais qu’elle aille au fait : ses visions !

 

[V-3 : Németh : Taestra Katarina Angelion ; Linneke Wikkheiser] Németh parle enfin de Linneke Wikkheiser, qui l’obsède ; elle a fait l’objet de plusieurs visions, semblant toutes, à leur manière, témoigner de ce qu’elle est une menace pour la Maison Ptolémée. Il y a eu cet incident diplomatique… La Révérende-Mère le sait. Németh confesse qu’avoir envisagé une alliance avec une Maison si puissante, en raison d’affinités philosophiques supposées, était une erreur – un trop gros morceau. Taestra Katarina Angelion ne la contredit pas. Mais, puisque Németh renâcle à lui dévoiler le contenu exact de ses visions, la Révérende-Mère entend attirer son attention sur quelques faits, indépendamment : déjà, oui – Linneke Wikkheiser est une menace pour la Maison Ptolémée, un danger considérable, colossal même ; mais cela ne concerne que la Maison Ptolémée : ses pires ennemis, que Németh n’ose semble-t-il pas évoquer, constituent une menace de bien plus grande ampleur – et il serait temps que Németh réfléchisse véritablement à ses priorités. Németh dit que c’est qu’elle craignait une alliance entre Linneke Wikkheiser et ses autres ennemis… La Révérende-Mère la reprend sèchement : « Dame Németh, vous ne croyez pas un mot de ce que vous venez de me dire. » Németh se crispe : son invitée insinuerait-elle que son obsession pour Linneke Wikkheiser et la diplomatie de la Maison Ptolémée obscurcirait son jugement ? « Parfaitement. » Mettre la Wikkheiser au premier plan de ses ennemis est absurde. Un adversaire clairement identifié, quand des ennemis bien plus dangereux restent dans l’ombre ? Son expérience la rend formelle : c’est tout au plus une diversion. Németh baisse la tête, résignée.

 

[V-4 : Németh : Taestra Katarina Angelion ; Linneke Wikkheiser] Németh parle cependant de ses deux visions impliquant Linneke Wikkheiser – elle en rapporte le contenu, cette fois : dans la première, Linneke Wikkheiser plaidait avec fougue devant le Landsraad ; dans la seconde, elle était morte, sur Gebnout IV. Taestra Katarina Angelion hausse les sourcils : elle paraît surprise, et cela n’arrive pas tous les jours… Elle a même l’air hésitante ! Puis elle répond : « Je suppose que… cela doit être une question de temporalité… Mais vous vous rendez bien compte… que ces deux futurs sont à première vue incompatibles ? » Németh s’en rend compte, oui ; n’est-ce pas que le futur change en fonction de leurs actes ? La Révérende-Mère émet un faible et guère convaincu « oui »… « Mais, d’une manière ou d’une autre, ce qui est vu doit arriver. Même des visions incompatibles en apparence, les deux sont vraies. » Elle réfléchit, rumine en baissant la tête… Németh insiste sur cette question complexe : les deux visions doivent donc se réaliser ? La Révérende-Mère suppose qu’il y a deux possibilités : soit Linneke Wikkheiser plaide devant le Landsraad, puis, pour une raison ou une autre, revient sur Gebnout IV et y meurt, soit elle meurt d’abord sur Gebnout IV, et, d’une manière ou d’une autre, parvient cependant ensuite à plaider devant le Landsraad. Németh suppose que cela ne serait pas la première fois, dans cette affaire, que des morts ressusciteraient : le Bene Tleilax a déjà fait usage de cette technologie… La Révérende-Mère acquiesce : c’est effectivement possible – et c’est dans cette hypothèse, et seulement celle-là, qu’il pourrait y avoir un véritable lien entre « l’ennemie secondaire » qu’est Linneke Wikkheiser et les « ennemis primaires » à l’échelle de l’Imperium… Mais ça n’en est que plus inquiétant.

