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"Z-Corps : Dead in Savannah"

Publié le par Nébal

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Z-Corps : Dead in Savannah

 

Après un silence relativement prolongé, le 7e Cercle a sorti coup sur coup deux suppléments pour la gamme « fermée » de Z-Corps. Je vous avais parlé il y a de cela quelque temps de Dead in Denver, un bouquin très dense et ma foi plutôt réussi – probablement le meilleur des suppléments pour Z-Corps à ce jour – qui permettait d’inclure plus radicalement qu’auparavant les joueurs dans la « storyline » en développement. Dead in Savannah (on saluera l’originalité du titre…) prend immédiatement le relais, et se consacre à la douzième semaine de l’épidémie (et éventuellement à la treizième, mais j’y reviendrai).

 

Cela dit, si Dead in Denver était un supplément cohérent de bout en bout, Dead in Savannah donne hélas très vite une tout autre impression ; celle d’un sacré bordel, disons-le. Contrairement à ce que l’on pourrait supposer, le supplément n’est en effet pas consacré à la seule description de Savannah, en Géorgie, QG de OneWorld. S’il s’agit bien de la suite directe du précédent supplément – essentiellement au travers d’un assez long scénario –, on y trouve néanmoins bien des éléments relativement disparates, qui donnent une certaine impression de fouillis.

 

On commence ainsi plus ou moins par la description des DeathDealers, brutes épaisses de OneWorld expédiées là où ça chauffe le plus et où les contrôleurs habituels n’ont pas leur place. Un archétype adéquat est proposé, puis on a droit à un extrait des nouveautés en recherche et développement de OneWorld (équipement et drogues) ; ça grosbillise un tantinet…

 

Ce n’est qu’ensuite que l’on passe à la description de Savannah et de ses environs. Hélas, c’est de manière bien plus lapidaire que dans Dead in Denver, et c’est regrettable, dans la mesure où Savannah pourrait constituer une base arrière de choix… Pas grand-chose à retirer de ces pages, certes pas désagréables – ça sent le bayou – mais d’une utilité en cours de jeu probablement limitée.

 

Suit une très brève partie qui est cependant à mon sens la plus intéressante du supplément : la description des couillons conspirationnistes du Dust Bowl. Quelques exemples de cellules sont donnés, ainsi que des indications pour en créer soi-même. C’est plutôt bien fait, mais là, honnêtement, je n’aurais pas été contre un peu de rab…

 

On passe alors au gros scénario de la semaine 12, « One-Man Army », qui fait directement suite aux événements décrits dans Dead in Denver. Il s’agit toujours d’impliquer les joueurs dans la « storyline », ce qui est une bonne chose ; hélas, c’est à mon sens de manière bien moins satisfaisante que dans le précédent supplément… En effet, final apocalyptique mis à part, cette quête des membres du projet « Homme Millénium » a quelque chose de très mécanique, qui risque vite de devenir lassant…

 

Or la semaine 13 telle qu’elle est présentée ici ne fait que prolonger cette méthode, avec sept synopsis supplémentaires pour rassembler les divers éléments de la « boîte de Pandore ». On y voyage un peu partout – y compris en dehors des USA, tiens – mais ce n’est hélas le plus souvent guère intéressant : le jeu n’en vaut souvent guère la chandelle, et c’est franchement la foire aux clichés… Rien de bien intéressant ici, donc, et j’espère que le prochain supplément décrira vraiment les événements de la treizième semaine.

 

Finalement, outre les quelques pages consacrées au Dust Bowl (et à la limite celles consacrées à l’équipement et aux drogues, mais bon…), on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent avec Dead in Savannah, supplément bordélique, et qui donne un peu l’impression (renforcée par sa sortie immédiatement après Dead in Denver) d’avoir été bricolé à la va-vite. Un supplément bâclé ? Peut-être bien. J’espère que la suite saura remonter le niveau : la « storyline » était jusqu’ici plutôt intéressante, voire très intéressante, mais ce supplément évoquant vaguement un jeu vidéo à l’ancienne n’est clairement pas à la hauteur. Déception…

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"Where What's Happening", de Liesa Van der Aa

Publié le par Nébal

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LIESA VAN DER AA, Where What’s Happening (Volvox, 2013)

 

Tracklist :

 

01 – Nightclubbing

02 – Vanishing Act

03 – Rid of Me

04 – Paroles paroles

 

Hop, ma chronique se trouve sur le site des Immortels.

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Bleached, Nadine Shah, Mariam the Believer @ La Flèche d'or - 30/10/2013

Publié le par Nébal

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Hop, mon compte rendu de concert se trouve sur le site des Immortels.

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"Lovecraft Studies", no. 11

Publié le par Nébal

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Lovecraft Studies, no. 11 (vol. IV, no. 2), West Warwick, Necronomicon Press, Fall 1985, 40 p.

