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Notre-Dame des Ténèbres, de Fritz Leiber

Publié le par Nébal

Notre-Dame des Ténèbres, de Fritz Leiber

LEIBER (Fritz), Notre-Dame des Ténèbres, [Our Lady of Darkness], traduit de l’américain par Guy Abadia, Paris, Denoël, coll. Présence du Fantastique, [1977, 1980] 1991, 252 p.

 

LEIBER – À VRAIMENT DÉCOUVRIR

 

Fritz Leiber est peut-être surtout connu pour « le cycle des Épées », ses récits de sword and sorcery mettant en scène Fafhrd et le Souricier Gris (que j’ai lus et globalement appréciés, même si un peu décroché sur la fin), encore qu’il puisse s’honorer aussi de belles réussites en science-fiction – Le Vagabond est souvent cité, mais, ici, je dois confesser mon ignorance (ceci étant, il n’est pas toujours évident, aujourd’hui, de mettre la main sur les œuvres du bonhomme – en français du moins). Mais il fut aussi (et peut-être d’abord ?) un grand écrivain de fantastique et d’horreur.

 

Correspondant (très) tardif de Lovecraft, il a su cependant, bien vite, tirer les meilleures leçons de ce bref échange, et ne pas s’enfermer dans de vains pastiches, afin d’explorer des routes plus personnelles. En fait, on lui doit bel et bien un certain nombre de récits que l’on peut considérer plus ou moins « lovecraftiens », semble-t-il, mais, forts de leur singularité, ils ne sauraient être enfermés dans ce sous-genre de l’horreur. S.T. Joshi, dans The Rise, Fall, and Rise of the Cthulhu Mythos, commente (et loue, pour autant que je m’en souvienne) abondamment ce pan de son œuvre ; mais il considère aussi que seule une nouvelle relativement tardive de l’auteur constitue pleinement un « pastiche lovecraftien », et par ailleurs un bon : « The Terror from the Depths », que j’ai lu et apprécié dans l’édition révisée de Tales of the Cthulhu Mythos il y a quelques mois de ça. Cette nouvelle date de 1976 – soit presque quarante ans après la mort de Lovecraft. Et, en 1977, Leiber a publié, d’abord sous forme de nouvelle, titrée « The Pale Brown Thing », un autre texte intéressant, puisant dans ce registre mais pour revenir d’autant plus à une forme d’expression personnelle ; la même année paraît une version « augmentée » de la nouvelle, étendue donc aux dimensions d’un roman, et bénéficiant sans doute d’un titre plus accrocheur (emprunté à Thomas De Quincey) : Our Lady of Darkness (Notre-Dame des Ténèbres chez nous, donc).

 

On en fait généralement une des plus belles réussites de l’auteur dans ce genre. En tout cas, j’en avais reçu des échos très favorables, et, comme cela faisait bien trop longtemps qu’il prenait la poussière dans ma bibliothèque de chevet, je me suis enfin décidé à me lancer dans ce roman. Le résultat ? Une lecture très appréciable, sans doute ; mais j’avoue être tout de même un peu déçu… Sans doute parce que les très bons échos me faisaient espérer un authentique chef-d’œuvre – mais peut-être, du coup, suis-je un peu passé à côté… Toujours est-il que j’ai trouvé le livre « bon », oui, peut-être même « très bon » (mais avec un peu moins de conviction), mais pas aussi « génial » que je le souhaitais ; satisfait sur la durée, j'ai un peu lâché l'affaire sur la fin... dont je ne sais pas vraiment que penser.

 

Ceci étant, c’est un livre très riche, et qui offre de multiples pistes de lecture ; il ne fait aucun doute que certaines m’ont échappé, d’ailleurs… Et c’est d’abord et avant tout un livre surprenant.

 

UN TON MODERNE

 

Ne serait-ce que par son ton, d’ailleurs : ce roman de 1977 « sonne », si j’ose dire, très « 1977 » ; ce qui n’avait rien de si évident pour un auteur ayant commencé à écrire quarante ans plus tôt. Mais peut-être cela témoigne-t-il d’une évolution du genre horrifique en littérature, évolution dans laquelle l’auteur a probablement eu sa part ? Au-delà de l’horreur lovecraftienne initiale, et via, disons, un Richard Matheson parallèlement, nous aboutissons à un roman, dans le cas présent, qui ne dépare pas forcément au milieu des Stephen King ayant à l'époque récemment fait leur apparition. En fait, pour le coup, certains aspects de Notre-Dame des Ténèbres m’ont beaucoup fait penser au Roi – en bien, hein.

 

Je m’égare peut-être. Reste que ce ton participe pleinement de la singularité, en fait, du roman – qui rappelle à notre bon souvenir la fantasy (au sens large) et le weird du début du siècle, mais afin d’infuser de réminiscences savoureuses une horreur autrement très moderne – jusque dans son ambiance mi érudite, mi prosaïque ?

