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20th Century Boys, t. 2 (édition Deluxe), de Naoki Urasawa

Publié le par Nébal

20th Century Boys, t. 2 (édition Deluxe), de Naoki Urasawa

URASAWA Naoki, 20th Century Boys, t. 2 (édition Deluxe), [20 seiki shônen, vol. 3-4], scénario coécrit par Takashi Nagasaki, traduction [du japonais par] Vincent Zouzoulkovsky, lettrage [de] Lara Iacucci, Nice, Panini France, coll. Panini Manga – Seinen, [2000] 2014, [416 p.]

 

SUITE…

 

Suite de 20th Century Boys, avec ce deuxième volume de l’édition « Deluxe », comprenant donc les troisième et quatrième tomes de l’édition originale. En tant que tel, il n’appelle probablement pas autant de développements que le volume inaugural, ou – si j’y arrive… – le volume final. Je vais donc faire bien plus bref que d’habitude.

 

Pour mémoire, tout de même, le premier tome m’avait plutôt parlé, mais je gardais toujours dans un coin de ma tête la « menace » évoquée par nombre de camarades lecteurs, d’une évolution décevante de la série au regard de sa chouette entrée en matière, Urasawa Naoki diluant beaucoup trop son intrigue pour la faire tenir sur les 12 tomes de cette édition (ou 24 autrement…).

 

Sans surprise, cette crainte ne m’a pas lâché quand j’ai lu ce deuxième volume – et d’autant plus que je crains de commencer à voir à quoi ce travers pouvait ressembler… En effet, pour le coup, la séparation originelle en deux tomes est ici particulièrement sensible – et si le « tome 3 originel » est dans la lignée des deux premiers, et plutôt enthousiasmant, j’avoue être autrement plus sceptique concernant les développements du « tome 4 originel »…

 

LE « TOME 3 » : LE PROPHÈTE DOIT SAUVER LE MONDE

 

Mais n’allons pas trop vite : nous reprenons là où nous nous étions arrêtés, avec Kenji, échappé malgré lui de son « konbini », sa nièce sur le dos, qui se voit révéler le pot aux roses par l’intriguant clochard que l’on appelle Dieu (quoi qu’il en dise lui-même) – la redoutable et angoissante secte constituée autour du mystérieux Ami planifie la fin du monde, rien que ça, et en appliquant à la lettre le scénario apocalyptique conçu par Kenji (surtout) et ses potes quand ils étaient gamins. Et Kenji ne saurait échapper à sa responsabilité en la matière : les choses étant ce qu’elles sont, à l’évidence, lui seul sera en mesure de sauver le monde – et devra donc le faire. Car tout le monde lui colle ce rôle de « prophète » qui doit décider de l’avenir de tous – et jusqu’à son pire ennemi…

 

Mais il est difficile, pour Kenji, de trouver des compagnons de route dans cette dangereuse quête : il a certes autour de lui nombre de ses camarades de jeu d’antan, vieillis désormais, tels qu’on les avait croisés dans le premier volume – ce qui, d’ailleurs, en faisait une bonne partie de l’intérêt. Mais, en dépit de toutes les découvertes étonnantes qu’ils ont été amenés à accomplir, ensemble ou isolément, il ne se sent pas vraiment – et on le comprend – de sonner à leurs portes et de leur balancer tout de go qu’ils ont pour mission de sauver le monde… En fait, seule Yukiji, celle qui fut « la fille la plus forte du monde », pourrait le comprendre, éventuellement.

 

Or il faut agir ! La secte se montre plus meurtrière jour après jour, multipliant de par le monde les attentats « prophétisés » par Kenji enfant… C’est peut-être là, pour le coup, que se décale l’intérêt dans ce deuxième volume – il introduit une tension jusqu’alors plutôt dissimulée au travers de la longue mise en place : subitement, Kenji est frappé, à l’instar du lecteur, par un sentiment d’urgence confinant à la panique pure et simple – et, du coup, exceptionnellement (?), Urasawa Naoki… nous prend de vitesse, en avançant l’affrontement entre Kenji et Ami. Certes, nous avons encore une vingtaine de tomes à lire, cet affrontement n’a rien de « final »… Et, en tant que tel et comme de juste, il introduit en fait de nouveaux éléments, plus ou moins inattendus, qui changent encore la donne de l’aventure.