 

Lovecraft Studies, suite. Robert M. Price, dans « The Revision Mythos » (un article dont une première version était parue dans Crypt of Cthulhu) s’intéresse aux apports de Lovecraft à son Mythe dans ses « révisions », et ils sont loin d’être négligeables. On voit ainsi comment le maître de Providence lui-même a joué de l’intertextualité en infusant ses créations dans les textes qu’il « corrigeait », mais aussi en faisant de même pour les inventions (« dieux », grimoires, lieux…) de ses petits camarades. Un texte fort instructif à plus d’un titre, et indubitablement érudit.

 

Donald R. Burleson livre ensuite un très bref article, « A Note on Lovecraft and Rupert Brooke », s’interrogeant, à partir d’un témoignage de Sonia Davis, sur l’influence qu’a pu avoir le poète Rupert Brooke (que j’avoue ne pas connaître) sur l’œuvre de Lovecraft. Le lien est surtout fait avec « L’Appel de Cthulhu ». Je ne suis pas qualifié pour en juger véritablement.

 

S. T. Joshi poursuit alors (et en principe conclut temporairement) son gros travail de synthèse avec « The Development of Lovecraftian Studies, 1971-1982 (Part III) ». Il s’intéresse cette fois à la critique lovecraftienne. Après avoir cassé pas mal de sucre sur le dos de « l’ancienne école » initiée et grandement influencée par August Derleth, l’auteur fait l’éloge de la « nouvelle école » qui s’en est émancipée (le mot est faible). L’occasion de saluer quelques précurseurs (dont Maurice Lévy, Joshi dit beaucoup de bien de son Lovecraft ou du fantastique), de faire coucou aux copains (comme Robert M. Price et Donald R. Burleson), et de s’envoyer à lui-même pas mal de fleurs (à juste titre, hein). Toujours enrichissant, et sans doute nécessaire pour aller plus loin, et développer l’ambitieux programme évoqué ici par Joshi, consistant à faire sortir les études lovecraftiennes du seul champ du fandom.

 

Une bizarrerie, ensuite, avec « Dagon in Puritan Massachusetts » de Will Murray, qui s’interroge sur l’origine de la référence à Dagon dans la nouvelle éponyme, mais plus encore à sa résurgence sous la forme de l’Ordre ésotérique de Dagon dans « Le Cauchemar d’Innsmouth »… et trouve une explication pour le moins déconcertante dans l’histoire du Massachusetts, à peu près contemporaine des procès de Salem. J’avoue être pour le moins perplexe : si c’est une blague, elle est assez bien tournée et plutôt rigolote ; si c’est « authentique » (?), c’est alors assez fascinant…

 

Suit un très bref texte (une liste, en fait) de H. P. Lovecraft, « Instructions in Case of Decease ». Sans commentaire…

 

Et l’on conclut traditionnellement, à part quelques brèves notes, sur plusieurs critiques. Peter Cannon se penche en des termes auxquels j’adhère volontiers sur The Private Life of H. P. Lovecraft de Sonia H. Davis (texte repris en français dans les Lettres d’Innsmouth). S. T. Joshi s’amuse à « prendre au sérieux » le Lovecraft’s Book de Richard A. Lupoff (qui deviendra Marblehead, si je ne m’abuse). Donald R. Burleson dit beaucoup de bien de l’Autobiographical Memoir de Frank Belknap Long. Steven J. Mariconda, enfin, se penche longuement et de manière pertinente sur le très intéressant In Defence of Dagon de H. P. Lovecraft (également repris en français dans les Lettres d’Innsmouth).

 

Suite au prochain numéro.

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"Le Temps et les Dieux", de Lord Dunsany

Publié le par Nébal

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DUNSANY (Lord), Le Temps et les Dieux, [Time and the Gods], traduit de l’anglais par Anne-Sylvie Homassel, illustrations de Sydney H. Sime, introduction de Max Duperray, Rennes, Terre de Brume, coll. Terres fantastiques, [1906] 2003, 188 p.

 

Retour à Lord Dunsany, dont j’avais tant aimé Les Dieux de Pegāna. Le Temps et les Dieux constitue une sorte de prolongement de ce premier recueil, dont on retrouve l’univers mythique, onirique ou bien antédiluvien, avec ses dieux et ses prophètes. Toujours magnifiquement illustré par Sydney H. Sime, il adopte cependant un format quelque peu différent de son illustre prédécesseur. Il est en effet découpé en deux parties : la première est constituée de courtes nouvelles (bien qu’un peu plus longues que les vignettes des Dieux de Pegāna), tandis que la seconde est composée d’une seule nouvelle, autrement plus longue que ce à quoi Dunsany nous avait habitués jusqu’alors, « Le Voyage du Roi ».