 

[V-5 : Németh : Taestra Katarina Angelion ; Namerta, Clotilde Philidor] Németh admet qu’il lui faut expliquer également ses autres visions. La première montrait son père Namerta régnant de nouveau – et cette vision avait d’une manière ou d’une autre été provoquée par Clotilde Philidor. Mais Taestra Katarina Angelion sait que Clotilde Philidor est dotée de puissantes facultés de Prescience ; peut-être la confrontation de leurs deux esprits tournés vers l’avenir a-t-elle suscité cette vision – et ainsi servi, outre le régime d’épice, de catalyseur de la Prescience active de Németh ? Un simple réflexe spirituel, alors ? Peut-être… Németh se demande néanmoins si Clotilde Philidor pourrait à son tour constituer une menace ; la Révérende-Mère n’y croit pas – à tout prendre, elle pourrait peut-être même constituer une alliée de poids… Mais elle n’a guère réfléchi à la question, et va la réévaluer à la lumière de ces nouveaux développements. Németh lui demande si la jeune femme est liée d’une manière ou d’une autre au Bene GesseritTaestra Katarina Angelion répond que non – et sans son masque habituel : Németh est convaincue de sa sincérité à ce propos.

 

[V-6 : Németh : Taestra Katarina Angelion ; Ipuwer, Clotilde Philidor, Anneliese Hahn] Németh ajoute que son frère Ipuwer semble étrangement plus séduit par cette jeune fille effacée, que par la bretteuse intrépide Anneliese Hahn… La Révérende-Mère, sur un ton bizarrement badin, suppose que c’est parce que les contraires s’attirent, et peuvent même s’avérer complémentaires. Est-ce si étrange ? Concernant Anneliese Hahn, Taestra Katarina Angelion doute à vrai dire qu’un homme tel qu’Ipuwer, avec tous ses défauts, trouverait un véritable intérêt à s’unir avec lui-même… et ce même s’il n’est peut-être pas tout disposé à l’accepter. Ceci étant, elle n’est pas là pour discuter affaires matrimoniales, même si, du fait de ses fonctions, cela lui arrive bien sûr plus qu’à son tour.  Les amourettes ne l’intéressent de toute façon guère – et elles ont plus important à traiter.

 

[V-7 : Németh : Taestra Katarina Angelion ; Ipuwer, Taa, Vat Aills, Nofrera Set-en-isi] Németh a une dernière vision à confier – portant sur les secrets du Continent Interdit, sur lesquels elle entend donc lever le tabou (décision prise à la suite de leur précédent entretien). La Révérende-Mère ne réagit pas : Németh comprend que c’est parce que tout ceci, pour elle, tient de l’évidence. Németh lui parle cependant de la colossale tempête de sable – entraperçue également par Ipuwer en excursion avec Taa, puis par Vat Aills depuis l’orbite de la planète. Pour Németh, cela traduit l’implication de la Guilde dans cette affaire. Elle comprend par ailleurs que sa vision, cette fois, avait un caractère plus ou moins métaphorique – avec cette tempête de sable jaillissant dans l’espace et envahissant l’Imperium entier… La Révérende-Mère avait eu quelques échos concernant cette tempête – mais sans doute fallait-il que la Maison Ptolémée l’appréhende d’elle-même. Ce n’est bien sûr pas un phénomène climatique normal, et c’est évidemment destiné à cacher quelque chose – or elle ne sait pas comment pénétrer à l’intérieur. Mais, oui, la Guilde, tout ou partie, est forcément impliquée. Németh dit qu’elle travaillera sur le phénomène avec la planétologue (climatologue et océanologue) Nofrera Set-en-isi.

 

[V-8 : Németh : Taestra Katarina Angelion] Németh demande alors des précisions à la Révérende-Mère concernant le rôle de la Missionaria Protectiva sur Gebnout IV – mais il n’y a pas forcément grand-chose de plus à dire depuis leur dernier entretien : oui, le Bene Gesserit se livre sur la planète à une sorte de « guerre d’ingénierie religieuse » depuis plusieurs millénaires ; oui, les Atonistes de la Terre Pure sont à la base une pure création du Bene Gesserit ; non, ils n’ont pas besoin d’une formation spéciale et d’une technologie de pointe pour concevoir leurs cartes du Continent InterditTaestra Katarina Angelion revient sur l’idée d’une « grammaire ».

