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Point du jour, de Léo Henry et Stéphane Perger

Publié le par Nébal

Point du jour, de Léo Henry et Stéphane Perger

HENRY (Léo) et PERGER (Stéphane), Point du jour (La Ballade de Gin & Bobi et autres récits de Point du jour), couverture et illustrations intérieures de Stéphane Perger, Paris, Scylla, coll. 111 111 +, [2012-2016] 2017, 169 p.

OU L’IMPOSSIBILITÉ DE LIVRER UNE (VRAIE) CRITIQUE

 

Les habitués de ce blog (y en a ?) ont sans doute eu bien des occasions d’y croiser le nom de Léo Henry – encore que, moins que l’on aurait pu le croire, en fait : c’est que, à une époque, j’ai été amené à travailler (disons), via Dystopia essentiellement (mais il faut y ajouter Le Naurne, avec luvan et Laure Afchain, ainsi que le premier septième numéro du fanzine Bazaar Maniac), sur des livres du talentueux bonhomme, dès lors impossibles à critiquer en ces pages interlopes – ce qui explique par exemple pourquoi je n’ai jamais livré la moindre critique des livres en rapport avec Yirminadingrad, écrits en collaboration avec le très regretté Jacques Mucchielli, et y associant ensuite également les excellents aussi Stéphane Perger et Laurent Kloetzer. Ce qui ne m’a pas empêché de les adorer, je peux bien le dire maintenant, en toute bonne foi. Et d’autres choses encore signées Léo Henry, comme, pour m’en tenir aux titres les plus récents et hors Dystopia-Scylla, Philip K. Dick Goes to Hollywood ou encore La Panse – ces derniers, toutefois, relèvent peut-être d’un versant plus « abordable » de Léo Henry, là où Point du jour, qui nous intéresse aujourd’hui, à l’instar de certaines yirminadingraderies et de certaines des Nouvelles par e-mail (j’y reviendrai çà et là), c’est peut-être davantage la face nord (à supposer que la face nord est la plus ardue, mais, Taniguchi ou pas, moi et l’alpinisme, bon…).

 

D'où deux difficultés, peut-être rédhibitoires, quand il s’agit de chroniquer tout cela :

 

1) L’auteur est un copain. C’est dit. Ça ne me facilite pas la tâche, qu’il s’agisse d’en dire du bien ou du mal – dans une égale mesure, je crois. J’ai l’audace niaise de me croire capable, dans l’absolu, de faire preuve d’objectivité quand c’est nécessaire, mais je pourrais me tromper – à vous de voir ce qu’il en est au-delà de cet aveu préliminaire.

 

2) Putain, j’ai rien compris à ce bouquin… Mais rien de rien. Et c’est sacrément problématique, tout de même. Disons franchement les choses : j’ai failli abandonner ma lecture en cours de route. Je me suis fixé, passé un moment, une page-limite, la quatre-vingtième, pour déterminer si ça valait le coup de continuer (j'expliquerai le comment du pourquoi plus loin). Arrivé à ladite page, j’ai supposé qu’il valait mieux continuer. Ce que j’ai fait, et je ne le regrette pas. Reste que je n’y ai rien panné, dans l’ensemble... Pourquoi, alors, avoir continué ? C’est une des choses qu’il me faudra tenter d’expliquer dans cet article qui s’annonce un peu confus...

 

111 111 +

 

Point du jour, ou plutôt, titre complet, La Ballade de Gin & Bobi et autres récits de Point du jour, est un recueil de nouvelles empruntant le cadre commun de... Point du jour. C’est quoi, Point du jour ? Voyez la section suivante de cet article, et tremblez devant mon incompréhension…

 

Mais parlons plutôt ici de l’histoire éditoriale, disons : le recueil est partiellement inédit – trois des dix textes le composant n’avaient jamais été accessibles auparavant, dont la novella « La Ballade de Gin & Bobi », de très loin le plus long texte du recueil : l’essentiel, au plan prosaïque du nombre de caractères, est donc totalement inédit.

 

Mais le reste guère moins, au fond… Si la nouvelle « Au carrefour agenouillé », qui ouvre le bal, figurait dans le recueil Le Diable est au piano, paru à La Volte en 2013, deux autres ont été publiées dans des revues à la diffusion éventuellement confidentielle (« Down There by the Train » dans Angle Mort, dont j’avais beaucoup aimé les premiers numéros, et « Jersey Girl » dans Secousse), puis quatre dans le cadre des Nouvelles par e-mail de l’auteur – une publication très informelle donc, pour des textes souvent brefs (voire très brefs) et plus qu’à leur tour hermétiques (mais ça c’est moi). L’ensemble a été composé entre 2012 et 2017, jusqu'à constituer ce petit volume.