 

La plume de Lord Dunsany, toujours aussi délicieuse (à condition d’aimer les archaïsmes et les tournures alambiquées, hein), nous renvoie donc à cet univers teinté d’Orient, qui confronte les hommes aux dieux, et tous au Temps ; celui-ci est censé être le domestique, voire l’esclave, des dieux, mais il leur impose sa griffe aussi bien qu’aux hommes, et ce dès la première nouvelle qui donne son titre au recueil. Le Temps constitue à maints égards le personnage essentiel de ce recueil de nouvelles, et, si Dunsany, à l’occasion, sait toujours faire preuve d’humour dans ses constructions mythologiques, c’est toutefois d’un humour assez noir qu’il s’agit ; en fait, je n’ai pu m’empêcher de trouver la tonalité de ce recueil particulièrement mélancolique, en comparaison avec Les Dieux de Pegāna, qui jouait avant tout la carte de la fascination. Ici, le Temps et ses ravages sont omniprésents, les cités magnifiques tombent en ruine, et les hommes comme les dieux meurent, tandis que LA FIN reste toujours à l’horizon, solution qui n’en est probablement pas tout à fait une.

 

Par ailleurs, la mythologie dunsanienne tend, dans Le Temps et les Dieux, à se montrer plus désespérée, voire nihiliste, que dans Les Dieux de Pegāna (où cette dimension n’était pas absente, mais la mélancolie est cette fois bien plus caractéristique). Outre le rôle du Temps, les dieux sont toujours aussi sourds aux prières des hommes, quand ils ne se moquent pas d’eux ; et pour cause : plusieurs nouvelles attribuent la création des dieux aux hommes, et non l’inverse… La mythologie se teinte ainsi d’un agnosticisme assez marqué.

 

Cela dit, la fascination pure et simple reste de mise devant les merveilles que nous dévoilent les contes dunsaniens. Ils recèlent bon nombre de récits grandiloquents et ô combien séduisants des actes des dieux et des prophètes, ainsi que des paysages somptueux qu’ils arpentent. Sans vouloir faire dans le néo-paganisme (surtout pas !), on ne peut s’empêcher, à la lecture de Dunsany, de trouver bien mornes nos religions monothéistes, en comparaison… La création comme la destruction sont ici bien plus belles, dans un sens ; l’amoralité des dieux, l’aveuglement des prophètes, n’y changent rien : la plume de l’aristocrate irlandais séduit toujours autant dans sa description de faits et de lieux merveilleux.

 

Mais les contes dunsaniens ont aussi régulièrement des allures de fables, et l’on peut en retirer un certain contenu éthique visant à l’édification. C’est vrai des nouvelles de la première partie, bien sûr, mais peut-être plus encore marqué dans « Le Voyage du Roi », aux allures de long poème « philosophique », où un roi convoque des prophètes pour en savoir plus sur son (ultime ?) voyage ; les conceptions du monde s’affrontent, généralement guère souriantes, et la fin (LA FIN) est inéluctable.

 

Le Temps et les Dieux est ainsi à nouveau un très beau recueil. Toutefois, je n’irais pas jusqu’à parler de chef-d’œuvre, comme pour Les Dieux de Pegāna, dont la fraîcheur, la fausse simplicité et l’humour m’ont paru plus revigorants ; étrangement (surtout si l’on prend en compte mon tempérament habituel…), la tonalité à mon sens plus mélancolique de Le Temps et les Dieux prohibe un enthousiasme aussi marqué. Je note aussi – mais ce n’est pas vraiment une critique, dans la mesure où il s’agit d’un choix délibéré de l’auteur, parfaitement justifié par le fond comme par la forme de ses récits – qu’il vaut mieux, dans Le Temps et les Dieux, ne pas être allergique aux répétitions… et certains récits, à cet égard (a fortiori le dernier, bien sûr), me paraissent bizarrement un peu trop longs, les très brèves vignettes des Dieux de Pegāna se montrant en ce qui me concerne plus efficaces. Je ne vais pas bouder mon plaisir pour autant : Le Temps et les Dieux est bel et bien un très beau recueil, dont je recommande chaudement la lecture. Et je n’en ai de toute évidence pas fini avec Dunsany…

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"Lovecraft Studies", no. 10

Publié le par Nébal

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Lovecraft Studies, no. 10 (vol. IV, no. 1), West Warwick, Necronomicon Press, Spring 1985, 40 p.

 

Lovecraft Studies, suite. On attaque ce numéro avec « Notes on the Prose Realism of H.P. Lovecraft » de Steven J. Mariconda, nouvel article « stylistique » poursuivant largement celui que l’auteur avait livré dans le précédent numéro, avec à mon sens plus de réussite cette fois. J’en ai surtout retenu l’influence marquante des essayistes anglais du XVIIIe siècle, mais les autres développements, s’ils sont parfois un peu convenus, ne sont pas inintéressants pour autant.