 

Ça fonctionne assez bien, globalement. Si les flashbacks enfantins se font peut-être plus rares, ils bénéficient toujours de la même saveur due à l’authenticité de ce qui est narré ; ce qui vaut aussi pour d’autres souvenirs, lesquels peuvent laisser quelques traces non négligeables dans le présent de Kenji – tout particulièrement sa carrière avortée de guitariste de rock, qui, pour être traitée par la bande, a néanmoins une certaine importance ici.

 

Mais la tension opposant Kenji et Ami, et surtout en ce qu’elle confronte au premier chef Kenji avec son insignifiance, me paraît donc constituer l’atout essentiel de ce « troisième tome ». Le thème de la secte est bien traité, débouchant même sur une jolie séance oscillant entre la comédie et l’horreur pure, quand des adorateurs fanatiques envahissent le « konbini » de Kenji à la manière de zombies façon Romero… Les « révélations » portant sur Ami fonctionnent plus ou moins bien, la plus réussie étant probablement la scène finale de l’aéroport, quand celle du « lien de parenté » fait un peu trop « presse-bouton » à mon goût. Mais globalement, ça marche…

 

LE « TOME 4 » : TOUT AUTRE CHOSE

 

Or le « quatrième tome » adopte une approche plus « presse-bouton » encore, d’une certaine manière… en changeant tout bonnement de cadre. Bye bye Kenji et ses amis d’enfance – on n’y reviendra qu’en toute fin de volume. Bye bye le Japon aussi, pour l’essentiel : l’action se décale en Thaïlande. Et qui dit Thaïlande dit putes…

 

Elles ont néanmoins leur « justicier », un Japonais chevelu qui se fait appeler « Shogun », archétype même du preux chevalier en terrain sordide, entraînement drastique par un vieux sage mystique dans la jungle inclus… Comme si on en avait fini avec les vaguement losers qui faisaient jusqu’alors l’intérêt de la série, et la secte agissant via des quidams : place à une très classique « machine à tuer », juste forcément, mais froide pour le principe – et en face, une menace toujours plus grandiloquente. Et du coup c’est d’un banal…

 

La surprise, si c’en est une, c’est l’identité du bonhomme – que Kenji découvre sans que l’on sache vraiment comment, et ce n’est pas le moindre artifice de ce tome : Shogun serait donc Otcho, le gamin futé de la bande, dont Kenji et ses autres amis avaient perdu la trace. Effet « presse-bouton » redoublé, dans la mesure où tout jusqu’alors laissait supposer qu’Otcho n’était autre qu’Ami… Il y a là quelque chose d’un peu trop mécanique pour me convaincre – d’autant que je ne serais pas plus surpris (…) que ça si l’auteur pressait encore frénétiquement, et à plusieurs reprises, ce même bouton, pour introduire du rebondissement à la hussarde…

 

Quoi qu’il en soit, « Shogun », plus encore que Yukiji, est probablement de taille, lui, à se lancer dans la quête héroïque visant à combattre Ami – ça tombe bien. Vaut mieux avoir des gros-bras, sans doute… parce que la secte, dans ses projets destructeurs, ne va de toute évidence guère tarder à faire usage de robots géants ! (Je vous la fais courte à ce propos, histoire de ne pas tout révéler non plus, hein.)

 

DES DOUTES… MAIS À SUIVRE QUAND MÊME

 

Je ne crache pas dans la soupe : même avant que Kenji ne revienne dans l’histoire, ce « tome 4 » fonctionne lui aussi, en fin de compte – mais, globalement, il me paraît un peu trop artificiel pour pleinement me convaincre, et ce d’autant plus qu’il est autrement convenu que ce qui précède – au point de ne plus rien en garder ou presque ! Et ça, pour le coup, c’est problématique – et ça renforce mes craintes pour la suite.

 

Je vais continuer quand même, hein – je devrais récupérer sous peu les volumes 3 et 4 de cette édition « Deluxe », le prochain constituant d’ailleurs, à en croire ce que j’ai parcouru çà et là, la fin d’une sorte de « premier acte »… Mais la digression « Shogun » m’amène donc à redouter quelque peu la forme que pourrait prendre un hypothétique « deuxième acte ». On verra bien

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