 

[V-9 : Németh : Taestra Katarina Angelion ; le Vieux Radamès] Et concernant les « ressuscités » ? Oui, le Bene Gesserit avait « suggéré » à Németh de se renseigner sur le Vieux Radamès – et peut-être cette suggestion a-t-elle été fatale au « ressuscité », d’ailleurs… Il était une « tentative » de reprendre la mainmise dans cet affrontement d’ingénierie religieuse – un échec, en définitive. Peut-être est-il encore possible de semer la zizanie dans les rangs des « ressuscités », mais il faut alors trouver un autre pion, et la situation risque de se répéter… Mais oui : Németh peut compter sur le soutien de la Missionaria Protectiva – laquelle agit dans l’ombre, cependant.

 

[V-10 : Németh : Taestra Katarina Angelion] Mais, au moment où Németh semblait sur le point de lui donner congé, Taestra Katarina Angelion baisse un instant la tête, puis l’interpelle : « Vous avez fait usage du Tarot de Gollam… » Ce n'est pas une question. Németh le confirme. Et cela lui a-t-il apporté quelque chose ? Qu’en pense-t-elle ? Le Bene Gesserit a l’air de jouer un rôle important… Oui, à l’évidence. Mais encore ? Németh ne comprend pas tout… mais admet que ce tirage l’a plutôt réconfortée : il est possible de faire quelques choses, ils peuvent trouver des alliés, elle a un rôle à jouer ! La Révérende-Mère ne répond pas, et l’entretien s’arrête là, sur les remerciements de Németh.

VI : POLICE PARTOUT

 

[Actions longues, puis entretien plus détaillé.]

 

[VI-1 : Ipuwer : Kiya Soter, Bekenamen, Apries Auletes, Seken-en-ra Sebek] Avant de se rendre à Memnon, Ipuwer entend mettre en œuvre un plan pour optimiser les facultés des forces armées de la Maison Ptolémée en ces temps troublés. Or, en ces matières qui parviennent à l’intéresser, Ipuwer s’avère un gestionnaire et un stratège étonnamment compétents ! Sur la base notamment des écueils qu’il avait pu constater lors de son séjour au Mausolée du Continent Interdit, et en un temps record, il sait prendre les bonnes décisions, très pointues le cas échéant, pour améliorer drastiquement les capacités militaires de la Maison – ou, plus exactement, pour en user au mieux, sans davantage de dépenses ou d’opérations de recrutement.

 

[Concrètement, sur la base des excellents jets d’Ipuwer, la valeur de Guerre de la Maison Ptolémée ne change pas, restant à son niveau relativement faible de 2, mais il a bel et bien atteint l’optimum en matière d’organisation, ce qui, le cas échéant, pourra apporter des bonus non négligeables aux actions militaires de la Maison ; par ailleurs, Ipuwer a ainsi amélioré ses relations avec les autorités militaires de Gebnout IV, tout particulièrement les généraux Kiya Soter (général en chef) et Bekenamen (commandant en chef des troupes d’élite) – le cas du chef de la police, Apries Auletes, est un peu différent (du fait de sa corruption notoire), et Ipuwer va longuement s'entretenir avec lui ; enfin, les Maisons mineures mercenaires ne sont naturellement pas directement sous le contrôle d’Ipuwer, mais, si la turbulente Maison Arat, forcément, ne change pas d’attitude face à cette nouvelle politique, on peut supposer que Seken-en-ra Sebek prend au moins davantage au sérieux le jeune siridar-baron qui ne semblait jusqu’alors briller que par son incompétence.]