 

Qui a d’autres particularités au-delà : ainsi, il est publié aux éditions Scylla, cousines de Dystopia – par des gens bien, donc. Et dans le cadre de l’improbable collection « 111 111 » (qui ne comptait jusqu'alors qu’un seul titre, Il faudrait pour grandir oublier la frontière, de Sébastien Juillard), au concept tout de même particulier : livrer une novella inédite faisant très précisément 111 111 signes, de la première lettre du titre au point final. Allons bon. Vous me direz : personne ne va compter les signes pour vérifier. Et c’est vrai. Mais, honnêtement, Léo Henry aime bien les jeux de contraintes (ah ?), et je ne doute pas que sa novella inédite compte très précisément ces 111 111 signes, etc.

 

Ladite novella, c’est donc « La Ballade de Gin & Bobi », qui compte vingt-quatre très brefs chapitres et constitue le gros du recueil. Mais c’est donc bien, cette fois, d’un recueil qu’il s’agit – parce que les règles, bon, hein. En fait de « 111 111 », nous avons donc un « 111 111 + », où neuf nouvelles bien autrement courtes encadrent la centrale « Ballade de Gin & Bobi » – centrale dans tous les sens du terme, car c’est bien ici le texte qui occupe le (long) milieu du recueil, mais c’est aussi le récit qui permet (à ceux capables de le saisir, je n’en ai pas exactement fait partie) de lier tous les autres, comme un anneau maléfique disons : les personnages de Gin et Bobi, auxquels il faut semble-t-il ajouter ce type qui aimerait bien qu’on l’appelle Ishmaël (et qui se fait très vertement rembarrer, bien fait pour sa gueule, oh), et d'autres encore, et d'autres trucs au-delà des personnages.

 

Ceci en notant que l’auteur, joueur (ah ?), nous livre en fin de volume trois ordres de lecture différents : la table des matières, l’ordre de la narration, et l’ordre de la collation (entendre par-là, semble-t-il, l’ordre de conception et de livraison des textes) ; parce que je suis affreusement banal et ennuyeux comme garçon, j'ai lu Point du jour dans l’ordre de la table des matières – c’est navrant, je sais, quel manque d’audace, etc.

 

Ah, et, il faut y ajouter, pour les plus pervers, une playlist directement liée aux titres des nouvelles, mais qui comprend beaucoup trop de Johnny Cash pour être honnête (à mes oreilles d’inculte ; oui, je ne connais à peu près rien de tout ça).

 

Enfin, l’excellent (lui aussi) Stéphane Perger est associé à l’entreprise, avec son nom sur la couverture, au même niveau que celui de Léo Henry – et non en tant qu’ « illustrateur » noyé dans les crédits. Cela avait déjà été le cas, notamment, dans Bara Yogoï et Tadjélé, mais je ne sais pas, dans le cas présent, si cela traduit un rôle particulier dans le processus créatif (entendre par-là qu’il n’aurait pas seulement illustré des nouvelles déjà écrites par Léo Henry, mais aussi travaillé en amont ou en parallèle, etc.). Quoi qu’il en soit, il livre une fois de plus un travail admirable : ce Point du jour est un très joli objet.

 

SITUER POINT DU JOUR (VAINES TENTATIVES POUR)

 

Mais, bordel, c’est quoi, Point du jour ? Ou plutôt : c’est quoi, Point du jour ? Excellente question, hein ? À moins qu’il ne s’agisse de la pire de toutes, d’emblée un témoignage de ce que je n’ai absolument rien panné à tout ça…

 

On suppose qu’il s’agit d’un contexte général des dix nouvelles – on suppose, car on ne nous le dit pas au-delà du titre complet, les punks de Scylla comme ceux de Dystopia étant contre les quatrièmes de couverture. Reste que, tout naturellement, j’ai été tenté de « situer » Point du jour – un réflexe bien connu sans doute des amateurs de science-fiction comme de fantasy (nan, y a pas de carte).