 

Suit ce qu’on va charitablement qualifier « d’erreur », avec « Aleister Crowley and H.P. Lovecraft. The Occult Connection » de Barry Leon Bender, article mal écrit et maladroit qui ne peut bien entendu se fonder que sur des coïncidences dont il est impossible de tirer le moindre enseignement. Bon, on va dire que ça me prépare à la lecture du Necronomicon de Simon (j’ai peur…).

 

Retour aux choses sérieuses avec « The Development of Lovecraftian Studies, 1971-1982 (Part II) » de S.T. Joshi. L’auteur se penche cette fois sur les biographies de Lovecraft publiées durant la période. Sans surprise, c’est essentiellement celle de L. Sprague de Camp qui est longuement discutée et largement critiquée ; on notera le débat sur le racisme de Lovecraft à cette occasion. Par ailleurs, Joshi parle également des souvenirs de Frank Belknap Long, que je compte également lire prochainement, et le bilan semble sans appel : c’est a priori très mauvais…

 

« Within the Gates (by « One sent by Providence ») » est un bref discours de H.P. Lovecraft prononcé lors d’une réunion de la NAPA à Boston le 4 juillet 1921. Une occasion comme une autre de percevoir tant l’humour de Lovecraft que son engagement dans le monde du journalisme amateur (surtout auprès de l’UAPA, ce qui explique bon nombre des gags de ce texte jouant de la rivalité entre les deux organisations).

 

Donald R. Burleson livre ensuite un article étrange avec « Zen and the Art of Lovecraft ». Je ne cacherai pas qu’au début, j’ai craint de retrouver le même type d’absurdités que dans l’article de Barry Leon Bender précité… d’autant que le zen est une notion particulièrement difficile à manier sans sombrer dans la caricature. Mais l’auteur prend ses précautions, et livre au final quelques développements intéressants, même si la vraie question, dans tout ça, consiste à se demander ce que le virulent athée et ultra-rationnaliste qu’était Lovecraft aurait bien pu penser de la philosophie mystique zen…

 

Suivent les traditionnelles « Reviews ». Robert M. Price évoque en des termes auxquels je ne peux qu’adhérer Juvenilia: 1895-1905 de H.P. Lovecraft (une note de l’éditeur confirme que la date de « 1895 » mentionnée sur cette couverture est une erreur, et qu’il faudrait lire « 1897 »…). Will Murray s’intéresse au Pulptime de P.H. Cannon, pastiche (censément écrit par Frank Belknap Long) convoquant un Sherlock Holmes vieillissant auprès de Lovecraft ; le livre a intégré ma pile à lire (grâce à la Providence incarnée qui m’a également fourni tous ces précieux fanzines, merci, merci, merci), et semble bien intéressant… même si, à en croire le chroniqueur, il ne prend véritablement tout son sel que si l’on maîtrise bien la correspondance de Lovecraft, ce qui est loin d’être mon cas. David E. Schultz s’intéresse enfin à la nouvelle édition de The Dunwich Horror and Others de H.P. Lovecraft, basée sur les recherches textuelles de S.T. Joshi, et la couvre naturellement d’éloges.

 

À suivre…

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"Scènes de la vie d'un faune", d'Arno Schmidt

Publié le par Nébal

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SCHMIDT (Arno), Scènes de la vie d’un faune, [Aus dem Leben eines Fauns], nouvelle traduction de l’allemand et notes par Nicole Taubes, postface par Stéphane Zékian, Auch, Tristram, coll. Souple, [1953, 1962, 1976, 1991, 2011] 2013, 213 p.

 

Voilà un court roman sur lequel je me suis précipité dès sa sortie en « Souple », tant on m’en avait dit du bien – des gens de bon goût, hein. Et s’il m’a fallu attendre quelque temps avant d’en entamer la lecture (pour cause de westerns, notamment), j’ai profité du premier créneau qui m’a été offert pour me jeter à corps perdu dedans.

 

Mais je dois dire, n’en déplaise au postfacier Stéphane Zékian, que le premier contact fut pour le moins rude. Oui, au début, Scènes de la vie d’un faune m’a fait l’effet d’un roman « difficile », d’un abord franchement ardu. C’est qu’Arno Schmidt y fait preuve d’un goût prononcé pour l’expérimentation formelle (que je ne saurais définir plus précisément en raison de mon inculture crasse…) et que, si la langue frappe très vite par sa beauté intrinsèque (la traduction relevant du tour de force), je craignais néanmoins de succomber face à cette « avant-garde » qui n’en était pas totalement une (un roman de son temps, nous dit-on), et de m’avouer vaincu devant un roman qui, malgré ses qualités stylistiques, était franchement too much pour votre serviteur.