 

[VI-2 : Ipuwer : Apries Auletes ; Kiya Soter, Ngozi Nahab] Ipuwer convoque Apries Auletes au Palais de Cair-el-Muluk – le chef de la police monte aussitôt à bord d’un ornithoptère à Heliopolis, où se trouvent ses bureaux. Une fois sur place, il est reçu un peu froidement par Ipuwer, dans le bureau protégé de ce dernier – qui n’a jamais apprécié l’officier corrompu, mielleux, dégoulinant, aux gestes et aux paroles « ralentis » par l’abus de zha… Cela tient même de la répulsion, à ce stade. Ipuwer ne s’en montre que plus formel, et très « boulot boulot » : il n’a pas du tout la même relation avec lui qu’avec Kiya Soter, notamment. Ils font le point sur les statistiques en matière de maintien de l’ordre et de répression ; aussi répugnant soit-il, Apries Auletes n’a rien d’un incompétent – et il sait s’occuper de la sédition de manière brutale, mais ciblée et pertinente. Ipuwer sait par contre que ses rapports concernant la Maison Nahab et son chef Ngozi sont biaisés…

 

[VI-3 : Ipuwer : Apries Auletes ; Bahiti Arat, Németh] Mais Apries Auletes a fait du bon travail, globalement – sachant notamment gérer les zélotes de la Maison Arat à Heliopolis, après les incidents au campement des Atonistes de la Terre Pure ; ce qui l’a amené à s’intéresser plus en détail aux activités de la Maison mineure à Nar-el-Abid, son fief – il ne va pas jusqu’à parler de sédition, mais met par contre l’accent sur les dissensions internes des Arat : Bahiti Arat a probablement perdu du pouvoir, tandis que la faction mettant l’accent sur le rôle d’Isis, mais voyant Németh dans ce rôle, a gagné en influence – et l’idée progresse dans leurs rangs, que le meilleur mariage, pour Ipuwer, serait avec sa propre sœur… Bahiti Arat, dépossédée, a dû bien malgré elle calmer le jeu – mais, en fanatique incontrôlable, elle ne s’est pas privée de dire que, en tant que « marraine des sciences », probablement hostile au Culte Épiphanique du Loa-Osiris, Németh n’a rien d’une Isis « souhaitable ». Pour Apries Auletes, la menace constituée par la Maison Arat est en tout cas pour l’heure « négligeable ». Ipuwer remercie le chef de police pour son efficacité dans l’affaire d’Heliopolis.

 

[VI-4 : Ipuwer : Apries Auletes ; Soti Menkara, Ra-en-ka Soris, Ngozi Nahab] Et concernant Soti Menkara ? Pas grand-chose à dire… Il est notoire qu’elle s’est « rapprochée » de Ra-en-ka Soris pour « faire face » à la Maison Nahab (Apries Auletes sait très bien qu’il est compromis à ce propos aux yeux d’Ipuwer, et ce dernier « sait qu’il sait »). Il est constant, par ailleurs, qu’elle s’active bien plus qu’elle ne le prétend…

 

[VI-5 : Ipuwer : Apries Auletes ; Ngozi Nahab] Ipuwer avance par ailleurs que les rapports du chef de la police ne prennent pas en compte tout ce qui constitue le « marché invisible » de Gebnout IV, crucial pour la Maison Ptolémée, et qui a brassé de grosses sommes ces dernières années – mais Apries Auletes ne répond pas. Plus franchement, Ipuwer lui demande de « transmettre ses excuses pour le dérangement occasionné » à la Maison Nahab – il dit savoir que Ngozi Nahab a toujours été « un vassal dévoué »… Apries Auletes a compris, et transmettra le message.

 

[VI-6 : Ipuwer : Apries Auletes ; « Lætitia Drescii »] Ipuwer rappelle enfin à Apries Auletes qu’il y a une urgence, pour ses services de police : mettre la main sur la fausse « Lætitia Drescii », dont il a un portrait dans son bureau. De bons résultats seront dûment récompensés – mais le chef de la police n’a rien à dire à ce sujet.