 

Les premiers récits m’ont évoqué des images renvoyant tantôt au western, tantôt au post-apocalyptique – ou les deux à la fois, car ça n’a assurément rien d’incompatible. Mais d’autres éléments, plus loin dans le texte, ont pu m’éloigner de ces présupposés (peut-être un peu ternes par ailleurs, ou en tout cas trop communs) – ne serait-ce que parce que ce monde, que je concevais à vue de nez plutôt désertique et sauvage, un avatar chelou de la Frontière, chelou oui mais d’abord Frontière, s’avère en fait éventuellement dense et émaillé de traits marqués de civilisation – les plus marqués, en fait : des chaînes de supermarché (françaises – comment ça tue trop l’ambiance !) et des motels Heartbreak Hotels, allons bon… De quoi ranger, même si dans un soupir de frustration, ses colts et son cache-poussière.

 

Mais bon, c’était un mauvais point de départ, hein ? À l’évidence, nous sommes en milieu urbain, avec Point du jour – portuaire, même ; la mer pue l’égout et en a la couleur, mais ça ressemble quand même à la mer. On dirait. Mais le problème, alors, c’est peut-être d’en délimiter les frontières, à défaut de la Frontière – ça va visiblement plus loin que la Zone Économique Exclusive : en fait, la ville portuaire pourrait tout aussi bien avoir les dimensions d’un monde entier, allez, c’est même plutôt ça, peut-être – avec aussi tout un réseau de tunnels, habitats chthoniens de rats-taupes et de lombrics qui sont aussi des hommes et des femmes, ou bien.

 

Ou bien.

 

Mais au moins c’est de la SF, hein ! Bobi est une gynoïde, un robot ! Ça fait du bien de pouvoir se rattraper à quelque chose – même une amazone de synthèse.

 

Bref : d’emblée, le cadre me laisse perplexe, car, et Bobi n’y change en fait rien (c’était une fausse piste, moi aussi je peux en semer, aha), il est essentiellement insaisissable. Du moins pour une tanche de type nébalien (régressif).

 

La playlist et les titres de nouvelles en forme de chansons pourraient donc éclairer Ceux Qui Savent Déjà, cela dit – mais ce n’est pas mon cas ; et Johnny Cash sait très bien ce qu’il peut en faire, de sa « couronne d’épines » (never forget, never forgive).

ARRÊTE DE LIRE, NÉBAL : TU NE COMPRENDS RIEN

 

Je suis donc supposé comprendre quelque chose à tout cela, quand je n’en comprends même pas le cadre ?

 

C’était mal engagé. Les premiers récits ne m’ont certes pas facilité la tâche. À chaque page, le même sentiment : formellement c’est assez joli, c’est encore mieux quand il y a des illustrations de Stéphane Perger en miroir, mais j’y capte zobi. Les phrases défilent, elles impriment l’œil, exceptionnellement s’insinuent jusqu’au cœur sinon à la tête, mais le sentiment demeure, de ne rien panner, et qui s’avère de plus en plus frustrant à mesure que cette incompréhension généralisée se perpétue.

 

Je me suis dit – et c’est un préjugé que j’ai d’emblée associé aux Nouvelles par e-mail, en fait : Léo Henry envoie balader (ah !) tout récit, il fait dans le poème en prose. Ce qui est forcément mal – sauf chez Clark Ashton Smith et ses modèles rigolos Poe et Baudelaire (enfin, Poe, bon). Mais ce n’est peut-être pas le cas – il y a peut-être du récit dans tout ça. D'ailleurs, le titre complet du recueil mentionne bien des « récits de Point du jour », hein ? Ça ne peut pas être une blague ? Une mauvaise blague ?

 

Figurez-vous qu’avec toute l’estime, immense, que je voue à Léo Henry, je me suis quand même posé la question – en y associant même, parce qu’on ne se refait pas, plus qu’un soupçon de paranoïa. Genre, tout ceci est un piège conçu à Ma seule intention – afin de révéler à la face du globe (qui, oui, n’en a rien à foutre, mais c’est sans doute un détail) que, de manière générale, Je ne comprends rien à ce que Je lis.

 

Double effet Kiss Pas Cool, donc : d’abord, je ne comprends rien ; ensuite, j’ai l’impression qu’on se fout de ma gueule parce que je ne comprends rien.

 

Les pages défilent – assez lentement, d’ailleurs, parce que je m’accroche : moins je comprends, plus je fais des efforts (et, notez, là oui je m’en rends compte : ces efforts, je ne les aurais peut-être pas faits avec un autre auteur que le camarade Léo, probablement pas, même). Mais rien n’y fait... Je commence à me dire, vers la cinquantième page, que ça n’est pas la peine de continuer – ceci étant, c’est le moment où commence la novella « La Ballade de Gin & Bobi » : c’est le gros du recueil, le « 111 111 » qui justifie le « + », je me dis qu’il faut au moins tenter ça ; je me fixe une page-limite, la quatre-vingtième – grosso merdo la moitié du bouquin, et plus ou moins celle de la novella aussi.