 

LE MONDE DE FRANZ WESTEN

 

Le héros y est pour beaucoup – un héros écrivain d’horreur (forcément !), et qui, dans son histoire comme dans les sonorités germaniques de son nom, Franz Westen, s’affiche bien vite comme un avatar romanesque de Fritz Leiber lui-même. Il semble d’ailleurs avoir glissé bien plus de sa vie dans ce roman que ce qui saute immédiatement aux yeux… Néanmoins, un caractère autobiographique essentiel – l’évocation d’une longue dépression alcoolique suite au décès de son épouse – fait de ce Leiber-là un héros finalement très kingien là aussi ; encore que présenter les choses ainsi relève très probablement de l’anachronisme… L’idée, là encore, est en fait d’évoquer un ton assez semblable, mais j’imagine que c’est discutable. Ceci étant, ce Westen est un écrivain d’horreur de seconde zone – ce que n’était pas Leiber – même s’il pouvait le croire ? Je ne connais pas assez la biographie du bonhomme pour m’aventurer sur ce terrain…

 

Quoi qu’il en soit, Franz Westen, quand débute le roman, est (enfin !) sorti de sa dépression : il ne boit plus, en tout cas – et, s’il révère toujours son épouse, dont l’ombre plane dans son appartement, mais plus muse et modèle que spectre, un souvenir entretenu par de dignes et apaisées conversations quotidiennes, il semble pouvoir admettre que la vie, aussi improbable que cela puisse paraître, pourrait bel et bien continuer.

 

Le microcosme dans lequel il vit, dans ce petit immeuble de San Francisco, a sans doute contribué à l’amélioration de son état – notamment Cal, la jeune pianiste avec laquelle il entretient des relations épisodiques, un peu plus qu’amicales, pas totalement amoureuses, emplies d’un profond respect en tout cas, par-delà la barrière de l'âge (l'âge n'ayant pas à être une barrière). Ses autres voisins, Saul et Gun, qui forment un étonnant vieux couple, et même la gardienne de l’immeuble, Dorotea Luque, ainsi que sa fille Bonita et son frère Fernando, aussi habile aux échecs qu’inapte en anglais, ont sans doute également joué leur part...

 

Mais Westen a d’autres fréquentations… Littéraires, bien sûr. Dans le passé, surtout ? San Francisco, après tout, a connu bien des écrivains majeurs – et Westen évoque souvent, dans le désordre, les Jack London, Dashiell Hammett, Ambrose Bierce, George Sterling et tant d’autres qui ont intégré et fait l’histoire culturelle de la ville. Peut-être, dans cette énumération incomplète, faut-il toutefois singulariser un auteur ? Ni plus ni moins que Clark Ashton Smith – poète et nouvelliste brillant, qu’on ne saurait réduire au seul rôle de correspondant d’un H.P. Lovecraft résidant à l’autre bout du continent, et ce quand bien même Westen connaît et apprécie les récits du gentleman de Providence.

 

DE CLARK ASHTON SMITH À THIBAUT DE CASTRIES

 

Mais Klarkash-Ton, donc – qui intéresse d’autant plus Westen, ces derniers temps, qu’il compulse intrigué un étrange carnet de notes, trouvé chez quelque bouquiniste oublié lors d’une dérive éthylique plus que nébuleuse, carnet dont il se persuade toujours un peu plus qu’il était en fait le journal de Smith ; il lui faudra en discuter avec l’ami (quelque peu fantasque) Jaime Donaldus Byers, grand connaisseur de la vie et de l’œuvre smithiennes (le roman est sans doute semé d’allusions à des personnalités réelles, outre Leiber lui-même ; j’ai supposé qu’ici il faisait allusion à Donald Sidney-Fryer ? Mais au fond je n’en sais rien, c’est peut-être un peu gratuit de ma part…).

 

Mais ce « journal » faisait partie d’un lot bien étrange – il était associé à une rare édition d’un très étonnant ouvrage ésotérique, dû à un mystérieux Thibaut de Castries, et intitulé Mégapolisomancie, du nom de la « science » que disait fonder l’auteur. Celui-ci y pestait contre les grandes villes, et peut-être tout particulièrement les villes « hautes », entités néfastes et dangereuses en elles-mêmes, et suscitant d’autres entités qui en seraient pour partie des incarnations, et que Castries appelle « paramentales ». Mais Castries voyait sans doute partout des « paramentaux »… et bientôt Westen de même ?