 

VII : NÉMETH ET LES SAVANTS

 

[Deux entretiens synthétisés.]

 

[VII-1 : Németh : Taharqa Finh] Németh s’entretient avec l’historien et archéologue Taharqa Finh sur les effets de la levée de l’interdit sur le Continent Interdit. Mais la politique, il s’en moque, ce n’est pas son rayon – que ça passe au mieux avec le Culte Officiel, il s’en fout totalement (et n’a rien d’un diplomate…) : tout ce qui l’intéresse, c’est d’aller sur le terrain (ce qu’il a déjà fait en secret, il le laisse entendre, mais à la lisière seulement du Continent Interdit, et les conditions étaient mauvaises pour accomplir un vrai bon travail…). Németh lui propose de faire partie d’une première expédition « officieuse » sur place ; il accepte bien sûr avec enthousiasme.

 

[VII-2 : Németh : Taharqa Finh] Pense-t-il quand même quelque chose à propos des « ressuscités » ? Ça ne l’intéresse pas vraiment – il vit dans le passé… Par ailleurs, ce n’est pas un sujet discuté en public, par les médias, etc. : il y a bien quelques rumeurs dont il a eu vent, mais guère plus… Ces rumeurs l’ont vaguement intéressé, ceci dit, à la réflexion il ne le nie pas – mais dans la mesure où il pouvait les lier à ses recherches historiques ; il travaille sur les origines du Culte Épiphanique (ce qui ne plait pas aux autorités religieuses, forcément…), et sa dimension animiste originelle, ainsi que ses aspects vaudous : pour lui, c’est là la véritable origine de cette foi – le culte autour d’Osiris ne s’y est agrégé que plus tard, et, depuis, la propagande du Culte Officiel n’a eu de cesse de « diminuer » la dimension vaudou de la religion pour mettre l’accent sur sa dimension « égyptienne ». En ce sens, d’une certaine manière, les « résurrectionnistes » donnent raison à l'historien – il pourrait disserter des heures sur les zombies, etc., mais dans une perspective historique. À l’en croire, la « déviance résurrectionniste » est donc une forme de fondamentalisme – et il sait très bien que le fondamentalisme s’accompagne souvent de fanatisme ; toutefois, ce fondamentalisme-là est original, et a quelque chose de clairement subversif, en cassant l’image du « roi et maître », du dieu « gouvernemental » accaparant tous les pouvoirs… Il semble ne pas vraiment se rendre compte de ce que cette thèse ne servirait pas forcément les intérêts de son interlocutrice ! Mais il peut tenir un discours du même ordre concernant les Atonistes de la Terre Pure… Ce qui donne à Németh ample matière à réflexion, et elle n’y est pas indifférente, mais rien de concret.

 

[VII-3 : Németh : Taharqa Finh] Németh se demande toutefois si l’historien sait ce qu’il en est de l’activité de la Missionaria Protectiva sur la planète… Les échanges sont alors imprégnés de non-dits, d’où ressort l’idée que Taharqa Finh n’est pas dupe : l’apparition spontanée des cultes (le Culte Épiphanique dont il est spécialiste, mais aussi les autres, postérieurs), il n’y croit guère – il y a forcément eu des manipulations en sous-main… Mais, là encore, il s’en tient à la perspective historique, il ne saurait pas faire un cours de « politique religieuse » pour « ici et maintenant ». Németh trouve ces échanges passionnants (et l’enthousiasme du chercheur, au-delà de son image bourrue, est contagieux dès lors qu’il traite de ce qui l’intéresse vraiment), mais n’en tire rien de « pratique », pour l’heure du moins. Toutefois, elle ne doute pas, et le lui dit, qu’il sera d’une grande utilité dans les jours qui viennent – son expérience du désert pouvant d'ailleurs être un atout supplémentaire.

