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Dédicace Michael Moorcock à Charybde (14/10/2012)

Publié le par Nébal

(Pardon pour le flou, on m'avait privé de flash et je ne maîtrise pas encore mon appareil...)

 

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"Malpertuis", de Jean Ray

Publié le par Nébal

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RAY (Jean), Malpertuis, Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. Le Masque Fantastique, [1943] 1978, 250 p.

 

Ayé, j’ai enfin lu Malpertuis de Jean Ray. Et il était plus que temps. Ce livre, unanimement considéré comme un chef-d’œuvre du fantastique, me faisait de l’œil depuis un bon moment déjà. J’en avais dégoté une édition chez un bouquiniste, mais elle a longtemps pris la poussière dans ma commode de chevet… Ce n’est que tout récemment, dans le cadre de mes lectures de lovecrafteries diverses et variées, qu’il m’est apparu évidemment nécessaire de franchir le pas (du fait de l’article de Jacques Van Herp comparant Ray et Lovecraft dans  le cahier de l’Herne consacré à ce dernier, et plus encore sans doute de mon acquisition de l’essai de Patrice Allart D’Arkham à Malpertuis ; je dois cependant dire a priori que ce roman n’a pas grand-chose à mes yeux de « lovecraftien » ou « para-lovecraftien », ce qui explique pourquoi je ne vais pas le faire figurer dans la page idoine). Las, le sort s’est acharné sur moi : arrivé environ à la moitié du roman, j’ai connement paumé mon exemplaire dans les rues parisiennes… Malédiction ! Il s’est heureusement trouvé une fort aimable citoyenne pour me prêter son édition du roman, sans doute atterrée qu’elle était par mon inculture crasse et pleine de compassion à l’égard de mon indicible frustration. Et j’ai donc, contre vents et marées, enfin pu finir la bête.

 

Nous sommes dans la première moitié du XIXe siècle. Malpertuis (le nom est plus ou moins directement emprunté au  Roman de Renart, preuve de bon goût) est une inquiétante demeure, que l’on supposera située en Belgique. C’est entre ses murs que vit le vieux Cassave, abominable vieillard qui n’en a plus pour très longtemps. Aussi réclame-t-il à son chevet les membres de sa famille et quelques autres proches, pour leur faire lecture de son testament. Ses héritiers bénéficieront de son immense fortune, mais à une condition : celle d’habiter Malpertuis. Le dernier à demeurer dans la vieille bâtisse emportera la totalité de l’héritage ; s’il reste en définitive un homme et une femme, ils devront se marier ensemble. Un testament pour le moins étrange… mais auquel se plient bien vite les héritiers désignés, avides de la fortune du vieux bonhomme, qui ne tarde pas à exhaler son dernier soupir.

 

Mais, bien évidemment, les choses vont mal se passer. Au-delà des rivalités, jalousies et autres petites haines mesquines qui divisent les habitants de Malpertuis (sous cet angle, je n’ai pu m’empêcher de penser à la « trilogie de Gormenghast » de Mervyn Peake, à peu près contemporaine si je ne m’abuse) et rendent leur cohabitation pour le moins éprouvante, la maison elle-même semble dotée de vie, et porter en elle les germes d’une fatale malédiction. Une maison hantée ? Peut-être… mais la vérité est potentiellement ailleurs.

 

L’histoire de Malpertuis nous est contée par différents narrateurs. Le principal est l’un des héritiers de Cassave, le jeune et naïf Jean-Jacques Grandsire, qui livre dans ses carnets la majeure partie de la description des événements étranges ayant pris Malpertuis pour cadre. Mais son récit est agencé et complété par d’autres documents, par un mystérieux « voleur » bien décidé à faire la lumière sur cette étrange affaire, dont les sources sont bien plus lointaines qu’il n’y paraît, à en croire les documents laissés par l’affreux abbé Doucedame-le-vieil, dont le descendant, également abbé, est un ami de Jean-Jacques, qui en sait long sur les mystères du testament de Cassave. La construction du roman, du coup, est d’une complexité et d’une subtilité remarquables.

 

Ce n’est pas là le moindre atout de Malpertuis, mais ce n’est certes pas le seul. Le roman bénéficie en outre d’une belle galerie de personnages (généralement tous plus répugnants les uns que les autres), et d’une plume très baroque et chargée, mais dont il se dégage un charme indéniable. Jean Ray sait enfin mitonner quelques jolies scènes d’épouvante, lorgnant plus qu’à leur tour vers le surréalisme.

 

Mais je dois dire que ce côté « surréalisant » m’a laissé parfois perplexe. Les enchaînements et rebondissements de l’intrigue donnent parfois une vague impression de confusion, et l’on est longtemps sans véritable certitude de comprendre au juste ce qui se passe, jusqu’aux derniers chapitres qui viennent faire la lumière sur l’ensemble (de manière plus ou moins satisfaisante à mon sens, d’ailleurs), en convoquant la mythologie dans le cadre glauque de Malpertuis.

 

Et, au final, c’est quand même, en dépit de toutes les qualités précédemment évoquées, et qu’il ne me viendrait pas deux secondes à l’esprit de nier, ce sentiment de perplexité qui domine depuis que j’ai achevé ma lecture. J’ai le sentiment, diffus mais non moins réel, d’être un peu passé à côté du roman (ou plus exactement de certaines de ses scènes). Et, surtout, si j’ai aimé lire Malpertuis, je ne saurais honnêtement cacher une déception, toute relative certes, mais néanmoins prégnante. C’est que l’on m’avait tellement dit de bien de ce roman, souvent présenté comme le chef-d’œuvre de Jean Ray, voire comme le chef-d’œuvre du fantastique francophone, que j’en attendais énormément. En entamant ma lecture, je m’attendais à peu de choses près à être soufflé à chaque page par le brio du conteur et son talent fantastique. Or ce ne fut pas le cas. Non que j’entende dénier à Jean Ray le statut de grand auteur fantastique ; simplement, j’en attendais probablement trop, la faute à une propagande ardente, et peut-être à mes yeux légèrement excessive.

 

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : Malpertuis est assurément un bon, et même un très bon roman fantastique, qui a bien des atouts en sa faveur, et je ne regrette certainement pas de l’avoir enfin lu ; je veux bien concéder qu’il s’agit d’un texte important pour le genre, et dont la lecture est sans doute incontournable pour tout amateur qui se respecte. Mais, en ce qui me concerne, ce n’est pas pour autant le chef-d’œuvre que j’attendais, et j’aurais tendance à penser que ce serait quelque peu galvauder cette qualification que de l’appliquer au roman de Jean Ray.

 

Malpertuis ne manque donc pas de charme, témoigne du talent aux mille facettes de son auteur, et vaut amplement d’être lu ; mais je me vois donc contraint d’avouer néanmoins une certaine déception une fois la dernière page tournée. Et, si c’est bien là le chef-d’œuvre de Jean Ray, je ne suis pas certain d’avoir envie d’approfondir véritablement ma découverte de cet auteur…

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Dossier Dystopia Workshop dans "Frontières", n° 2

Publié le par Nébal

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Vous pouvez accéder à l'intégralité du numéro gratuitement ici.