 

En tout cas, l’association des deux pièces, le journal et l’essai bizarre autant qu'iconoclaste, ne devait rien au hasard. Parcourant le journal « de Smith », Westen comprend que l'auteur y fait bien des allusions à une curieuse fréquentation – qui ne peut être que l'étonnant Thibaut de Castries. Oui, décidément, il faudra en parler à Byers…

 

LE PARAMENTAL SUR LA COLLINE

 

En attendant, pourquoi ne pas faire une petite ballade ? Les lectures de Westen l’amènent à s’intéresser à la « généalogie » de son immeuble – et ses camarades se montrent eux aussi assez curieux. Une virée aux archives, peut-être ?

 

Mais aussi tout autre chose : depuis quelques jours, Westen est comme fasciné par Corona Heights, une colline peu ou prou déserte, tache noire dans la nuit brillante de San Francisco, qu’il observe depuis sa propre fenêtre… Et plus encore quand il aperçoit, à travers ses jumelles, un bien curieux personnage qui s’agite là-bas, au loin – et qui lui évoque aussitôt un de ces « paramentaux » dont parle Thibaut de Castries dans son cryptique ouvrage. Oui, aller se promener du côté de Corona Heights pourrait s’avérer une bonne idée !

 

Et regarder, de là-bas, son propre appartement, une idée très mauvaise…

 

À même cependant de révéler à l’écrivain d’horreur que la Mégapolisomancie de Thibaut de Castries n’est pas qu’un ouvrage étonnant – mais qu’il est aussi fondamentalement inquiétant…

 

PLUSIEURS DIMENSIONS

 

Notre-Dame des Ténèbres, dès lors, mêle adroitement plusieurs dimensions : l’évocation du quotidien de Westen, assez prosaïque, relève donc peut-être d’une forme de banalité délibérée, pas désagréable par ailleurs, car essentiellement humaine. C’est d’ailleurs l’occasion de mettre en valeur de beaux personnages, qui, comme tels, s’avèrent bien moins ordinaires qu’on ne le croirait au premier abord – Cal au premier chef, vraiment un personnage féminin entier et intéressant.

 

Qui peut, par ailleurs, susciter quelques fantasmes… à la manière de contes fantastiques plutôt que de tableaux ouvertement sexuels, le cas échéant. D’où une deuxième dimension, qui infuse dans le quotidien une appréciable dimension fantomatique, relativement classique (Leiber fait semble-t-il référence et plus d’une fois à M.R. James, que je n’ai toujours pas lu, honte sur moi) mais d’autant plus joueuse, et qui, en même temps, ne manque pas d’être subvertie par les élucubrations de Thibaut de Castries sur les « paramentaux ».

 

Mais, via Thibaut de Castries, le roman adopte une autre dimension encore, et, dois-je dire, celle qui m’a le plus parlé (sans surprise) : au travers d’une enquête aussi bien généalogique que géographique, et littéraire autant que philosophique, se traduisant par une forme d’érudition d’autant plus pointilleuse qu’elle est ancrée dans le local, Fritz Leiber produit une merveilleuse évocation d’une San Francisco idéalement littéraire, et semblant tourner comme de juste autour de l’occultiste de longue date oublié. C’est ce qui produit les plus passionnants chapitres du roman, en son milieu à peu près, quand Franz Westen a une longue, très longue conversation, toute en faux-semblants et procédés ironiquement artistes, avec le fantasque Jaime Donaldus Byers,

 

Et, ici, pour le coup, on est bel et bien ramené à Lovecraft – même si c’est par le prisme essentiel de Clark Ashton Smith. La Mégapolisomancie et son auteur prennent le contrepied de bien des « livres maudits » pondus à la chaîne par des pasticheurs de seconde zone, se sentant tenus de livrer au lecteur « leur » Necronomicon, sublime originalité, à ceci près que leur ersatz personnel est probablement moins effrayant qu’un catalogue de La Redoute – et plus banal encore. La Mégapolisomancie, au contraire, semble exister – et d’autant plus peut-être que son auteur a semble-t-il tout fait pour la faire disparaître ? Mais c’est justement que Thibaut de Castries en lui-même bénéficie d’une chair et d’une âme le distinguant pour le mieux de tant d’avatars en mode mineur de quelque « poète fou » séminal… L’auteur existe, d’une certaine manière – et peut-être même existe-t-il d’autant plus que le lecteur le sait fictif, au milieu d’un roman (« méta-fictionnel » ?) citant à tour de bras bien des auteurs tout à fait réels, eux. Il en va de même pour son livre – et les élucubrations de Castries sur les « paramentaux », du fait d’un jeu littéraire futé, prennent corps à leur tour (si j’ose dire), tandis que la science hermétique du « magicien » semble toujours plus susceptible de devenir vérité elle aussi… Après tout, ce charlatan obsédé par les grandes villes, et prétendant disposer de pouvoirs considérables justement pour avoir percé leurs secrets, s’est-il installé à San Francisco au hasard ? Il s’y est certes fait un improbable cercle d’amitiés littéraires, et des plus prestigieuses… Mais, à la différence de ces sommités portées sur le dandysme, Thibaut de Castries ne joue pas – il est mortellement sérieux. Et plus inquiétant que jamais, après le tremblement de terre de 1906… Y aurait-il eu sa part ?