 

[VII-4 : Németh : Nofrera Set-en-isi ; Abaalisaba Set-en-isi, Taharqa Finh] Németh, peu après, reçoit également l’océanologue et climatologue Nofrera Set-en-isi – par ailleurs la cousine d’Abaalisaba Set-en-isi, historien, juriste, diplomate, un des meilleurs atouts de la Maison Ptolémée, avec qui Németh a déjà planifié un autre entretien, sans doute crucial. Nofrera, ainsi que Taharqa Finh, accepte bien sûr elle aussi de faire partie de l’expédition sur le Continent Interdit.

 

[VII-5 : Németh : Nofrera Set-en-isi] Mais Németh lui parle sans plus attendre de la grande tempête de sable du Continent Interdit ; cette révélation ne semble pas spécialement étonner la chercheuse, peut-être même en avait-elle une vague idée auparavant – le point essentiel étant que le climat de Gebnout IV est largement remodelé par les satellites de la Guilde : un phénomène pareil, dans un contexte aussi contrôlé, n’a évidemment rien de naturel, et la Guilde y a forcément sa part – ou une faction de la Guilde, elle n’en sait rien. Plus globalement, Németh lui demande si l’on peut deviner un « grand dessein » dans l’activité climatique de la Guilde – par ailleurs, elle sait que Nofrera n’est pas exactement techno-progressiste, appartenant à une mouvance plutôt écologiste ; mais c’est une bonne scientifique, qui sait par ailleurs très bien que, sans les satellites de la Guilde, Gebnout IV serait proprement invivable… Elle doit donc toujours composer avec les agissements de la Guilde. Mais elle a une crainte : que la Guilde en fasse trop… En fait, cela peut rejoindre sa vague hostilité aux projets d’aménagements fluviaux dont Németh avait fait son cheval de bataille : les deux femmes savent très bien qu’elles ne peuvent tout simplement pas s’entendre sur ce genre de questions… Reste que Nofrera apprécie l’harmonie, l’équilibre : dans un environnement complexe et largement artificiel, la moindre petite modification peut avoir un impact colossal… En fait, sans dire ouvertement les choses – car on ne se montre guère expansif sur des sujets pareils –, elle fait comprendre à Németh ses craintes : sur Gebnout IV, la Guilde contrôle l’écosystème… et peut donc en faire ce qu’elle veut – autrement dit, elle a le doigt juste au-dessus du bouton rouge : c’est seulement qu’il s’agit d’une « bombe climatique », et non d’une bombe atomique… Mais la Guilde dispose donc assurément des moyens de rendre la planète inhabitable – et très vite… La Guilde pourrait ainsi agir délibérément : l’écologie de Gebnout IV dépend d’une volonté ; et c’est donc une menace, directe. Németh lui demande si elle a eu des contacts avec la Guilde, mais pas vraiment – pas avec les instances qui comptent, en tout cas. La Guilde, avance Németh, aurait cependant tenté de la recruter… Nofrera ne nie pas avoir été approchée – par ailleurs, sans être prétentieuse, elle n’a aucun doute sur sa grande compétence… Oui, peut-être a-t-on voulu la recruter, et pour qu’elle se taise ; mais ça n’a rien donné. Ils n’ont pas insisté – en fait, ils ont pris dès lors le parti de l’indifférence : ils la laissent parler, sans jamais lui répondre – elle n’est rien pour les Navigateurs

 