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"Retour à Arkham", de Robert Bloch

Publié le par Nébal

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BLOCH (Robert), Retour à Arkham, [Strange Eons], traduit de l’américain et présenté par François Truchaud, Paris, NéO, coll. Fantastique/Science-fiction/Aventures, [1979] 1980, 238 p.

 

Robert Bloch, peut-être surtout connu aujourd’hui pour avoir été l’auteur de Psychose, fut en son temps le plus jeune membre du « cercle Lovecraft ». S’il n’a jamais rencontré en personne le pôpa de Cthulhu, il a entamé avec lui une importante correspondance, et livré, surtout dans sa jeunesse donc, un certain nombre de lovecrafteries, allant du franchement médiocre au très correct, ainsi que je vous en avais entretenu en rendant compte de ma lecture des  Mystères du Ver.

 

Mais si Bloch s’est ensuite tourné vers d’autres domaines – un fantastique moins connoté, du polar également –, il est néanmoins retourné à ses premières amours en 1979, avec un roman cette fois, ce Retour à Arkham dont je vais traiter aujourd’hui (notons d’emblée que ce titre français est très mal choisi : dans le roman, Arkham reste une ville fictive, issue de l’imagination de Lovecraft, et il ne s’agit donc en rien d’y « retourner » ; est par contre évoqué un « Projet Arkham » très Delta Green… Mais on préfèrera donc le titre original, Strange Eons, autrement approprié). Enfin, un roman… Il est découpé en trois parties (« Maintenant », « Plus tard » et « Bientôt ») aux liens finalement assez relâchés ; mais on y reviendra.

 

Tout commence à Los Angeles, lorsqu’un homme du nom d’Albert Keith – qui ne connaît rien à l’œuvre de Lovecraft – tombe en fascination devant un étrange tableau, dans lequel les amateurs du maître de Providence ne manqueront pas de reconnaître celui du « Modèle de Pickman ». Waverly, un ami de Keith, qui, lui, connaît bien Lovecraft et son œuvre, établit par contre le rapport. Mais en cherchant à se renseigner sur l’origine de ce tableau macabre, les deux hommes tombent sur un cadavre… exactement comme dans  La Peur qui rôde. Et ce n’est pas fini, loin de là : bien des événements auxquels ils auront le malheur d’assister (ou de participer…) évoqueront les fictions lovecraftiennes. Et évidemment, ça va mal se finir pour eux… Dans la deuxième partie (mal rattachée à la première…), nous suivons l’ex-femme d’Albert Keith, Kay, qui se retrouve bien malgré elle entraînée dans une spirale d’événements lovecraftiens, et fait notamment la rencontre d’un mystérieux révérend Nye, chef de la secte de la Sagesse des Étoiles… Enfin, la troisième et dernière partie – peut-être la plus réussie, du fait de son atmosphère – nous plonge dans un futur proche passablement apocalyptique, avec le journaliste Mark Dixon. Avec cette interrogation sous-jacente à chaque fois : « L’art imite-t-il la réalité ou est-ce l’inverse ? »

 

Retour à Arkham est donc un hommage à Lovecraft et à son œuvre, saturé de références, tombant parfois comme un cheveu sur la soupe, sans que l’histoire ne le nécessite vraiment. Mais, à la limite, ce côté-là est plutôt amusant, et François Truchaud, le traducteur, a sans doute raison, dans son indicible préface souffrant d’exclamationnite aiguë (à tel point qu’elle en est franchement pénible à lire ; on notera au passage qu’il ne manque pas une occasion de faire la promo de son cahier de l’Herne…), de mettre l’accent sur l’humour de Bloch. Las, en dehors de ces nombreux clins d’œil pour fans, ce roman n’est pas vraiment drôle… ou alors malgré lui.

 

On ne fera pas de mystère : Retour à Arkham est en effet un roman raté. Mal écrit (et probablement traduit itou), mal construit (l’enchaînement entre la première et la deuxième parties est particulièrement foireux), ce polar ou thriller lovecraftien ne suscite guère que l’ennui, quand ce n’est pas la consternation, devant ses innombrables rebondissements aussi prévisibles que grotesques (hélas généralement dans le mauvais sens du terme). Alors parfois, on sourit, oui ; mais plus du livre qu’avec le livre…

 

Il faut dire que ce Retour à Arkham, même en étant bon prince ou bon public, n’a pas grand-chose pour lui. Passé le jeu de références qui devient vite lourdingue, il fait montre d’un complet manque d’intérêt : difficile (comme chez Lovecraft, certes) de s’intéresser au sort de ses « héros » en mousse ; plus difficile encore de frémir devant ses meuchants ridicules (et souvent basanés) ; difficile enfin de croire ne serait-ce que deux secondes à ce qui nous est raconté, et qui évoque, bien plus que Lovecraft lui-même, une mauvaise partie de  L’Appel de Cthulhu (ou peut-être plus encore de Delta Green, donc, du fait du cadre contemporain et de l’ambiance – faut le dire vite – conspirationniste), mal écrite, mal préparée, et mal gérée par un Gardien enthousiaste mais débutant (alors que Bloch commençait tout de même à avoir de la bouteille à ce moment-là).

 

Retour à Arkham est donc un roman raté, hommage poussif oscillant entre le nanar et le navet, qui ne retiendra véritablement l’attention que des collectionneurs les plus acharnés ou des rôlistes désireux de découvrir ce qu’il ne faut pas faire. Dommage…

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"Salut l'Amérique !", de J.G. Ballard

Publié le par Nébal

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BALLARD (J.G.), Salut l’Amérique !, [Hello America], traduit de l’anglais par Élisabeth Gille, Paris, Denoël, coll. Présence du futur, 1981, 251 p.

 

Comme vous avez pu le constater à plusieurs reprises, j’adore J.G. Ballard. Mais si, grâce à Tristram, j’ai pu lire l’extraordinaire intégrale de ses nouvelles (hop, hop, et hop), il me reste encore bien des romans du grand auteur à découvrir. Ainsi, en fouinant dans un rayon d’occasions, j’ai déniché ce roman de 1981 (et traduit en français la même année, belle réactivité) qui m’avait échappé jusqu’alors (il faut dire qu'il n'a pas été réédité depuis plus de vingt ans, si je ne m'abuse), mais dont il me semblait bien avoir entendu causer ici ou là (sons de cloches divers).

 

Salut l’Amérique ! est au croisement de deux tendances de l’œuvre de Ballard : d’une part, on y retrouve dans un sens le décor et certaines thématiques de ses fameuses quatre « apocalypses » (Le Vent de nulle part, Le Monde englouti, Sécheresse et La Forêt de cristal), qui marquèrent ses débuts romanesques en science-fictionnie ; d’autre part, on y croise également un Ballard plus « moderne », qui fait dans la farce grinçante et vaguement surréaliste, comme dans La Course au paradis (pas estampillé SF celui-ci ; des romans de l’auteur que j’ai lus, c’est néanmoins probablement celui qui s’en rapproche le plus), mêlée de parabole empruntant plus ou moins la forme d’une fable (un peu comme dans Sauvagerie, toujours pas estampillé SF, mais d’une manière beaucoup moins noire, cela dit).