 

Mais non. Et, en définitive, je me dois de donner raison à Stéphane Zékian : en dépit des apparences, Scènes de la vie d’un faune n’est pas un roman particulièrement difficile, son abord n’est pas si ardu que cela ; à tel point, en fait, que je me suis retrouvé à dévorer à vitesse grand V ce court roman, captivé comme rarement, et enchanté tant par la plume d’Arno Schmidt que par son propos. Et je comprends très bien, maintenant, ceux qui crient au chef-d’œuvre, et tends à me joindre au chœur…

 

Dispositif :trois chapitres. (1939 pour les deux premiers, 1944 pour le dernier.) Des paragraphes brefs introduits par des italiques, s’enchaînant (?) comme autant de vignettes ; une ponctuation – pour le moins : étonnante !! Oui ; et créations lexicales : à tout bout de champ.

 

Heinrich Düring. Petit fonctionnaire acide, quinqua, qui baigne dans la médiocrité de l’Allemagne hitlérienne de l’immédiat avant-guerre. Au bureau, on nazifie entre deux blagues salaces, commentaires météorologiques et rapports footballistiques. Et à la maison : pareil. Düring subit son quotidien morose auprès d’une femme tenant quelque peu de la bécasse, et d’enfants ineptes, dont un bravache membre des Jeunesses hitlériennes. C’est absolument insupportable.

 

Alors Düring pense à l’évasion. Déjà, dans les bras de la louve, Käthe, séduisante lycéenne. Et puis, quand le sous-préfet (ce crétin) lui confie une mission d’archivistique, il se lance dans l’étude de documents poussiéreux sur l’histoire du Hanovre, et notamment la période de l’occupation par les Français. Là, il se retrouve intrigué par l’histoire d’un déserteur de l’armée napoléonienne, petit, maigriot, qui aurait vécu dans une cabane dans les bois pendant plusieurs années ; et Düring de se lancer en quête de ce faune, et de son utopie détachée autant que possible de la guerre ; déserteur à son tour, faune à son tour, loin de la bêtise en uniformes.

 

Scènes de la vie d’un faune offre un tableau saisissant (et passablement nihiliste, même si pas totalement) de l’Allemagne nazie d’avant-guerre. Sans avoir à faire péter directement les costumes, les brassards, et les gueulantes à la radio ; le régime s’immisce, insidieux, dans le terne quotidien. La guerre y est omniprésente, elle obsède l’anti-héros Düring, mais est pourtant traitée dans l’ellipse (comme s’il ne se passait rien entre 1939 et 1944). Ce qui domine, c’est ce sentiment de médiocrité et de bêtise rance qui infecte tout. Superbe performance de la part d’Arno Schmidt, qui se montre d’une finesse dans le dégoût digne de tous les éloges. Roman détaché des croyances (sauf dans l’art, mais pas tout l’art) comme de la morale, Scènes de la vie d’un faune se montre pourtant vibrant, et le lecteur ne peut que se laisser emporter par les récriminations muettes de Düring, et ses passions parfois étonnantes.

 

Mais, au-delà de la subtilité du tableau et de la puissance du propos, ce qui frappe tout d’abord dans le roman d’Arno Schmidt, c’est cette plume extraordinaire, qui expérimente à bon escient. Scènes de la vie d’un faune, avec sa narration déstructurée, ses ellipses, son coq-à-l’âne, ses néologismes souvent réjouissants, s’affiche comme un poème en prose d’une beauté rare. Je voudrais citer, mais ne peux vraiment m’y résoudre – j’ai eu envie de corner chaque page ou presque, tant la langue est belle… Il faut le lire, voilà. S’abandonner à la dextérité formelle de l’auteur, à son inventivité géniale, à la force incommensurable de ses procédés littéraires.

 

Alliance détonante d’un fond aussi pertinent que puissant et d’une forme sans pareille, Scènes de la vie d’un faune est un superbe roman, dont l’intelligence n’a d’égale que la beauté. Finalement, pas d’avant-garde ici, mais un roman intemporel ; comme le sont les authentiques chefs-d’œuvre.

 

EDIT : Gérard Abdaloff en parle malgré les interruptions de Charlotte Abdaloff ici.

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"Lovecraft Studies", no. 9

Publié le par Nébal

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Lovecraft Studies, no. 9 (vol. III, no. 2), West Warwick, Necronomicon Press, Fall 1984, 40 p.

 

Toi y en a vouloir encore du Lovecraft ? Alors moi y en a indiciblement parler toi Lovecraft Studies n° 9. Y en a décidément bon fanzine, même si tout pas si bon. Mais moi y en a arrêter parler « toi y en a » parce que ça être vite lourd (et, après tout, être langage hommes d’affaires, pas indicibles lovecraftiens).