[VII-6 : Németh : Nofrera Set-en-isi ; Thema Tena] Et concernant ses rapports, plus ou moins notoires, avec les Atonistes de la Terre Pure ? Nofrera ne nie pas avoir rencontré Thema Tena à plusieurs reprises, et correspondre avec elle. Mais elle ne se considère pas comme une « religieuse » – elle est trop scientifique pour cela, même si elle est en même temps un peu conservatrice. Mais elle respecte le mouvement des Atonistes. Quand Németh lui suggère de faire office de « diplomate » auprès d’eux, elle ne refuse pas, mais avance qu’elle ne serait pas d’une grande utilité en l’espèce… Autant aller voir directement Thema Tena – et ce, ajoute-t-elle avec un petit sourire de connivence, même si la vieille femme protestera comme d’habitude de son insignifiance, prétendant qu’elle n’est qu’une pèlerine parmi tant d’autres… Dans les faits, c’est bien sûr différent. Mais que penseront-ils de l’ouverture du Continent Interdit ? Nofrera réagit un peu comme Thema Tena qu’elle moquait à l’instant : qui est-elle pour le dire ? Mais, plus sérieusement, les Atonistes se moquent de toute façon déjà de l’interdit… Pour eux, ça ne changera pas grand-chose. À la réflexion, Nofrera suppose que cela pourrait peut-être en ennuyer certains, en fait – il s’agit d’ouvrir à d’autres leur terrain de jeu privé, après tout… À l’évidence, Thema Tena ne raisonne pas ainsi – mais d’autres, peut-être…

VIII : CELLULES MORTES

 

[Entretien synthétisé.]

 

[VIII-1 : Bermyl : Taho] Au cours de la semaine, Bermyl trouve à s’entretenir avec son meilleur agent, Taho. La question du réseau de surveillance déployé par leurs ennemis l’obsède : pour lui, c’est vraiment la question du « contrôle de la ville ». Taho a pu commencer à identifier un semblant de réseau, oui : les « ressuscités » ont, classiquement, une organisation en cellules, qui rend d’autant plus difficile l’appréhension globale du problème. Chaque cellule est centrée sur un « ressuscité » d’une certaine expérience : les « ressuscités » semblent d’abord vivre en petites communautés, puis, une fois « au point », ils essaiment dans la ville pour former leurs cellules et attirer des fidèles.

 

[VIII-2 : Bermyl : Taho ; Namerta, Ipuwer] Il y a eu d’autres apparitions de Namerta, par ailleurs. Mais Taho n’y voit toujours pas une dimension proprement séditieuse – tout au plus, on raille Ipuwer à la manière du « café du commerce »… Ce que Bermyl lui-même avait d’ailleurs constaté. Taho suppose néanmoins qu’il y a eu une évolution – au sens où ce comportement devient de plus en plus la norme : il était déjà répandu avant, mais cela s’accroit probablement. Mais pas d’activité séditieuse autrement. Taho fait d’ailleurs une remarque : l’affaire avait débuté avec « l’attentat », même seulement verbal, d’un fanatique lors de la Grande Fête d’Osiris – mais il n’y a pas eu d’autres comportements du genre depuis, pas le moindre. C’était vraiment un acte isolé – semble-t-il une décision individuelle.

 

[VIII-3 : Bermyl : Taho] La « déviance résurrectionniste » s’est cependant développée, mais pour l’essentiel à Cair-el-Muluk – à Memnon comme à Nar-el-Abid, le mouvement semble avoir du mal à s’installer ; pour des raisons totalement différentes, le cas échéant – et même si Memnon, en tant que foyer d’idées nouvelles, semblait à la base jouer un rôle autrement plus important dans cette histoire ; rien de surprenant par contre à ce que le mouvement ne parvienne guère à prendre pied à Nar-el-Abid, ville sainte verrouillée par le Culte Officiel, la Maison Menkara et la Maison Arat… Par ailleurs on n’a pas trouvé la moindre trace de cette foi nouvelle à Heliopolis. Il est plus difficile de le dire en ce qui concerne les agglomérations fluviales, mais Cair-el-Muluk semble bel et bien constituer désormais le cœur de ce culte « hérétique », et surtout dans ses quartiers pauvres.

 

[VIII-4 : Bermyl : Taho ; Nadja Mortensen] Et Taho a-t-il eu vent d’activités d’agents de la Maison Corrino ? D’autres ont-ils été identifiés, en dehors de la seule Nadja Mortensen ? Non… Même s’il ne fait aucun doute qu’il y en a. En fait, dans cette situation de crise, et la troubadour impériale ayant probablement fait remonter les informations, il est très probable que l’Empire ait envoyé sur Gebnout IV des agents incognito – et des bons, pas du genre à être démasqués si facilement… Par ailleurs, Nadja Mortensen a donc bel et bien quitté la planète, le lendemain de sa discussion avec Bermyl, mais n’est semble-t-il pas rentrée depuis.