 

Dans un siècle environ. Du fait d’un mélange improbable (ou pas…) de crise économique (liée à la raréfaction du pétrole pour l’essentiel) et d’une catastrophe climatique résultant de la manipulation de la Terre par des apprentis sorciers (la construction d’un barrage au détroit de Behring !), les États-Unis ne sont plus. Et ils sont même largement sombrés dans l’oubli, abandonnés qu’ils ont été par des millions d’immigrants qui ont repris les chemins des autres continents. Il faut dire que le pays est devenu largement invivable : les bouleversements climatiques ont entraîné la désertification de tout l’est des Rocheuses, vaste Sahara qui a poussé jusqu’à l’Atlantique, tandis que la côte ouest s’est transformée en jungle amazonienne.

 

Mais le Rêve américain existe toujours dans le cœur de certains, et notamment du jeune Wayne, passionné par tout ce qui touche aux anciens États-Unis, au point de s’embarquer clandestinement dans le SS Apollo, navire employé par une expédition de reconnaissance emmenée par un commissaire russe et une petite bande de scientifiques, qui s’intéressent notamment au sort d’une précédente expédition, mais aussi à de mystérieux tremblements de terre ayant peut-être leur origine dans des explosions nucléaires. Quand Wayne est découvert – cela s’est déjà produit quand le roman débute –, il n’a pas à subir les conséquences de son geste un peu fou, et parvient assez vite à s’intégrer au groupe. Au point d’en devenir quasiment le pilier quand l’Apollo accoste à New York (ou, plus exactement, s’échoue sur les ruines de la Statue de la Liberté, au grand plaisir du capitaine Steiner, fasciné par le désert américain, et qui s’empresse d’abandonner son poste pour explorer le pays abandonné avec le reste de l’expédition).

 

Commence alors une longue et dangereuse odyssée à travers ce nouveau Sahara. Mais la petite troupe n’est pas au bout de ses surprises : déjà, les nouveaux « Indiens » (les rares Américains à ne pas avoir quitté le pays, divisés en tribus loufoques : les Bureaucrates, les Divorcées, etc.) confirment les tremblements de terre et évoquent un mystérieux astronef qui aurait été aperçu à chaque fois… Mais, surtout, au terme de la traversée des Rocheuses, quand les survivants, Wayne en tête, déboulent à Las Vegas après avoir été l’objet d’étranges visions hallucinées, c’est pour découvrir effarés la nouvelle Amérique démente et pop du 45ème président, un certain Charles Manson…

 

Le « réalisme » n’intéresse guère ici J.G. Ballard, qui adopte très tôt le ton de la fable caustique et mordante : si le prétexte peut paraître un peu gros (c’est rien de le dire), et si le roman verse rapidement dans la caricature outrancière, c’est pour mieux servir le propos de l’auteur, mêlant critique cinglante (et hilarante, et d’une actualité impressionnante) des États-Unis contemporains et réflexion nostalgique sur le Rêve américain et ses icônes culturelles, qu’il s’agisse de Frank Sinatra, Marilyn Monroe ou Mickey Mouse, du Coca-Cola, des Cadillac ou, bien sûr, des 44 présidents ayant précédé Manson… et que l’on retrouve ici sous forme de robots au service d’un savant aussi génial que fou.

 

La critique, extérieure, évoque un pays « bigger than life », victime suicidaire de sa propre réussite, jonglant plus ou moins adroitement entre soft power et « équilibre de la terreur » dans ses relations aux autres, et perclus de contradictions. Bien au-delà de son postulat climatique peu vraisemblable (du moins dans ces termes…), qui ne sert qu’à définir un cadre mythique, Salut l’Amérique ! se montre d’une lucidité impressionnante en matière d’étude des mentalités ; les États-Unis, que ce soit sous la forme du désert oriental émaillé de ruines éloquentes, ou sous celle de l’utopie malade et régressive de Charles Manson dans la cité des flambeurs, y sont très intelligemment décryptés : sous la plaisanterie de plus ou moins bon goût, on décèle en effet une réelle interrogation en forme d’avertissement sur ce qu’est au juste l’Amérique, sur ce qu’elle a été de sa naissance à son déclin. J’ai été étonné et séduit par la pertinence du discours ballardien à cet égard dans le cadre de l’Amérique post-Onze-Septembre…

 

Mais ce qui fait l’Amérique, c’est peut-être (sans doute ?) avant tout le Rêve : nouveaux Colomb (pardon), Wayne, Steiner et compagnie ont tous en eux une certaine vision de l’Amérique. De la Maison Blanche où ils fantasment sur la présidence aux casinos décrépis de Sin City où celle-ci est devenue une étrange réalité, en repoussant comme les pionniers d’antan la Frontière, empruntant pour ce faire la seule direction possible : celle de l’Ouest (lointain, comme de juste), les « héros » de Salut l’Amérique ! se livrent à une odyssée mentale proprement fascinante. Et si les paysages « extérieurs » sont avant tout caractérisés par le vide, avec ses pisicines asséchées si courantes chez l'auteur, c’est pour mieux faire ressortir (eh : on est chez Ballard…) la richesse des paysages « intérieurs », notamment chez Wayne (c’est essentiellement à travers ses yeux que l’on vit tout cela). Et, à cet égard, le roman de Ballard n’est certainement pas unilatéral : si c’est tout d’abord l’aspect critique qui frappe, avec la douloureuse vigueur d’un salutaire coup de fouet, on ne doit cependant pas s’arrêter là. Derrière la farce pointe l’admiration, en forme de respect teinté de nostalgie pour ce que le monde doit à l’Amérique ; certes, on voit d’abord le ridicule, voire le sordide, mais Ballard sait aussi rendre à l’occasion son propos touchant et, j’aurais envie de dire, « amical ». Et le lecteur de partager en définitive les rêves absurdes de Wayne, voire de Manson, de déplorer la chute et de vouloir croire à son tour en l’idée d’une renaissance.

 

Mais quelle forme celle-ci pourrait-elle bien prendre ? Charles Manson, tout sourire, mais le doigt sur le bouton rouge, est bien un authentique psychopathe ; et c’est le Rêve américain dans son ensemble, fait d’ambition folle et de pop culture, qui prend ici un caractère psychotique. Salut l’Amérique !, sous ses airs de (mauvaise ?) blague, de son introduction hautement symbolique à sa conclusion jouissivement hollywoodienne (et inéluctable), interroge ainsi avec clairvoyance les idéaux, les beautés et les écueils de la première puissance mondiale.

 

Ne nous emballons pas trop, cependant : Salut l’Amérique ! est loin d’être un très grand Ballard, et j’imagine même qu’on pourrait, du fait de son outrance et de sa tendance à la régression, ou plus encore de son postulat hautement farfelu, le trouver éventuellement « mineur ». Mais un Ballard relativement mineur, ça reste une lecture tout à fait recommandable. Il n’a certes pas la perfection formelle d’un Crash ! ou d’un Empire du Soleil  (sans parler des nouvelles), et se montre sans doute moins ambitieux que d’autres œuvres de l’auteur, que l’on sent s’amuser beaucoup, s’offrir un petit plaisir vaguement coupable. Mais ça a son charme, les plaisirs coupables… Et, du coup, j’ai bien aimé. Je n’ai pas pris mon pied comme avec les plus grands chefs-d’œuvre de Ballard, non ; mais je me suis bien amusé, sans avoir l’impression de bêtifier pour autant. Un divertissement malin, en somme, pas indispensable, non, mais fortement sympathique. Et c’est déjà bien.

