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"Confusion Is Sex (Plus Kill Yr. Idols)", de Sonic Youth

Publié le par Nébal

Confusion-Is-Sex.jpg

 

SONIC YOUTH, Confusion Is Sex (Plus Kill Yr. Idols)

 

Tracklist :

 

01 – (She’s In A) Bad Mood

02 – Protect Me You

03 – Freezer Burn / I Wanna Be Your Dog

04 – Shaking Hell

05 – Inhuman

06 – The World Looks Red

07 – Confusion Is Next

08 – Making The Nature Scene

09 – Lee Is Free

10 – Kill Yr. Idols

11 – Brother James

12 – Early American

13 – Shaking Hell (Live)

 

Bon, allez, finalement, je vais me la faire, cette rétrospective Sonic Youth. Mais avec un double avertissement au préalable : déjà, pour avoir farfouillé, il ne me sera pas toujours possible de vous donner des extraits vidéos (ou alors il faudra passer par des lives, on verra bien) ; ensuite, je ne vais pas prétendre à l’exhaustivité : c’est qu’en l’espace d’environ trente ans, le groupe a eu le temps d’enregistrer une discographie pour le moins conséquente, et que je suis loin de tout avoir, notamment pour ce qui est des albums expérimentaux, pas les plus évidents à se procurer… À l’heure où j’écris ces lignes, le programme est donc le suivant : Confusion Is Sex (Plus Kill Yr. Idols) ; Bad Moon Rising (+ Flower – Halloween – Satan Is Boring – Echo Canyon) ; EVOL ; Sister ; Daydream Nation ; Sonic Death. Sonic Youth Live, Early Sonic ; Goo ; Dirty ; Experimental Jet Set, Trash And No Star ; Washing Machine ; A Thousand Leaves ; Silver Session For Jason Knuth ; Sonic Nurse ; Rather Ripped ; The Destroyed Room. B-Sides And Rarities ; Andre sider af Sonic Youth. Roskilde Festival d. 1 Juli 2005 ; The Eternal. Ouf. Ça fait quand même du boulot, mine de rien. (EDIT : depuis, j'en ai rajouté...) 

 

Adonc, Sonic Youth. Le groupe apparaît à New York, en pleine scène No Wave, dans la foulée de Teenage Jesus & The Jerks, James Chance & The Contortions, Mars, D.N.A. ou encore Glenn Branca, auprès duquel les guitaristes Thurston Moore et Lee Ranaldo ont fait leurs premières armes. C’est la rencontre avec la bassiste/guitariste Kim Gordon qui décide de la formation du projet, qui voit se succéder dans ses premières années une théorie de batteurs, avant de se fixer définitivement avec l’arrivée de Steve Shelley à ce poste (mais nous n’en sommes pas encore là). Quant au chant, il est partagé par Moore, Ranaldo et Gordon, ce que j’ai toujours trouvé éminemment sympathique.

 

Le groupe commence par se signaler lors de concerts épiques en 1981-1982 (dont témoignera en partie Sonic Death), bien représentatifs de l’esprit du temps : il ne s’agit pas tant de jouer bien (si tant est qu’on sache jouer…) que de jouer fort et de sortir des bruits bizarres de ses guitares, de livrer une musique atonale et sans concessions, bref, de pousser l’esprit punk jusqu’à ses ultimes limites. Glenn Branca (encore lui) s’intéresse aux performances de ces terroristes sonores, et les incite à enregistrer un premier EP, intitulé simplement Sonic Youth (avec Richard Edson de Konk à la batterie).  Suivra bientôt le premier « vrai » album : ce sera le légendaire Confusion Is Sex, en 1983 (avec à la batterie Jim Sclavunos de Teenage Jesus & The Jerks), album depuis réédité en compagnie de l’EP suivant, enregistré en tournée, Kill Yr. Idols (cette fois avec Bob Bert à la batterie).

 

Le résultat ? Un album très sombre et expérimental, atonal, parfois furibard, souvent glauque. Pas du tout représentatif de ce que fera Sonic Youth par la suite, entendons-nous d’ores et déjà là-dessus. Mais néanmoins fort intéressant.

 

L’album commence très fort et très bien avec l’excellent « (She’s In A) Bad Mood », avec ses guitares en intro et en fond sonnant vaguement comme un gamelan (ce qui revient souvent sur l’album). Une basse lourde laisse le champ libre aux déflagrations soniques des guitares. Le résultat est imparable, et, par exception, bien que d’une noirceur peu coutumière du groupe, annonciateur de certains titres ultérieurs. Une introduction parfaite pour l’album, en tout cas.