 

[VIII-5 : Bermyl : Taho ; le Vieux Radamès] Bermyl revient une dernière fois sur les « ressuscités » : y a-t-il eu d’autres événements du type de l’assassinat du Vieux Radamès ? Des indices peut-être de dissension au sein même de la « branche résurrectionniste » ? Même réponse que pour le scandale au Sanctuaire : pour ce que Taho en sait, c’est là aussi un fait unique.

 

IX : UNE SEMAINE PLUS TARD…

 

[IX-1] [L’ellipse a lieu ici – d’une semaine. Je fais un petit bilan de ce qui s’est passé entretemps, en dehors des seules actions des PJ déjà entrevues au cours de la séance.]

 

[IX-2 : Hanibast Set] [Ce n’est pas encore parfaitement au point, mais le Conseiller Mentat Hanibast Set a commencé à récupérer : cette pause et les soins attentifs qu’il a reçus lui ont permis de reprendre pied. Le Gel du Mentat l’affecte encore, mais sa situation s’améliore et il devrait pouvoir retourner à son travail prochainement.]

 

[IX-3 : Linneke Wikkheiser, Ai Anku] [De manière plus ambiguë, à Memnon, Linneke Wikkheiser a poursuivi ses entretiens, et visiblement noué des liens avec Ai Anku – elles se sont en tout cas vues à plusieurs reprises. Par ailleurs, la Wikkheiser semble commencer, doucement – mais cela ne fait que confirmer qu’elle entend rester encore quelque temps sur Gebnout IV – à développer une activité plus « mondaine ». Ce n’est pas encore tout à fait un discours propagandiste voire séditieux, mais ça commence à y ressembler un peu…]

 

[IX-4 : Németh : Cassiano Drescii, « Cassiano Drescii », Lætitia Drescii] [Cassiano Drescii reste le plus souvent au Palais. Il est bel et bien un écrivain, désormais – il ne donne pas du tout l’impression d’une pose à cet égard, à la différence de l’imposteur précédemment accueilli au Palais. Il est aussi profondément sympathique, à la différence de ce dernier… et sans doute aussi des souvenirs ambigus qu’en avait conservé Németh ? Il a changé... en mieux ! Sa femme Lætitia est des plus discrète, et ne quitte guère le Palais – où elle passe son temps à lire… ou à prétendre de le faire, car elle ne parvient visiblement pas à se concentrer ; à l’évidence, elle s’ennuie profondément…]

 

[IX-5 : Clotilde Philidor, Anneliese Hahn] [C’est un peu la même chose pour Clotilde Philidor, dont l’ennui se lit sur le beau visage. Quant à Anneliese Hahn, elle a continué quelque temps de « s’amuser » avec les gardes du Palais de Cair-el-Muluk, mais l’ennui la gagne elle aussi, elle sort plus souvent du Palais, voire effectue quelques séjours ailleurs sur Gebnout IV.]

 

[IX-6 : Iapetus Baris] [Sur la lune de Khepri, les gardes d’élite envoyés pour « protéger » le marché-franc et garder un œil sur les activités qui s’y déroulent font remonter l’information que Iapetus Baris, le Représentant de la Guilde, a reçu la visite d’émissaires de son ordre – deux Navigateurs. Mais impossible d’en dire plus, pas même de déterminer si c’est « exceptionnel ».]

 

[IX-7 : Ipuwer : Labaris Set-en-isi] En retrouvant Labaris pour qu’ils partent ensemble à destination de Memnon, Ipuwer, jovial, répond enfin à sa question : « Mon cher Labaris, j’ai réfléchi… Le pire ennemi de la Maison Ptolémée ? Je crois que c’est nous-mêmes ! »

 

À suivre…

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