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"Le Pistolero", de Stephen King

Publié le par Nébal

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KING (Stephen), Le Pistolero, [The Gunslinger], texte revu et enrichi par l’auteur, nouvelle traduction de l’américain par Marie de Prémonville, illustrations de Michael Whelan, Paris, J’ai lu, [1982, 1992, 2004] 2010, 254 p. [+ 8 p. de pl.]

 

Tiens, ça faisait vraiment une éternité que je n’avais rien lu de Stephen King. La preuve, je n’en ai jamais parlé sur ce blog jusqu’à aujourd’hui. Ce fut pourtant un de mes auteurs cultes, notamment lors de mon adolescence, quand je me régalais avec ses chefs-d’œuvre de l’horreur ; c’est d’ailleurs un des rares auteurs (voire le seul, même si Lovecraft, peut-être…) à m’avoir réellement foutu les boules rien que par la magie de sa plume (la pire expérience à ce niveau, et donc la meilleure, je me souviens que ce fut Jessie, bouquin au pitch particulièrement diabolique, que j’avais eu la mauvaise, et donc excellente, idée de lire en écoutant une compil’ de dark ambient…).

 

Mais je n’avais jamais trouvé la motivation nécessaire pour me lancer dans son fameux cycle de « La Tour Sombre ». Plusieurs raisons à cela : d’une part, donc, chez King, c’était quand même surtout l’horreur qui m’intéressait, et notamment dans son versant fantastique (même si je lui reconnais quelques jolies réussites en science-fiction, voire en fantasy), or je savais que « La Tour Sombre » n’appartenait pas vraiment au genre (je peux cependant dire, maintenant, que les scènes d’horreur, voire de gore, répondent à l’appel dans ce premier volume, même si elles n’en constituent pas l’essentiel) ; d’autre part et surtout, j’ai toujours eu tendance à préférer King dans ses textes les plus courts, et, même si je me suis régalé avec certains de ses romans les plus longs (Ça, Le Fléau, Bazaar, dans une moindre mesure Insomnie), j’avais une certaine propension à redouter cet interminable (mais terminé) cycle s’étendant (alors) sur sept romans, dont certains passablement monstrueux en eux-mêmes… Certes, King lui-même définissait « La Tour Sombre » comme étant « la Jupiter du système solaire de [son] imaginaire », mais justement, cette affirmation me faisait un peu peur (pas pour les bonnes raisons…). Les choses ont changé récemment, grâce à Jules Abdaloff, la caution morale et intellectuelle de la  Salle 101, qui a fait récemment  une critique dithyrambique et convaincante du cycle dans sa globalité. Je me suis donc dit qu’il était bien temps, au moins de faire l’essai avec le (bref, d’ailleurs) premier volume ; je me suis procuré Le Pistolero et en ai vite entamé la lecture.

 

King, dans son introduction et son avant-propos, revendique deux influences majeures pour ce cycle entamé alors qu’il avait à peine 20 ans : d’une part, Le Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien, ouvrage qui l’avait fasciné à l’époque hippie (putains de hippies), et qu’il avait envie, avec une arrogance qu’il revendique comme essentielle à la jeunesse, de « dépasser » (mais pas de « copier », ce qui explique qu’il ait quand même attendu un peu de se forger son univers ; d’autres auraient été bien inspirés de faire de même…) ; d’autre part, Le Bon, la brute et le truand de Sergio Leone, immortel chef-d’œuvre du western spaghetti (même si, à compter les cadavres dans ce premier tome, notamment lors de la scène du massacre de Tull, on aurait peut-être plutôt envie, dans le registre, de le comparer à Django ; ce qui n’est pas une critique, hein). D’où ce cycle d’une ampleur considérable, et qui donne, du moins dans ce premier volume, dans le western post-apocalyptique baigné de magie.

 

En effet, « le monde a changé » – cette phrase revient régulièrement, à la manière d’un leitmotiv. Le Pistolero se déroule pour l’essentiel dans un futur indéterminé mais passablement glauque, dans un endroit qui pourrait être les États-Unis, et pour une bonne partie en plein désert (on pense effectivement très fort aux décors du western spaghetti). On notera cependant ici ou là quelques liens avec notre époque, et, ce qui m’a surpris, avec le reste de l’œuvre de King (qui évoque à plusieurs reprises le « shining »…).

 

« L’homme en noir fuyait à travers le désert, et le Pistolero le suivait. » C’est ainsi que débute le cycle, et il faut avouer que, tout en étant très sobre, cette phrase claque quand même pas mal. Le Pistolero – qui n’est très longtemps désigné que sous cette appellation –, c’est Roland Deschain de Gilead, le dernier de son espèce ; longtemps, on ne saura rien de ses motivations : pourquoi piste-t-il l’homme en noir ? On n’en sait rien… puis commence à se dessiner, mais de manière encore très floue, le mystérieux motif de la Tour Sombre, dont l’homme en noir serait dans un sens la clef ; aussi la Tour constitue-t-elle (mais, là encore : pourquoi ? et de quoi s’agit-il au juste ?) le véritable but de la quête de Roland, l’homme en noir n’étant au final qu’un passage obligé sur le chemin.

 

À notre tour, nous suivons le Pistolero dans le désert. Et c’est au travers d’incessants flash-backs, parfois d’authentiques récits dans le récit dans le récit, s’emboîtant à la manière de poupées russes, que nous en apprendrons un peu plus sur lui – mais guère sur le monde dans lequel il évolue, qui reste passablement abstrait (là encore, ce n’est pas une critique). La structure du Pistolero est à cet égard tout à fait remarquable : ce fix-up, lorgnant sur le roman-feuilleton, se construit progressivement, au fil de rencontres marquantes et de « palabres », sans que jamais King ne verse dans le didactisme (même si le roman a tout naturellement une dimension initiatique – nous y assistons d’ailleurs au passage de Roland à l’âge adulte). C’est ainsi que s’élabore lentement l’univers, et que s’ébauche la personnalité complexe du Pistolero, lequel, pour être le héros du roman, n’est franchement guère sympathique (non, ce n’est toujours pas une critique), étant prêt à tout sacrifier sur son chemin pour parvenir au terme de sa quête. Mais cet épisode n’est que « la fin du commencement »…

 

Et ça marche très bien. J’étais au tout début assez sceptique quant au style – on sent l’auteur débutant, malgré la révision, et, toujours malgré la révision, on peut émettre des réserves quant à la traduction… Mais, assez rapidement, j’ai été conquis. Essentiellement du fait de l’atmosphère si particulière du Pistolero. Un western post-apocalyptique baigné de magie, disais-je plus haut (oui, j’adore m’auto-citer, je trouve que c’est un peu la classe, quand même) ; et ce cadre, pour être encore assez flou, n’en est pas moins fascinant. Le travail sur l’ambiance est tout à fait remarquable, et dénote déjà chez le jeune Stephen King un réel talent d’écrivain. C’est avec un plaisir rare que l’on erre dans ces terres désolées en compagnie de Roland ; on a véritablement l’impression d’y être, et c’est fort, très fort.