 

On entame donc ce neuvième numéro avec Steven J. Mariconda et « H.P. Lovecraft: Consumate Prose Stylist ». Tout est dans le titre, ou presque. L’auteur revient ici sur les nombreuses critiques adressées au style lovecraftien dans ses textes de fiction, notamment son côté verbeux et « suradjectivé ». Je plaide coupable : je suis moi-même du genre à émettre de tels jugements de valeur. Je reconnais volontiers avec l’auteur que le propos et l’atmosphère des récits lovecraftiens justifient amplement l’usage très particulier qu’avait le maître de Providence de la prose. Et, après tout, j’aime ça… mais il me semble tout de même que ces critiques restent pertinentes ; elles ont certes quelque chose « d’académique », qui peut pas mal les invalider, mais le fait est que, dans toutes autres circonstances, le style de Lovecraft serait tout simplement ridicule, et n’échappe pas toujours à ce grief, même dans ses meilleurs textes. Mais il est vrai que, le plus souvent, HPL s’en tirait bien, à ce jeu de la corde raide ; est-ce cela qui en fait un « styliste consommé » ? Je reste un peu perplexe. Un artisan consciencieux, oui ; souvent habile, certes ; mais dans un registre très particulier, qui peut très légitimement filer des boutons. Moi, ça va, hein. Mais je ne pousse pas l’admiration pour le pôpa de Cthulhu jusqu’à la révérence envers une plume qui me semble tout de même contestable à l’occasion. Voilà un article de fan, quoi… et qui pèche un peu, à mon sens, en se focalisant uniquement ou presque sur « The Haunter in the Dark », soit un texte pour le moins tardif, c’est rien de le dire, où Lovecraft se montre sans doute plus adroit que dans certaines productions plus anciennes, qu’il est un peu trop « facile » de passer ainsi sous silence…

 

Will Murray livre ensuite une communication « On the Natures of Nug and Yeb », interrogeant ces deux mystérieuses figures du Mythe, qui interviennent régulièrement dans les fictions lovecraftiennes... mais qui, en définitive, ne se retrouvent vraiment explicitées que dans sa correspondance ! Un texte amusant, à n’en pas douter érudit. Cependant, je plaide coupable ici : je tends à me montrer « plus lovecraftien que Lovecraft »… En effet, Nug et Yeb s’inscrivent dans une généalogie mythique mélangeant un peu tout (l’extra-terrestre Cthulhu inclus, bien sûr, à côté des plus « divins » Azathoth, Yog-Sothoth, Nyarlathotep et Shub-Niggurath), et les lettres de Lovecraft où il se livre à ces divagations me font surtout l’effet de plaisanteries quant aux « yog-sothotheries »… J’ai du mal, décidément, avec ces développements faisant du soi-disant « Mythe de Cthulhu » une construction cohérente… même quand ils émanent du premier concerné.

 

John Strysik se penche ensuite, dans « Yin and Yang and Franz and Howard », sur la parenté, ou plutôt la complémentarité, des œuvres de Lovecraft et de Kafka. Réunir ainsi deux de mes auteurs fétiches a quelque chose de séduisant… mais l’auteur, malgré quelques développements judicieux, enfonce beaucoup de portes ouvertes, et je ne suis pas sûr que cela ait été une bonne idée que d’envisager tout cela sous l’angle du yin et du yang, peut-être plus ou moins bien digéré…

 

Le patron S.T. Joshi se lance ensuite dans une grande entreprise avec « The Development of Lovecraftian Studies 1971-1982 (Part I) » (deux autres parties doivent suivre). Il s’intéresse ici à la « dissémination » de l’œuvre lovecraftienne en anglais. Le rôle d’Arkham House et de Derleth y est longuement débattu, parfois sévèrement discuté, quelquefois loué tout de même ; on notera aussi l’indisponibilité pendant un temps de ces œuvres, a fortiori dans un format abordable et largement diffusé ; enfin, l’auteur ne manque pas, dans le domaine de la « small press », de vanter les productions de Necronomicon Press : on n’est jamais mieux servi que par soi-même, hein… Blague à part, c’est là un article fort intéressant et sans doute très pertinent, et dont l’utilité à l’époque ne fait aucun doute à mes yeux. Suite au prochain numéro.

 

Un bref texte de Howard Phillips Lovecraft himself ensuite, avec « Notes to “The Challenge from Beyond” », plus ou moins un synopsis du fragment lovecraftien (essentiel) du « round robin » dont je vous avais parlé ici. Intérêt pour le moins limité, du coup.