 

Leiber se montre très rusé, en mêlant toutes ces dimensions de son récit, et en parvenant à en exprimer une cohérence qui n’avait rien d’évident. Le roman semble prendre plusieurs directions, mais sans jamais se disperser. Et il convainc aussi bien quand il décrit le petit cercle d’amis attablé dans un restaurant, la menace « paramentale » qui harcèle Westen parce qu'il le veut bien, ou ses recherches et entretiens destinés à percer le mystère de Thibaut de Castries, et tout autant celui de sa relation avec Clark Ashton Smith. Ce même si j’avoue avoir une préférence pour ces ultimes dimensions – une histoire de naturel chassé, puis de galop, sans doute…

 

MAIS POURQUOI ?

 

Mais, en même temps, je ne suis pas totalement convaincu… sans forcément savoir pourquoi. Peut-être, tout de même, du fait d’un procédé du roman souvent affiché dans les critiques que j’ai pu parcourir, et qui est son recours à des archétypes jungiens ? J’avoue ne rien comprendre à cette affaire – et ne pas m’y intéresser plus que ça, à tort sans doute… Elle joue peut-être plus particulièrement son rôle dans les derniers chapitres du roman, qui, pour le coup, après le brio des chapitres impliquant l’érudit Byers – et jusque dans leur conclusion pseudo-érotique, étonnamment « dérangeante » ! –, me paraissent tomber un peu à plat… L’horreur y reprend (ou plutôt semble reprendre, mais voir plus loin...) une dimension plus psychologique que jamais, avec un Westen en pleine chute libre paranoïaque, et forcément à la limite du délire éthylique (ou plus précisément de ce delirium tremens qui caractérise le sevrage, et non l’addiction ?), dimension qui aurait pu être intéressante, et l’est tout d’abord, mais l'auteur m’a semblé faire un peu trop durer le plaisir… D’autant, [SPOILER ?] et c’est davantage problématique, ou du moins étonnant, que le traitement des questions paramentale et mégapolisomancienne semble alors verser tout naturellement dans un occultisme de pacotille – à mille lieues de la forme de « grandeur » que l’on associait jusqu’alors aux (amusantes et pas si bêtes) bêtises hermétiques de Thibaut de Castries… et ce jusqu’à un « exorcisme agnostique » (et ridicule ?) qui m’a laissé plus que perplexe. Sans même parler du « happy end » qui suit aussitôt.

 

Tout cela, alors, n’était qu’une blague ? Mais c’était une bonne blague, pourtant ! Or j’ai l’impression que l’auteur rompt en définitive l’illusion, avec comme un rire sarcastique, qui m’a paru un brin désagréable… Non pas, d’ailleurs, en « rationalisant » l’horreur, et pas davantage en affirmant ultimement sa dimension essentielle psychologique : l’horreur, contrairement à ce que nous en étions plus que jamais venus à envisager, est bien externe, réifiée… mais elle ne fait plus peur. Est-ce là le propos ? Que Fritz Leiber questionne la littérature horrifique, voire la littérature tout court, au fil de ce roman érudit et joueur ne fait guère de doute. Mais qu’en dit-il vraiment, au fond ? Eh bien… Je ne sais pas. Ou ne veux pas savoir, peut-être.

 

JE NE SAIS PAS

 

Ce n’est certes pas le premier roman à m’échapper en définitive… Et ça ne sera de toute évidence pas le dernier. Cela dit, certaines œuvres, dans ce registre, tout en me laissant entendre que je n’y ai pas tout compris, voire rien du tout, sont autant d’appels du pied pour que je m’y remette avec plus d’attention et de sérieux. Ici… Eh bien, la perplexité demeure – mais sans m’inciter vraiment à y revenir. Même si, d’une certaine manière, c’est pourtant ce que je tente de faire avec cet article (que j’ai un peu laissé mitonner, au cas où)… Sans grand succès, comme vous le voyez.

 

Car il est fort probable que je sois passé à côté de quelque chose, en définitive ; pas mal de choses, oui, aussi, c’est possible ; absolument tout, peut-être… En tout cas, je me sens un peu floué, en définitive. Et le bilan s’en ressent, de manière ô combien subjective, éhontée : j’ai bien aimé l’essentiel du roman… Mais sa fin (entendue relativement largement) me laisse vraiment un peu trop perplexe, pour le coup. Une sensation que j'apprécie parfois, mais pas vraiment ici. Cela reste un exercice malin de littérature fantastique et sur la littérature fantastique. Mais… Il y a quelque chose… de trop, ou qui manque…

 

Je ne sais pas.

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