 

Aussi ai-je été parfaitement convaincu par ce premier tome ; à vrai dire, et même si je vais laisser passer un peu de temps histoire de me consacrer tout de même à d’autres lectures, j’ai déjà hâte de poursuivre l’expérience avec Les Trois Cartes… J’y reviendrai donc un de ces jours, et remercie d’ores et déjà l’indispensable Jules Abdaloff de m’avoir persuadé de sauter le pas.

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L'Herne, n° 12. Lovecraft

Publié le par Nébal

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L’Herne, n° 12. Lovecraft, dirigé par François Truchaud, bande dessinée et illustrations de Philippe Druillet, traduction de l’anglais par Jacques Parsons et François Truchaud, Paris, L’Herne, coll. Fantastique, [1969] 2e éd. 1984, 383 p. [+ 24 p. de pl.]

 

Eh oui, encore un bouquin sur Lovecraft (je suis loin d’en avoir fini, j’en ai encore tout un paquet dans ma commode de chevet…). Mais pas n’importe lequel : c’est que ce gros volume qu’est le douzième cahier de L’Herne, dirigé par François Truchaud, a acquis au fil des années une dimension « mythique » (aha), et constitue un repère fondamental dans l’exégèse française concernant le maître de Providence ; il s’agit à vrai dire presque d’un commencement. Aussi, merci mille fois à qui de droit, ça faisait vraiment longtemps que je voulais lire la bête.

 

Cependant, ce Lovecraft est donc paru pour la première fois en 1969 (ça remonte), et j’en ai lu pour ma part sa réédition de 1984. Et, autant le dire tout de suite, cela constitue en définitive un fâcheux problème… C’est que l’ouvrage, séminal certes, est daté. Pour parler franchement, il a même atrocement vieilli, et mal… Et le fait (indéniable) qu’il y ait du (très) beau monde à l’affiche ne suffit pas à rattraper le coup, comme on va pouvoir le constater très bientôt.

 

Ce cahier de l’Herne, outre ses 24 pages de planches riches en documents iconographiques et autres illustrations (dont pas mal de Philippe Druillet), est constitué de quatre parties : on commence par la « partie française » (la plus longue), on poursuit avec des textes (alors) inédits de H.P. Lovecraft himself, puis on passe à la « partie anglo-saxonne » (américaine pour l’essentiel), avant de conclure sur une longue bibliographie, bien évidemment obsolète aujourd’hui. Hélas, ce n’est pas le seul texte de ce gros volume à avoir été frappé d’obsolescence…

 

Mais détaillons par le menu. On commence en toute logique avec le directeur de l’ouvrage, François Truchaud, qui nous livre « The Dream-Quest of Howard Phillips Lovecraft ». Et ça commence mal : ce texte est en effet atrocement mal écrit, confus, daté et bourré d'erreurs, factuelles comme d’interprétation…

 

Pierre Versins signe trois communications ; mais « Les Débuts de Lovecraft dans « Weird Tales » » n’est en fait, pour l’essentiel, qu’une reproduction de la célèbre lettre de Lovecraft à Weird Tales accompagnant « Dagon », etc., telle qu’elle a été publiée dans le pulp. Un document intéressant, mais on aurait aimé un peu plus de commentaire…  « Une surhumaine tragédie, ou le Roman d’Amour Manqué de Lovecraft » est le seul véritable « article » de l’auteur de la fameuse Encyclopédie de l’utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction ; c’est un ensemble passablement foutraque de « documents et réflexions » sur l’ensemble de l’œuvre de Lovecraft (le « roman d’amour » étant celui « entre le Chercheur et la Connaissance ») ; c’est plus ou moins intéressant selon les passages, un article franchement bancal. Et j’ai bondi quand j’y ai vu Lovecraft qualifié « d’idéaliste »… Reste enfin « Lovecraft et l’indicible », qui est un simple florilège, à l’intérêt pour le moins douteux…

 

Un gros morceau ensuite, avec « Entre le fantastique et la science-fiction, Lovecraft », long article (le plus long du volume) de Gérard Klein au titre éloquent. On y trouve tout d’abord des tentatives de définitions opposées du fantastique et de la science-fiction ; l’auteur suppose que le fantastique est condamné à très brève échéance en raison de son usage de « valeurs médiévales », alors que la science-fiction, reposant sur « l’idéologie de la science », ne peut que progresser. Bon, pour la prospective, c’est donc un peu contestable… Mais ce n’est pas cette partie qui fait l’intérêt de l’article. En effet, cela débouche sur une analyse sociologique et économique des deux genres dans leurs « époques » respectives (notamment dans le cas français, mais là aussi je suis doute…), et de l’œuvre de Lovecraft (correspondant à une « transition dans la société »). L’analyse est loin d’être inintéressante, mais à nouveau très contestable, et ne prend en compte ni le racisme, ni la réaction (ou alors tardivement pour cette dernière, quand l’auteur s’intéresse au « temps », mais pour mieux l’écarter…). On aura l’occasion de revenir sur ce point. Je relève que le traitement du thème des « apparences » est assez intéressant. Mais on y trouve quelques éléments qui prêtent davantage à débat (ou pas…) ; ainsi, une erreur quant à la perception du fascisme, un déroutant « Comme tous les libéraux, Lovecraft… », ou encore, à la fin, des propos sur le rapport de Lovecraft à Marx qui m’ont laissé plutôt sceptique… Bref : un article certes pas inintéressant, d’autant qu’il a le bon goût de se montrer original et ambitieux (eh : c’est Dieu, déjà…), mais pas toujours très convaincant – c’est le moins qu’on puisse dire –, et surtout terriblement daté. Pourtant, même si je n’y adhère donc pas à 100 %, loin de là, même, je suis maintenant persuadé qu’il s’agit là de la communication la plus intéressante de la « partie française », voire du cahier dans son ensemble.

 

C’est que le reste a régulièrement de quoi laisser perplexe… En témoigne immédiatement Claude Ertal, lequel, avec « Démons et Merveilles. Rêve ou Écriture », livre pour sa part le plus mauvais article de la « partie française », ce qui fait comme un contraste. Déjà, ça commence mal : l’auteur se fonde sur le titre français Démons et Merveilles pour son analyse, et suit la chronologie – fausse – de ce recueil… Il débute ainsi par « À travers les portes de la clef d’argent », sans s’inquiéter deux secondes du rôle d’E. Hoffmann Price. Et tout cela débouche très vite sur un ensemble d’inepties pseudo-philosophico-psychanalytiques, où l’auteur ne retient que ce qui l’arrange dans le texte français… Le projet est complètement crétin à la base ; rien d’étonnant à ce que le résultat le soit également. On notera pour le plaisir, comme Herbert Léonard et Julien Lepers, les schémas à la con qui ne servent à rien, le ton pédant, et les lieux communs concernant les figures du père et de la mère sur lesquels tout cela débouche (quand ça débouche sur quelque chose). Michel Le Bris, avec « La Lettre ou le désir », s’intéresse lui aussi à Démons et Merveilles à nouveau ; c’est une analyse en partie philosophique et plus ou moins cryptique et plus ou moins convaincante sur l’écriture et sa signification. Mais là aussi, l’article traite surtout de psychanalyse, et on y retrouve les figures du père et de la mère… On relèvera l’opposition avec Jacques Bergier (et Lovecraft lui-même) sur ce point. Pour le reste, cet article qui cite volontiers Derrida, Lacan, etc., est moins agaçant que le précédent (un peu…), mais tout de même un peu redondant. Il se montre en outre très sévère à l’encontre de Lovecraft, et colle une fâcheuse migraine (l’interminable dernière note est imbitable)…

 

Francis Lacassin, dans « Lovecraft et les trous de la toile peinte », cherche à situer Lovecraft dans le fantastique ; il relève ainsi les convergences et divergences avec Borges, Poe, etc. Il y a des considérations intéressantes sur la peur et la mort, mais l’interprétation « métaphysique » est erronée (religion, occultisme).