 

Restent les critiques ; enfin, la critique, dans un sens, puisque seul H.P. Lovecraft: A Critical Study de Donald R. Burleson est ici envisagé, quand bien même c’est sous la plume de deux exégètes, Robert M. Price tout d’abord (que je ne trouve décidément pas très pertinent dans cet exercice), S.T. Joshi ensuite. Tous deux s’accordent pour louer les grandes qualités de l’ouvrage de leur comparse, leurs critiques tenant peu ou prou du pinaillage. Je le note, donc…

 

Suite au prochain numéro.

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"Warlock", d'Oakley Hall

Publié le par Nébal

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HALL (Oakley), Warlock, [Warlock], traduit de l’anglais (États-Unis) par David Boratav, Paris, Rivages, coll. Noir, [1958, 2010] 2011, 704 p.

 

Western encore, avec une nouvelle fois un pavé, bien digne de Lonesome Dove ou Deadwood mais plus ancien, et loué par des gens très recommandables tels que Thomas Pynchon ou encore Rick Bass (préfacier de l’édition en grand format chez Passage du Nord-Ouest). Warlock d’Oakley Hall fait à vrai dire figure d’incontournable du genre, même si j’ai entendu à son sujet divers sons de cloche ; quant à moi, j’ai cependant choisi mon camp, camarades, et je n’hésite pas à parler de chef-d’œuvre. Ben oui. Encore…

 

Nous sommes à l’aube des années 1880, dans la ville minière imaginaire de Warlock. Mais pour être une construction de l’auteur, Warlock n’en fait pas moins penser à d’autres lieux entrés dans la légende de l’Ouest, et notamment Tombstone (OK Corral étant remplacé ici par Acme Corral, etc.). La ville est en plein développement, principalement en raison de ses mines, mais n’a pas véritablement de statut officiel, ce qui n’est pas sans lui poser quelques soucis… En effet, la ville est la cible des exactions d’une bande de cow-boys guère fréquentables, notamment ceux du clan McQuown. Les autorités, à Bright’s City, ne font rien pour aider les citoyens de Warlock, et leur shérif, terrorisé, vient de quitter la ville.

 

Alors le comité des citoyens – dont l’épicier Goodpasture, dont le journal est régulièrement cité – décide de lutter à armes égales en engageant un marshal, autant dire un tueur, nomme Blaisedell ; un « héros » de l’Ouest, et déjà reconnu comme tel : un écrivain (ou écrivaillon) lui a offert une paire de Colts à la crosse d’or pour le récompenser… Mais Blaisedell ne vient pas seul à Warlock ; il est peu ou prou accompagné de son ami Morgan, joueur invétéré et lui aussi fine gâchette, qui ne tardepas à ouvrir un saloon en ville. L’affrontement entre Blaisedell et McQuown sera dès lors inévitable, et un grand moment de cette confrontation sera le règlement de comptes de l’Acme corral…

 

Warlock, à l’instar des deux grands romans précités, fait intervenir une multitude de personnages ; le mot est à vrai dire faible : au début, on a franchement tendance à se perdre dans tous ces noms qui nous sont livrés à la mitrailleuse le long de pages extrêmement denses… Mais on s’y fait, et l’on en vient ainsi à s’impliquer résolument dans la ville même, en fin de compte le personnage essentiel du roman. Il faut dire que tous ces personnages – ou du moins la plupart – sont remarquablement campés, notamment en ce que leur complexité les rend tout à fait humains. Rares, d’ailleurs, sont les personnages totalement bons (à vrai dire, je ne crois pas qu’il y en ait) ou totalement mauvais (à part peut-être McDonald, le sinistre patron de la mine de la Medusa ? et peut-être Dad McQuown ?) ; on fait ici dans les nuances de gris, pas dans le tout noir ou tout blanc : le « héros » Blaisedell a sa part d’ombre (plus ou moins incarnée, d’ailleurs, par Morgan – le roman vaut aussi pour son remarquable tableau de l’amitié dans ce qu’elle peut avoir de plus délétère), tandis que les « méchants » cow-boys de McQuown suscitent plus qu’à leur tour l’empathie, leur chef inclus.

 

Au-delà, Warlock est un roman d’une extrême noirceur, un western « sauvage » et passablement nihiliste, jusque dans sa dimension sociale. Les « héros » y sont impitoyablement questionnés, l’hypocrisie du comité des citoyens stigmatisée sans états d’âme (voyez notamment le beau personnage du pseudo-juge Holloway, ivrogne porté sur les sermons…), et la violence est au cœur du propos. C’est ainsi, derrière Warlock, la nation américaine dans son ensemble qui se retrouve interrogée, avec un brio tout à fait remarquable.