 

Suit le fragile et glauquissime « Protect Me You », où Kim Gordon prend le, euh, le « chant ». Un morceau répétitif et oppressant, d’une très grande efficacité. Là encore, la guitare ne sert guère qu’à bruiter, le peu de mélodie du morceau ne provenant que de la basse, bien secondée par la batterie.

 

Après quoi l’on passe à « Freezer Burn / I Wanna Be Your Dog », c’est-à-dire à une sorte d’introduction ambiant/indus (aujourd'hui on parlerait sans doute de drone), coupée d’un seul coup et n’importe comment pour enchaîner sur une reprise totalement hystérique et bonne à se taper la tête contre les murs du tube des Stooges. D’une puissance rare, malgré (ou à grâce à ?) un son de chiottes.

 

Puis vient le tour de « Shaking Hell », un morceau tout d’abord très nerveux, et très influencé par les piliers de la No Wave. Puis le groupe calme un peu le jeu, pour verser dans l’incantatoire, et remonter progressivement dans un crescendo plein de tension. Très bon.

 

« Inhuman » s’ouvre sur du bruit à l’état pur, puis poursuit dans une veine là encore très typée No Wave. Efficace, rien à redire.

 

« The World Looks Red » s’inscrit lui aussi assez clairement dans cette lignée, avec tout autant de réussite.

 

J’avoue cependant y préférer des morceaux plus lents et atonaux, comme le très lourd (du moins dans un premier temps) « Confusion Is Next » qui suit. Finalement, les oreilles en prennent un peu plus pour leur grade, mais délicieusement, et l’ambiance est fabuleuse. Très autistique, celui-là. Jusqu’à l’accélération finale, dans un déluge de bruit. Et c’est bon.

 

Suit « Making The Nature Scene ». Pour une fois, un morceau – essentiellement fondée sur la basse/batterie – qui me laisse dans l’ensemble assez froid. Ce n’est pas mauvais, non, mais ça n’a rien de bien marquant non plus…

 

Et Confusion Is Sex de se conclure sur « Lee Is Free », où les guitares (?) sonnent plus que jamais comme un gamelan. Intéressant, assez fascinant même.

 

On enchaîne donc sur Kill Yr. Idols avec… « Kill Yr. Idols », un morceau très punk, où les guitares, toujours dissonantes avant tout, cherchent quand même un peu le riff – on tend à se rapprocher du Sonic Youth ultérieur, en bien plus furibard cela dit. Très bon, en tout cas.

 

Suit le très bon « Brother James », qui, là encore, témoigne d’un surprenant changement d’état d’esprit de la part des membres de Sonic Youth, qui n’approchent visiblement plus la composition de la même manière que sur Confusion Is Sex, laissant désormais aux guitares une fonction autre que celle de simplement faire du bruit.

 

« Early American », par contre, revient un peu en arrière – ce qui n’est pas forcément pour me déplaire, notez –, avec son ambiance très sombre et oppressante, et en même temps assez planante.

 

Et l’album de se conclure sur « Shaking Hell (Live) ». Voyez plus haut ; c’est pareil, mais en pire ; et donc en mieux. Miam.

 

Confusion Is Sex (Plus Kill You Idols) constitue à maints égards le chant du cygne de la scène No Wave new-yorkaise, et son génial aboutissement. Mais c’est aussi le premier véritable album d’un groupe qui n’a pas fini de faire alternativement du bien et du mal à nos oreilles. Certes, cet album-là n’est pas du tout représentatif du Sonic Youth ultérieur ; il n’en est pas moins excellent, et j’irais même jusqu’à dire – mais cela n’engage que moi – que c’est à mes oreilles un des albums les plus fascinants du groupe, qui mérité bien d’être écouté et réécouté.

 

 Pour la suite, j’aurais pu parler directement de Sonic Death, puisqu’il s’agit d’un témoignage live (et particulièrement rude…) des premières années de Sonic Youth ; mais l’album n’étant sorti qu’ultérieurement (en version CD, en tout cas...), je vais m’en tenir à la chronologie : prochain épisode, donc, Bad Moon Rising (+ Flower – Halloween – Satan Is Boring – Echo Canyon).

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Cachou 16/06/2010 21:55


J'aime beaucoup la musique, mais dès que les chanteurs (un homme et une femme, j'ai bien compris) chantent, je n'accroche plus...

Mais ça n'a rien du tout à voir avec la chanson dont je parlais ça, le type qui avait posté la chanson sur youtube a dû se tromper de groupe.


Ubik 16/06/2010 15:46


Bien bien.
Voilà de quoi me donner envie, surtout que c'est un groupe que je ne connais pas du tout, ou alors juste de nom.
Honte sur moi.


Nébal 16/06/2010 19:26



Tu es pardonné, alors.