 

Hubert Juin, avec « Les Potences de Salem », livre une lecture vaguement derlethienne (avec des « dieux bons »), de Démons et Merveilles pour l’essentiel, oui, encore. L’article part un peu dans tous les sens. On y note quelques points significatifs, comme l’importance des sens ou l’absence des femmes, sur lesquels on a beaucoup glosé depuis, et l’on s’interroge, à plus ou moins bon droit, sur la volonté de faire dans l’œuvre totale.

 

« La Passion selon Satan » est un extrait d’un livre de Jacques Sadoul dédié à HPL. C’est au mieux sans intérêt, au pire ridicule…

 

Jacques Bergier donne ensuite « H.P. Lovecraft ce grand génie venu d’ailleurs » : il s’agit en fait de la préface de Démons et Merveilles (toujours). L’auteur y prétend entre autres que, en dehors de ce livre « partiellement autobiographique », l’œuvre de Lovecraft ne nous apprend rien sur lui (!) ; il s’étend sur l’érudition supposée de Lovecraft, qui était censé connaître quatre langues africaines et des dialectes (!) et connaître à fond Freud (!), sans y croire cependant (de même que, pour d’autres raisons, il rejetait l’occultisme) ; on respire un peu mieux quand Bergier décrit Lovecraft comme un matérialiste convaincu. Il n’en reste pas moins que ce texte fourmille d’erreurs biographiques, et défend la chronologie du recueil comme étant celle des récits…

 

Suivent plusieurs textes très courts. Napoléon Murat, avec « Rêve et création chez Lovecraft », met fiction et correspondance sur le même plan… et aboutit à des lieux communs. « On disait… » d’Yves Rivière est plutôt juste, mais sans grand intérêt. François Kienzle, avec « Lovecraftiana », livre un pastiche (poème en prose ?) ridicule. Le « Témoignage » de Thomas Owen est sans intérêt (sauf peut-être dans son éventuelle mais très vague allusion au racisme ? ce serait dans ce cas la seule de toute la « partie française »…). Sans intérêt de même, « Le Royaume noir » de Georges Keller.

 

On passe alors à trois articles de Jacques Van Herp : « Une source de Lovecraft : Le Diable au XIXe siècle », est rigolo mais pas vraiment pertinent ; on y relève quelques erreurs factuelles, mais aussi le thème de la dégénérescence. « L’Univers de H.P. Lovecraft » est un texte bourré d’erreurs factuelles et d’interprétation ; on y apprend ainsi que « La Quête onirique de Kadath l’inconnue » est la dernière œuvre de Lovecraft (!!!), on s’y livre plus ou moins à une vague assimilation chrétienne par le biais de Derleth, on y affirme catégoriquement et sans doute bien trop vite que « Lovecraft n’est pas un auteur de science-fiction », que les odeurs sont absentes dans ses textes (!) et que de manière générale Lovecraft ne s’adresse pas aux sens (!!!). Bref, c’est un tissu d’absurdités… Reste « Lovecraft, Jean Ray, Hodgson », qui relève des ressemblances dans les œuvres de Lovecraft et et de Jean Ray, sans conclure à une influence réciproque ; par contre, il y aurait peut-être une influence commune de William Hope Hodgson. Le niveau remonte, mais c’était pas dur…

 

Yak Rivais, avec « The bottom – at last ! », fait dans le vaste fourre-tout plus ou moins pertinent selon les passages, mais surtout très pénible à lire du fait de son caractère lapidaire...

 

Quant à «  Une multitude d’immensités par delà la porte du profond sommeil » de Marcel Béalu, c’est un texte inutile, limite faux, et pas bien malin dans sa conclusion. On y affirme encore une fois que Lovecraft n’est pas un auteur de science-fiction.

 

Suit une partie cinématographique. Après une très brève présentation générale de la problématique par François Truchaud, on entame l’analyse avec Michel Caen et « Lovecraft / cinéma » : un article trop bref, et inévitablement obsolète dans ses considérations « purement » lovecraftiennes ; par contre, l’idée qui y est avancée que La Maison du Diable et 2001 l’odyssée de l’espace sont des films lovecraftiens me laisse perplexe (pas qu’un peu). Jacques Van Herp, avec « Le Cinéma et Lovecraft en forme de filmographie commentée », livre une communication là encore inévitablement obsolète, et un peu redondante, mais pas inintéressant pour ce qui est des films « para-lovecraftiens ». Enfin, Georges Keller & François Kienzle donnent un « Essai de synopsis (d’après L’Affaire Charles Dexter Ward) » : On y trouve décrites trois scènes ; c’est absolument sans intérêt.

 

On le voit : le bilan de la « partie française » n’est pas vraiment glop…

 

On passe alors aux textes (alors inédits) de H.P. Lovecraft himself, avec tout d’abord une sélection de « Lettres », toutes consacrées aux rêves ; on y trouve notamment les sources de textes tels que « Le Témoignage de Randolph Carter » ou « Nyarlathotep » (voir plus loin), ou encore l’évocation des « maigres bêtes de la nuit » (sous une autre traduction). C’est très intéressant (enfin !). « Le Combat qui marqua la fin du siècle » est un texte parodique offert aux proches de Lovecraft (qui niait en être l’auteur) ; intérêt purement anecdotique. Suivent de longues « Suggestions pour un guide du lecteur », qui nous renseignent (plus ou moins, sans doute…) sur les lectures et centres d’intérêt de l’auteur ; c’est assez pénible à lire, mais présente un certain intérêt documentaire. Un autre essai ensuite, mais autrement plus bref : « Ce qui doit se dire en vers » ; le titre est éloquent, mais l’article ne présente guère d’intérêt… On a alors droit à une sélection de « Poèmes », en anglais : « Mother Earth », « Oceanus », « The City », « The Bells », « The Port » et « Continuity » (je me sens incapable de les juger). « Nyarlathotep » est un texte très court, basé sur un rêve (donc), à la limite du poème en prose, vraiment pas terrible. « Souvenir » est une très brève vision onirique post-apocalyptique et édifiante. « Le Terrible Vieillard », passablement xénophobe, ne présente pas grand intérêt. « L’Image dans la maison déserte », par contre, pour être vaguement raciste, est un texte correct. Quant à « Dans le caveau », c’est une nouvelle fantastique très classique, moraliste, prévisible et bavarde.