 

Et pour illustrer ce mythe d’entre les mythes, Oakley Hall use d’une plume tout à fait appréciable, parfois un brin confuse peut-être (du fait de la multiplicité des intervenants), mais qui connaît plus qu’à son tour des fulgurances étonnantes, des moments de pure beauté. On se laisse emporter, du coup, par la virtuosité de la narration, et l’on devient part intégrante de la ville (l’identification se faisant à vrai dire surtout avec deux personnages, l’épicier Goodpasture donc, mais aussi l’adjoint au shérif Bud Gannon, superbe figure qui personnifie à elle seule tous les enjeux légaux et moraux de l’affrontement entre Blaisedell et le gang McQuown).

 

Roman très dense, saga fourmillante, d’une richesse impressionnante, Warlock demande peut-être quelques efforts, mais le jeu en vaut indéniablement la chandelle. Western exemplaire, véritable chef-d’œuvre du genre, précurseur probable du « néo-western », c’est un livre indispensable pour qui s’intéresse à cette littérature. Un grand roman, assurément, qui laisse une empreinte indélébile.

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"Lovecraft Studies", no. 8

Publié le par Nébal

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Lovecraft Studies, no. 8 (vol. III, no. 1), West Warwick, Necronomicon Press, Spring 1984, 40 p.

 

Retour aux fanzines lovecraftiens après une pause un peu plus longue que prévue consacrée aux westerns. Ce huitième numéro des Lovecraft Studies est consacré pour l’essentiel à l’interprétation et aux influences du soi-disant « Mythe de Cthulhu ».

 

On commence avec le très chrétien Robert M. Price. Dans « Demythologizing Cthulhu », l’exégète applique au Mythe les principes d’interprétation modernes du Nouveau Testament. Mouais… Le problème, c’est surtout que, ce faisant, il enfonce largement des portes ouvertes, l’idée étant que le « Mythe de Cthulhu » n’est pas une pure création littéraire, pas davantage la « vérité » d’un auteur occultiste (il s’en trouvait visiblement encore pour le prétendre !), mais l’expression allégorique des croyances de l’auteur, en l’occurrence de son matérialisme mécaniste et de son indifférentisme cosmique. Tout ça pour ça…

 

On passe à quelque chose de relativement plus intéressant avec « The Dunwich Chimera and Others. Correlating the Cthulhu Mythos » de Will Murray, qui se consacre à l’influence des mythologies préexistantes, et notamment de la mythologie grecque si chère à son cœur, sur la production littéraire et « mythique » de Lovecraft. Pas grand-chose de stupéfiant dans cet article, mais néanmoins quelques remarques fort judicieuses (d’autres le sont un peu moins, mais ça va encore…) et ça se lit avec plaisir.

 

Dans la même veine, Jason C. Eckhardt se penche, dans « Cthulhu’s Scald. Lovecraft and the Nordic Tradition », sur la possible influence de la mythologie nordique sur la création lovecraftienne. On sait, bien sûr, les revendications « nordiques » du bonhomme (même si on a effectivement du mal à le voir en Viking…), mais l’influence de cette mythologie sur son œuvre est plus problématique. Les développements de l’auteur de ce bref essai emportent plus ou moins l’adhésion, mais quelques éléments me semblent assez pertinents.

 

Suit un texte de H.P. Lovecraft lui-même, « More Chain Lightning », originellement publié dans The United Official Quarterly d’octobre 1915. C’est pour le moins édifiant – il s’agit d’un texte prohibitionniste vitupérant sur les horribles dangers de l’horrible alcool – mais d’un intérêt pour le moins douteux…

 

Après quoi S.T. Joshi livre une brève communication assez intéressante sur la diffusion de l’œuvre lovecraftienne de par le monde, avec « Lovecraft in the Foreign Press, 1971-1982 ». On y constate que la France conserve une situation relativement privilégiée (même si Joshi s’enthousiasme pour la publication du premier volume des Lettres, sans oser avancer encore que ce sera le dernier, hélas…), mais que le corpus lovecraftien se répand un peu partout, sous des formes très diverses. La conclusion m’a cependant laissé un peu perplexe, ou du moins un peu étonné, selon laquelle Lovecraft était, encore à l’époque, plus populaire à l’étranger que dans sa patrie, ce qui me paraît assurément vrai, notamment en France, dans la période précédant immédiatement, mais surprenant à l’orée des années 1980.

 

Cela dit, cela s’explique peut-être par l’état de l’édition des œuvres de Lovecraft aux États-Unis alors, dont témoignent les deux recensions en fin de volume : The Best of H.P. Lovecraft: Bloodcurling Tales of Horror and the Macabre (une édition de poche introduite par Robert Bloch), et, du côté de la « small press », Uncollected Prose and Poetry 3, dont je vous avais déjà parlé précédemment. De toute évidence, il y avait alors un appel pour de nouvelles éditions des œuvres de Lovecraft outre-Atlantique, et Joshi lui-même n’y a pas peu contribué…

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