 

Et, est-ce un miracle qui opère ? Arrivé à cette page-limite, je décide de continuer ma lecture jusqu’au bout. Non que j’y comprenne quoi que ce soit – sous cet angle, ça ne s’arrange pas vraiment (peut-être un tout petit peu quand même). Mais le ton plus (ouvertement ?) humoristique me parle davantage.

 

 

Tout en renforçant mon sentiment paranoïaque que l’auteur se fout de ma gueule – oui, très spécifiquement de Ma gueule. Ceci en raison du jeu sur la narration qui constitue d’une certaine manière le substrat de la novella.

 

Citons (p. 67) :

 

Ishmaël a un petit don pour les sourires mystérieux.

Ceux que son histoire ennuyait sont partis, à ce stade. Ceux qui demeurent plus faciles à tenir, peut-être.

Ils ne sont, après tout, pas beaucoup plus de dix.

 

PROVOCATION !

 

Et ça continue (p. 101) :

 

Au fur de son chapitre, Ishmaël a vu ses auditeurs filer les uns après les autres. De douze on passe à neuf, et de six à moins de quatre. Lorsque le dernier s’en va sans croiser son regard, sourire marri au travers de la face, le conteur se lève pour suivre le mouvement.

 

RE-PROVOCATION !

 

Tout ceci n’est pas très gentil, quand même – d’autant que je ne suis pas très « défis » comme garçon.

 

...

 

Enfin, oui, à l’évidence je suis susceptible.

 

Mais je suis aussi flemmard et veule.

 

Alors là encore, pour tout autre que Léo Henry...

 

UNE BALLADE POUR SE/ME RACCROCHER

 

Reste que « La Ballade de Gin & Bobi » m’a rattrapé pile au moment où je songeais plus que jamais à arrêter les frais. Non que j’y ai compris beaucoup plus que dans les « récits » (?) précédents – mais, je suppose, un tout petit peu plus quand même.

 

Peut-être pas assez pour vous résumer ou même simplement pitcher la chose, en fait. Essayons quand même : la femme lombric Gin accouche d’une petite fille du nom de Max, parce que c’est un nom bien pour une fille, ceci sous la protection de la gynoïde Bobi, sculpturale (eh) et qui a bien meilleur fond que son caractère – encore que, Gin la surpasse peut-être au niveau caractère (de cochon, même lombric). Pour des raisons que je n’ai pas bien saisi (…), le trio s’aventure dans des tunnels de rats-taupes, en quête d’un bonhomme du nom de Double Brasse, sorte de chirurgien mystique, qui devrait pouvoir les aider, euh, en faisant, euh, des trucs. Éventuellement dans le cadre déprimant d’un Heartbreak Hotel et en racontant des blagues, aha.

 

Éventuellement.

 

Mais tout ceci est un récit, n’est-ce pas. Un récit. Aha. Ça implique, ici sinon ailleurs (à moins que ce ne soit La Grosse Révélation De La Chose !), un conteur – le guignol qui aimerait bien qu’on l’appelle-lui Ishmaël. Il faut dire qu’il a ses raisons, son auditoire étant constitué de cétacés (hein ?). Et du coup Léo Henry le conteur derrière le conteur, à défaut des baleines et cachalots, l’appelle-lui Ishmaël – manière de rappeler QUI C’EST LE PATRON.

 

Et ce binôme joueur de jouer (donc) avec les codes de la narration – au gré d’une histoire qui s’affiche en tant qu’histoire, et improvisée encore, façon fan-service et qu’importe si les fans sont des cétacés (dit la baleine et elle se cachalot). Il y faut un monstre, du mystère, des digressions sinon c’est pas drôle, des flashbacks et des prémonitions pour faire artiste, ce genre de choses.

 

Et ça, pour le coup, ça m’a bien plu. Même avec la conviction qu’on se moquait de Moi (admettons que « parmi d’autres »).

 

(Admettons.)

 

Le ton y est pour beaucoup, à vrai dire. « La Ballade de Gin & Bobi » est donc un texte où la composante humoristique est importante, si elle n’est peut-être pas tout à fait seule. J’y ai vu, à tort ou à raison, un contraste marqué avec les textes qui précédaient (puis ceux qui suivaient) ; à tort peut-être, car quelques critiques lues çà et là avançaient que l’ensemble de Point du jour était très rigolo. Ah. Parce que je n’ai pas du tout eu cette impression, moi. Avant et après « La Ballade de Gin & Bobi », tout m’a paru bien plus grave – tristoune-darkesque, avec une emphase pouétique marquée ; peut-être celle d’un adolescent qui se fringue en noir, PARCE QUE.