 

On attaque alors la « partie anglo-saxonne ». Bien évidemment, on commence par August Derleth, dont on trouve tout d’abord des « Précisions biographiques » : c’est trop court pour être vraiment intéressant, malgré l’abondance de notes ; le conservatisme de Lovecraft y est évoqué, mais l’auteur fait l’impasse sur son racisme. « Genèse d’une mystification » traite de la croyance en l’authenticité du Necronomicon ; amusant…

 

Suivent deux courts poèmes, en anglais : « The Dream And The Shadow » de Robert E. Howard, et « H.P.L. » de Henry Kuttner ; là encore, je me sens incapable d’en parler.

 

« As A Small Boy... » de Robert Bloch ne présente guère d’intérêt (si ce n’est son affirmation que Lovecraft n’était pas du tout un « reclus », contrairement à ce qu’affirme, encore de nos jours, la légende).

 

« Creeps By Night » de Dashiell Hammett est l’introduction d’une anthologie d’histoires mystérieuses, mais ne traite pas de Lovecraft en particulier.

 

« À la recherche d’H.P. Lovecraft » de J. Vernon Shea n’est pas reproduit dans son intégralité (pourquoi ?) ; c’est un texte largement biographique, surtout dans une perspective psychologique : l’auteur y évoque une mère castratrice, affirme que ni Lovecraft ni ses amis n’étaient homosexuels (il y avait alors une polémique à ce sujet, et l’auteur la jugeait « injurieuse »…), reconnaît que Lovecraft était antisémite, mais seulement dans sa jeunesse, évoque son dégoût de la mer, et s’interroge sur une éventuelle claustrophobie ; un texte assez sévère sur l’œuvre de Lovecraft.

 

Suit un nouvel article franchement inepte, avec William Scott Home et « Les « Livres » de Lovecraft » : c’est largement incomplet, et, surtout, ça met tout sur le même plan, le réel comme le fictif !

 

John E. Vetter livre une assez longue communication sur « Les Illustrateurs de Lovecraft » (évidemment obsolète là encore, de même que les communications cinématographiques précédemment évoquées) : un article bourré de superlatifs et de contradictions, assez franchement réactionnaire (notamment dans son introduction) et livrant d’ailleurs quelques développements sur la réaction chez Lovecraft. La conclusion pour le moins déconcertante…

 

Le pire article de cette partie est cependant dû à la plume d’Andrew E. Rothovius : « Lovecraft et les mégalithes de la Nouvelle-Angleterre » pue l’histoire secrète, voire l’idée d’un « Lovecraft initié » ; c’est un abominable fatras de conneries et de suppositions sans fondement…

 

On remonte heureusement le niveau avec Fritz Leiber et son « Voyage à Arkham et vers les étoiles » : c’est une nouvelle hommage saturée de références, et plutôt rigolote. On notera que le racisme de Lovecraft y est suggéré. Dommage que la traduction soit aussi mauvaise (ou, plus exactement, non conforme aux traductions « classiques »).

 

« Promenades avec H.P. Lovecraft » de C.M. Eddy Jr. ne présente pas grand intérêt…

 

Quant au « Lovecraft In Retrospect » de J. Ramsey Campbell, c’est un court texte extrêmement sévère, où l’auteur brûle ce qu’il a adoré, mais de manière pas vraiment pertinente, je trouve...

 

Suit une longue « Bibliographie » évidemment obsolète.

 

Et si François Truchaud, dans sa « Postface » de 1984, déborde d’autosatisfaction, il n’en reste pas moins que ce cahier de L’Herne, pour être séminal indiscutablement, m’a terriblement déçu, en ce qu’il a atrocement vieilli (« mal vieilli » serait un pléonasme) ; la critique lovecraftienne a heureusement fait bien des progrès depuis, outre-Atlantique comme de par chez nous ; aussi ce Lovecraft est-il aujourd’hui d’une lecture assez pénible, rarement pertinente, et ne présente plus guère d’intérêt qu’historiographique (ou en tant que pièce de collection)… C’est dire si on peut s’en passer. Déçu, déçu…

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"La Brigade Chimérique", de Lehman, Colin, Gess & Bessonneau

Publié le par Nébal

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LEHMAN, COLIN, GESS & BESSONNEAU, La Brigade Chimérique, Nantes, L’Atalante, coll. L’Hypermonde, [2009-2010] 2012, 277 + XXXI p.

 

Eh oui. Je me suis racheté La Brigade Chimérique dans l’intégrale en un volume qui vient de paraître, alors que j’avais déjà les six tomes parus en 2009-2010. Parce que, sans être un fan ultime (en dépit de ce geste hautement fanique), j’aime quand même beaucoup (ce dont témoignait je pense mon enthousiasme pour le jeu de rôle – l’encyclopédie). Et parce que cette édition, enfin disponible à un prix abordable (35 € contre, si je ne m’abuse – aha – 66 € pour les six tomes séparés !), est plus joulie – le format est un poil plus grand, les yeux apprécient – et enrichie (artbook, note d’intention, références), ce qui vaut franchement le coup, mais j’y reviendrai. Parce que, enfin, j’avais depuis quelque temps déjà une très forte envie de relire la chose, et que mes exemplaires étaient éparpillés dans des cartons ici ou là (surtout là, d’ailleurs) du fait de mon déménagement. Ce qui me donne l’occasion de vous en causer à nouveau – d’autant que je n’étais pas content, et ne le suis toujours pas, de ma chronique du premier tome parue en son temps sur feu le beau site du Cafard cosmique, et rédigée alors même que je ne savais rien de la suite, encore à paraître, laquelle suite je n’avais jamais chroniqué. Alors hop, c’est tipar.

 

On connaît l’idée : raconter la fin des super-héros européens en 1939, ce qui revient à se demander pourquoi, à la différence des USA, l’Europe n’a pas développé de culture super-héroïque. Pourtant, ce comic book FRRRRRANÇAIS en témoigne assez, les personnages pouvant relever de ce titre ne manquaient pas dans l’Europe de l’entre-deux-guerres ; mais ils sont pour la plupart sombrés dans l’oubli (ce qui rendait d’ailleurs la lecture de la BD, du moins au fil des parutions dans sa première édition, assez hermétique à l’occasion…). On s’intéresse ainsi à tout un pan de la culture populaire mais pas que, et notamment à une certaine science-fiction qui ne s’appelait pas encore ainsi.

 

On voit ici ce qui, à la fois, rapproche et distingue La Brigade Chimérique de ce qui en fut une influence évidente – et plus ou moins assumée par Serge Lehman en fin de volume –, à savoir  La Ligue des Gentlemen Extraordinaires du Divin Alan Moore et de Kevin O’Neill, laquelle piochait de même ses personnages et situations dans la littérature populaire (surtout) européenne, mais s’arrêtait – au moment où le projet de La Brigade Chimérique était initié, cela n’est plus vrai depuis – avant la Première Guerre mondiale.

 

Or, ici, c’est bien l’entre-deux-guerres qui retient l’attention des auteurs, et la Première Guerre mondiale, justement, est envisagée comme un point de départ : c’est, pour bon nombre d’entre eux, dans l’horreur des tranchées, à l’ère des nouvelles armes et – bien sûr – du radium, que sont apparus les super-héros européens, et notamment la Brigade Chimérique qui donne son nom à l’œuvre, sans toutefois monopoliser l’attention, loin de là. Car si la Brigade – le Soldat Inconnu, le Baron Brun, Matricia, Sérum – est une création originale des auteurs, autour d’elle gravitent bien des personnages empruntés ici ou là, à l’histoire comme à la fiction, et qui font tout le sel de cette BD riche en références (enfin expliquées en appendice, ce qui s’avère éventuellement utile, tout n’étant pas évident, loin de là).

 

Douze chapitres – dix épisodes entourés d’un prologue et d’un épilogue. Ce qui, à mon sens, ne fait que confirmer l’impression que j’en avais déjà lors de la parution du  premier tome : cette BD était bien plus adaptée au format intégrale en TPB enfin disponible qu’à la parution en six brefs volumes (format bâtard entre les fascicules américains et les classiques BD franco-belges), trop chers qui plus est. Et la relire ainsi, ça passe franchement très bien ; beaucoup mieux, en fait, qu’à la première lecture : on y repère en effet plein de choses sur lesquelles on ne s’était pas forcément attardé la première fois, faute d’éléments permettant de comprendre au juste à quoi les auteurs faisaient allusion.

 

Je ne reviendrai pas ici sur le point de départ – ce serait redondant après ma chronique, même peu satisfaisante, du premier tome –, et parler plus en détail de ce qui se passe ensuite reviendrait sans doute à spoiler excessivement, ce qui serait dommage. Je vais donc m’en tenir à une évocation du projet général, dont la cohérence, envisagé ainsi dans sa globalité, ne saurait faire de doute.

 

Nous sommes donc dans une Europe à la veille de basculer dans la guerre, et dans laquelle les principales nations sont « protégées » par des super-héros (ou des surhommes, comme vous voulez – Nietzsche, dans Ainsi parlait Zarathoustra, est cité en début et en fin de volume). La BD tend ainsi à expliquer la fin des super-héros européens, en mêlant fiction et histoire. Aussi sait-on, dans les grandes lignes, dès le début comment tout cela va se terminer : mal. Très mal. Ce qui, là encore, contribue à distinguer La Brigade Chimérique de son précieux modèle mooresque (en tout cas des deux premières « saisons ») : le ton en est nettement plus grave, beaucoup moins jubilatoire. Ce qui n’est pas une critique, loin de là, mais un simple constat, et n’ôte pas tout caractère « fun » à la création de Serge Lehman, Fabrice Colin, Gess et Céline Bessonneau ; celui-ci revient bien, de la même manière que pour la  LGX, du jeu des références plus ou moins cryptiques – plus chez Lehman et Colin que chez Moore, même si elles sont sans doute relativement moins abondantes. L’époque comme le propos s’y prêtent, en effet. Et, dès le prologue, avec cette réunion à Métropolis des principaux super-héros, perturbée par le Cafard, on distingue derrière la croix gammée de Mabuse l’ombre d’Auschwitz…

 

Mais si le drame qui se noue a ainsi des implications de grande ampleur, il est aussi adapté à l’introspection et à l’intimité, se jouant aussi à un niveau personnel – notamment à travers les personnages de Jean Séverac (le héros, donc, mais qui n’a pas forcément une position plus importante que les autres), du Nyctalope (superbement utilisé et bien campé, en vague salaud vaguement faf et – surtout – frustré de ne pas avoir un biographe à sa hauteur, mais un simple écrivaillon payé à la ligne…) et de George Spad, la très masculine jeune femme à l’identité floue, oscillant entre surréalisme et feuilleton populaire. Mais les époux Joliot-Curie ne sont pas en reste, et, à vrai dire, on pourrait étendre ce propos à bien des personnages de la BD – fictifs pour l’essentiel, mais parfois historiques, donc.

 

Et tout cela se marie très bien dans l’ensemble. Oh, certes, cela n’est pas « parfait », comme de juste : cette relecture me semble bien confirmer quelques pains scénaristiques (rares mais bien présents), une vague confusion parfois dans le déroulement des diverses trames (renforcée par l’hermétisme de certaines références). Mais elle confirme aussi la cohérence et l’intelligence du projet, qui ne sauraient faire de doute – même si, re-comme de juste, d’aucuns trouveront peut-être de mauvais goût la conclusion pourtant inévitable (un risque à courir, j’imagine). Et, oui, du coup, cette BD passe à mon sens bien mieux envisagée ainsi ; je l’ai davantage apprécié lors de cette relecture, incomparablement plus même.

 

J’émettrai cependant toujours la même réserve sur le dessin de Gess : si celui-ci nous mitonne à l’occasion quelques planches de toute beauté, joliment mises en couleurs par Céline Bessonneau, et que l’on apprécie d’autant plus dans ce format un poil plus « grand » (à noter l’artbook en fin de volume, constitué de recherches comme de matériel promotionnel – pour le moins alléchant), je reste globalement d’un avis mitigé le concernant. Le trait ne manque pas de personnalité – tout en rappelant pas mal, ainsi que je l’avais noté à l’époque, celui d’un Mignola, en moins anguleux cela dit –, mais le résultat final est plus ou moins convaincant, notamment en ce que, à mon sens, si Gess est très doué pour les décors et « l’inhumain », il se montre nettement moins talentueux pour ce qui est des visages, surtout, et ses scènes d’action ne sont pas toujours hyper lisibles…

 

Cela dit, la BD en elle-même, malgré ces quelques réserves, reste très enthousiasmante dans l’ensemble, et supporte donc très bien la relecture, voire en bénéficie. D’autant que ce volume dispose d’une réelle plus-value dans la trentaine de pages de notes de Serge Lehman qui le conclut : c’est tout à fait passionnant, parfois fort instructif, et toujours pertinent.

 

Aussi, je vous engage fortement à faire l’acquisition de cette BD, témoignant d’un projet bien pensé et presque « nécessaire », et à la réalisation dans l’ensemble plus que satisfaisante. C’est l’occasion de passer un très bon moment avec des personnages tous plus fascinants les uns que les autres, et de se divertir tout en s’instruisant et en réfléchissant (si). Maintenant que la BD est disponible dans un format adapté et à un prix raisonnable, vous auriez sans doute tort de vous en passer. Quant à moi, je salive en attendant la publication de L’Homme truqué, je l’espère dans des conditions aussi favorables.

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Pub copinage : "Dystopia Anthologie 01"

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Dystopia Anthologie 01, Évry, Dystopia, 2012, 281 p.

 

Hop.

 

MarianneL sur Sens Critique

 

The Collection That Jack Built

 

Les Lectures d'Efelle

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Pub copinage : "Tadjélé", de Léo Henry, Jacques Mucchielli, Laurent Kloetzer & Stéphane Perger

Publié le par Nébal

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HENRY (Léo), MUCCHIELLI (Jacques), KLOETZER (Laurent) & PERGER (Stéphane), Tadjélé. Récits d’exil, illustrations de Stéphane Perger, Évry, Dystopia, 2012, 346 p.

  

Hop.

 

Raoul Abdaloff dans la Salle 101

 

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Gaëtan sur Les Singes de l'espace

 

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