 

Reste que « La Ballade de Gin & Bobi » est ce qui m’a permis de lire ce recueil jusqu'au bout. Sans y capter grand-chose, hein ; mais s’il n’y avait pas eu cette novella, j’en serais resté au stade du « je n’y capte absolument rien », et j’aurais bien fini par laisser tomber (genre à la page 80, donc – ou 83, pour faire rebelle à la lecture moins mécanique). C’est donc une putain de victoire – relativement. On a celles qu’on mérite, je suppose

QUELQUES IMAGES AUTOUR – ET DES NOMS

 

Mais autour de « La Ballade de Gin & Bobi » ? Des choses plus graves, donc – ou pas. Des choses peut-être très vaguement éclairées par la novella, qui permet au moins de donner des noms à quelques personnages. Si c’est d’une utilité quelconque – je suppose que ça l’est ; une supposition vague.

 

Reste quoi, alors ? Des images, je suppose – parce que la seule plume au sens le plus sonore, même très jolie, dans ce flou généralisé, n’aurait donc pas suffi à préserver mon intérêt plus que vacillant. Alors, quoi ?

 

Dans « Down There by the Train », les gens qui mangent le roi.

 

Dans « Le Bon Dieu n’est pas gentil », les gens qui courent.

 

Guère plus, hélas. Ces récits m’ont sans doute davantage parlé que les autres – même en n’y comprenant rien. Mais bon...

 

Aussi, à faire défiler les pages des récits précédant « La Ballade de Gin & Bobi » (puis ceux qui la suivent, mais le rapport n’est alors pas tout à fait le même), des noms qui ressortent : Bobi (OK), Gin (oui), Ishmaël, Double Brasse ; Maryjane aussi, que je n’avais pas mentionnée jusqu’à présent… Des liens qui peuvent « faire comprendre », peut-être – à des plus futés que moi.

 

C’est qu’à ce stade, même rassuré (un chouille) par la novella, je n’attendais finalement plus grand-chose des « récits » périphériques – l’expérience un brin douloureuse de totale incompréhension des textes antérieurs m’a blindé défavorablement pour les textes suivants.

 

Je n’en attendais « pas grand-chose » ? Enfin, si, peut-être quand même le récit, par Double Brasse, de « celle du chameau et du pastis-calva avec la cerise au milieu » (p. 118). En vain, ce qui est quand même bien, bien frustrant.

 

RIEN PANNÉ (MAIS – ADMETTONS QU’IL Y A UN MAIS)

 

Sentiment général concernant ce recueil. Non, je n’y ai rien panné. Et je pèse bien l’absurdité qu’il y a à vous soumettre dans les 20 000 signes espaces comprises pour vous dire et répéter que je n’y ai rien panné – bordel, quelque chose comme un sixième d’un titre de la collec' ! Non, je ne vais pas poursuivre jusqu'au bout…

 

J’ai aimé « La Ballade de Gin & Bobi », mais au point où ça m’a sauvé le recueil (ça et le fait qu’il s’agisse d’un très bel objet, merci Stéphane Perger). Je continuerai de faire l’éloge de Léo Henry, un écrivain assurément très talentueux, dont j’ai beaucoup aimé à peu près tout ce que j’ai lu – mais ce ne sera donc pas au critère de Point du jour. Je suppose que cet étrange ouvrage saura convaincre et charmer d’autres lecteurs, moins obtus que votre serviteur – mais, en l’état, je ne peux pas personnellement le recommander ; ce qui ne signifie en rien qu’il soit mauvais dans l’absolu, très probablement pas en fait – mais je fais dans le blog, là : je ne peux pas évacuer le ressenti personnel ; d’autant qu’en l’espèce, ça serait foncièrement malhonnête de ma part. Le fait est que je n’ai globalement pas aimé ce recueil.

 

Parce que je n’y ai rien compris.

 

Tiens, je l’ai répété encore une fois.

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Vert 28/12/2017 16:45

Ca ne me rassure vraiment pas, je fais bien d'attendre un peu avant de me coller à cette lecture vu que j'ai déjà séché sur Adar xD

Nébal 28/12/2017 16:47

Faut que je le lise, celui-là... Quand même !